Tahiti

Nana Fenua

Ultimes jours dans le Pacifique, dernières heures tropicales, moments finaux de notre année sabbatique (ou « sympatique » selon Cécilie)… Make them count !

Déjà, on se repose… Nous sommes tous bien fatigués de ces semaines aux Marquises, intenses en rencontres, visites, expériences, randos… Nous avons loué un appartement pour la semaine à Punaauia, banlieue sud de Papeete, à 5mn de la plage et avec une piscine dans la résidence… Nous alternons donc grasse mat’, baignades, siestes, et passages à l’hôpital de Papeete : un petit troisième s’est invité pendant le voyage, une première échographie a été réalisée à Nuku Hiva, et la gynéco rencontrée là-bas souhaitait en faire une deuxième avec un appareil plus puissant… Et tout va bien !

Mercredi 8 juillet, j’ai réservé des places pour le Heiva des écoles ; le mois de juillet est normalement rythmé par les différentes manifestations du Heiva (qui veut dire juillet en tahitien), moment privilégié de l’année où toutes les troupes de danse de Ori Tahiti se réunissent pour deux grandes semaines de représentations et de compétitions. Les deux semaines précédentes, ce sont les écoles de danse qui font le show ! La pandémie a là encore fait des siennes, et empêcher les troupes professionnelles de répéter convenablement, annulant ce grand évènement que beaucoup attendent avec impatience. Les écoles ont décidé pour leur part de maintenir leur quinzaine, l’enjeu étant moins important (il n’y a pas de compétition), pour notre plus grand bonheur !

Autour de la Maison de la Culture à Papeete, où ont lieu les spectacles, s’est installé un village d’artisans, qui proposent tous les après-midi des démonstrations et des ateliers. Nous nous sommes inscrites à un atelier de confection de serre-tête végétal, puis à un atelier de tressage de feuilles de pandanus, pendant que Vincent se lancera dans la sculpture sur bois.

C’est Tumata qui nous initie à l’assemblage de feuillages et de fleurs ; ancienne championne d’Ori Tahiti (elle avait terminé 2ème dans la catégorie soliste il y a quelques années), elle a aujourd’hui une école de danse et est spécialiste des costumes végétaux ! Avec beaucoup de gentillesse et de pédagogie elle nous accompagne dans notre création, nous donnant quelques trucs (des cure-dents dans les fleurs de frangipaniers pour les insérer à la composition), nous sommes fières du résultat !

Vincent s’applique de son côté, dessinant d’abord ses motifs au crayon de papier, puis évidant le bois avec différents ciseaux.

Dernier atelier, tressage de panier : notre artisane est au départ sceptique sur la capacité d’Agathe à tresser ses palmes, mais elle est très vite impressionnée par son application et sa dextérité – elle m’épate aussi, retenant tout de suite quel brin va au-dessus, en-dessous, elle est rapidement autonome… Un beau moment d’échange et de partage, nous étions toutes les trois émues en nous séparant !

Vite vite c’est l’heure du spectacle ! Zut, il faut des masques pour entrer dans la salle – heureusement une couturière en vend sur un des stands d’artisans, on s’installe, et on en prend plein les yeux ! Il y a tous les âges, avec des petites danseuses de 4 ans qui se lancent dans les otea déchaînés, des femmes plus mûres dans des aparimas langoureux, notre petite formation à Fakarava nous permet d’apprécier les techniques et les chorégraphies !

Le lendemain, petite excursion sur la côte nord de Tahiti pour admirer le « trou du souffleur »; nous pensions voir des geysers d’eau sortir de terre, comme dans Vaiana, mais c’est finalement tout aussi impressionnant : une eau sous pression sort avec un bruit énorme d’un trou dans la falaise, sans vraiment prévenir, faisant sursauter les filles presqu’à tous les coups !

Nous nous arrêtons à l’atelier Prokop, qui taille, façonne et grave des nacres. C’est Elodie, copine de Lotus, qui nous l’a conseillé: leurs nacres sont magnifiques, et l’accueil est très sympa! La boutique est effectivement impressionnante, avec des gravures très fines et des nacres de belles qualités (je complète mon stock de pendentifs divers), et nous sommes très bien reçus à l’atelier: on nous fait la démonstration des différentes étapes, du ponçage de la coquille brute jusqu’à son gravage. Les artisans gravent également les perles, travail ultra précis et minutieux… Les filles repartent avec des pendentifs en cadeau, maururu!

Nous déjeunons au marché de Papeete, en faisant un dernier tour des boutiques de souvenirs, repérant là des pierres fleuries, ici des tortues en bois, des conques, des tiki en os… On retrouve tout l’artisanat des Marquises et celui des Tuamotus, un petit condensé de notre voyage !

Nous passons à la marina, Fakarêver est parti en week-end à Moorea, mais nous revoyons Apolline, notre voisine de port, et l’équipage de « C’est si bon », en vacances à Papeete ! Dernier tour sur les pontons, dernier passage à la librairie pour les derniers cadeaux, et nous disons au revoir à Papeete.

Les derniers jours s’écoulent paisiblement : plage, piscine, bagages… Pesée des sacs, réorganisation pour ne pas dépasser le palier des 23kg…

Et c’est le départ ! Tout rentre dans notre Logan de location, puis sur deux chariots, et c’est parti pour l’enregistrement… très long… On met les masques, des chirurgicaux, obligatoires pendant tout le vol. On attache nos ceintures, les filles regardent la Reine des Neiges 1, puis le décollage de nuit… la Polynésie c’est fini !

Escale à Vancouver, pas besoin de récupérer nos bagages ni de passer la douane, nous patientons dans une salle aux grandes baies vitrées donnant sur les montagnes enneigées. Les filles jouent avec le chat d’une ado qui voyage seule pour faire sa rentrée au lycée à Montpellier, et qui habitait elle aussi sur un voilier, à la marina de Taina ! Nous nous souvenons même l’avoir vu passer avec son chat en laisse il y a deux mois, lorsque nous dégustions une pizzeria à la Casa Bianca…

Arrivée matinale le 14 juillet à Paris ; nous récupérons une voiture de location, nos huit bagages rentrent large ; le périph est désert, petite halte chez mamie, bien contente de revoir ses petites navigatrices !

Dernier arrêt : Montbonnot… les montagnes se rapprochent, la vue est toujours aussi splendide quand on arrive de Lyon… La maison est bien là, les copains aussi, c’est parti pour un nouveau chapitre de notre vie…

Merci de nous avoir suivi toute cette année ! On a parfois l’impression de n’être jamais parti, tout est pareil tout en étant différent – les masques et la « distanciation sociale » ont pris soudain tout leur sens… Nous reprenons doucement notre rythme (difficile quand il fait nuit à 22h30) nous retrouvons nos marques, et on se repose… oui, c’était fatigant cette année de vacances !

A bientôt dans la vraie vie !

4 réflexions au sujet de “Nana Fenua”

  1. bonjour, bienvenue , et plein de beaux projets maintenant , donnez nous encore de vos nouvelles, pour quand est la naissance ?
    Bises a vous 4
    Myriam et Alain

  2. Merci encore à vous pour ce blog qui nous a fait voyager et rêver tout au long de l’année.
    bonne fin de grossesse
    A bientôt
    Joseph

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