Huahine

Autour de Huahine

Nous sommes restés une bonne semaine au mouillage paradisiaque de la baie d’Avea, même si nos rencontres avec les mantas se sont faites plus rares au fil des jours; le temps s’est un peu dégradé, il s’est mis à faire froid (moins de 25° C, un scandale), même à pleuvoir, heureusement nous avons réussi à faire l’anniversaire de Cécilie sur la plage entre deux averses…

Nous avons donc pris la dure décision d’appareiller mercredi, au grand dam de Cécilie (« mais pourquoi? C’est super ici, y’a la plage et le restaurant !»), pour remonter au nord de l’île, en face du village de Fare. Lotus doit remplir les formalités de sortie de territoire, car il ne leur reste plus que quelques jours en Polynésie avant le grand départ pour la Nouvelle-Zélande, et nous pouvons louer une voiture pour faire le tour de l’île. Comme c’est les vacances scolaires ici – une semaine toutes les cinq semaines de cours, l’idéal! – il y a pas mal de touristes (locaux), donc pas de voiture disponible avant samedi; nous passons les journées sur les bateaux des uns et des autres, à jouer aux playmobils (pour certaines) et boire du rhum (pour d’autres)… Nous plongeons sur les récifs alentours, croisons quelques requins pointes noires et de beaux bancs de poissons à deux selles, mais l’eau est froide – moins de 25 °C, on songe à investir dans des combinaisons neoprène…

Poissons à deux selles ^^

Samedi 21 septembre, nous entreprenons le tour de l’île en passant entre les grains – on comprend mieux pourquoi la végétation est aussi luxuriante- et il s’avère aussi instructif que varié: nous en savons enfin un peu plus sur la fonction des marae, dont nous trouvons tant de vestiges sur les différentes îles visitées, grâce au très joli petit musée archéologique de Maeva, qui se trouve dans un fare potee (une maison commune) reconstitué.

Plusieurs maquettes de bateaux polynésiens à balancier sont exposées, avec quelques explications sur la navigation à l’aide des étoiles et des courants telle que la pratiquaient les maîtres explorateurs avant l’arrivée des Polynésiens. On comprend mieux également l’importance des va’a, ces pirogues que nous croisons dans toutes les îles, et l’engouement pour les courses inter-îles. Début novembre aura lieu la Hawaiki Nui au départ de Huahine, grand évènement sportif retransmis en direct à la télévision, et pour lequel toute l’île commence déjà à se préparer: la boutique où nous avons loué la voiture par exemple changeait son lino pour l’occasion!


Nous nous rendons sur le site de plusieurs marae au nord et au sud de l’île, qui présentent la particularité d’avoir d’énormes rochers au niveau des fondations, ce que nous n’avions pas remarqué à Tahiti. Celui proche de la baie d’Avae est rempli de coraux noircis, que nous avions pris au départ pour des pierres ponces, c’est assez impressionnant.

Nous visitons ensuite l’atelier de l’artiste-peintre Mélanie Dupré, une Australienne installée depuis plus de 15 ans dans les îles et qui se régale: huiles, aquarelles, encres, elle parvient à travers différents supports à recréer la lumière des lagons et les regards des Polynésiennes, avec également de très belles natures mortes des fruits d’ici.

Nous profitons d’une belle éclaircie pour plonger dans le lagon de la plage de l’ancien Sofitel, qui a été détruit il y a une quinzaine d’années par un ouragan. Le lagon est splendide, avec un beau jardin de corail; la plage magnifique est quasiment déserte, la belle vie…

A midi nous nous arrêtons au village de Faie, où l’on peut admirer d’énormes anguilles sacrées. Elles se reproduisent dans le lagon, puis remontent la rivière où elles se cachent sous les rochers. Des enfants du coin aident les filles à descendre dans le cours d’eau, puis à vaincre leur peur pour caresser ces gros poissons, aux yeux étrangement bleus! En discutant avec eux sur la suite de notre programme – à savoir trouver à manger-, ils nous orientent chez « tatie » qui fait de « menus », juste à côté.

Nous les suivons, un peu dubitatifs (nous n’avions rien vu en arrivant), nous entrons dans le jardin d’une petite maison, et effectivement, une « tatie » ouvre la fenêtre et nous propose de préparer – un menu typiquement polynésien peut-être?- des hamburger frites… Les filles sont ravies, nous sommes un peu déçus, mais ils sont très bons, et on avait faim…


En discutant avec les deux enfants, puis avec la tatie, nous avons un petit aperçu de la vie des Polynésiens, loin d’être aussi paradisiaque que leurs plages: le chômage est très élevé, les familles vivent très nombreuses souvent sur un seul salaire, il y a une forte ségrégation entre ceux qui sont propriétaires, ceux qui ont planté des fruitiers, ceux qui viennent d’une autre île, ceux qui ont travaillé à Tahiti puis reviennent sur leur île natale avec un pouvoir d’achat bien plus fort… Ce n’est pas évident de trouver sa place et de faire son trou, surtout qu’en lisant la presse locale, on se rend vite compte que beaucoup de choses se font par copinage, de l’installation de la roulotte à un poste dans une haute administration.
Après cette incursion dans la vie réelle, nous retournons dans la bulle de notre voyage pour parcourir la partie sud de l’île, encore plus sauvage. Nous passons le long de la baie d’Avea, aussi belle depuis la terre que de la mer, et nous arrêtons à une petite boutique de pareo (“La passion du Pareo”): une métropolitaine du Sud-Ouest s’est lancé dans cet artisanat depuis quelques années, et fait volontiers partager sa passion des teintures avec les touristes de passage.
Retour au point de départ après quelques détours (et pourtant on nous avait assuré qu’il n’y avait qu’une route), pour des retrouvailles au soleil avec Lotus. Fakarêver n’est pas resté inactif pendant notre escapade à terre, et s’est amusé à enrouler sa chaîne autour d’une patate de corail. Heureusement nous mouillons avec moins de 3 mètres d’eau, ce qui permet à Vincent de plonger, démêler et vérifier, puis nous remouillons quelques mètres plus loin pour dormir plus tranquilles, car de fortes rafales sont prévues pour le lendemain. Las, notre chaîne joueuse avait trouvé une autre patate le matin suivant…
Après quelques dernières courses de fruits et légumes au village de Fare, nous avons repris la mer cet après-midi avec Lotus pour Tahaa, l’île de la vanille! On la devine depuis Huahine, une petite navigation de quelques heures avec un vent quasi-arrière, sous spi, et sans problème! Il est sorti bien sagement de sa chaussette, s’est plié aux différents réglages en fonction de notre cap, et nous a même accompagné à travers la passe Est de Tahaa. Un décor incroyable, une entrée encadrée par deux motus, filmée par Lotus (déjà arrivé, on n’a pas réussi à les rattraper), magnifique…

tour de Huahine
Traversée Huahine-Tahaa
Huahine

Plongées entre deux rêves

Après ces longs détours, nous découvrons à notre réveil un petit bout de paradis: un mur végétal encadre la baie où nous mouillons, des milliers d’oiseaux ( et évidemment de nombreux coqs) emplissent l’air paisible de leurs chants (pas tous) mélodieux, des odeurs complexes s’échappent de la forêt environnante où poussent quantités d’essences de plantes différentes, l’eau est claire et chaude, une magnifique plage nous tend ses bras… Tahiti et sa foule (oui, une ville de 25 000 habitants est désormais une mégalopole à notre échelle ) nous paraît bien loin!


Nous mouillons sur un énorme banc de sable, avec très peu de profondeur, sur lequel se prélassent des milliers d’holothuries, aussi appelées boudins des mers, beaucoup plus parlant comme description. Pas de danger si on en écrase une, si ce n’est le souvenir d’une sensation visqueuse et poisseuse…
Réveillée de bonne heure, je vais nager sur ce banc de sable, ne découvrant qu’une longue étendue de saucisses noirâtres, quand je vois apparaître dans le lointain un dragon se roulant dans la poussière… ou plutôt une raie léopard fouissant le sable avec son museau. L’eau très peu profonde me permet de la voir de très près, mais elle s’enfuit assez vite, préférant déjeuner seule. Je continue ma promenade, m’approche d’une deuxième congénère, qui ne rechigne pas à partager ses meilleurs spots de mollusques. J’en profite pour faire des photos (j’ai déjà pris mon petit déj), puis la suis vers la partie plus profond de la baie. Ma nouvelle copine entreprend de me faire visiter sa propriété, et nous nageons de conserve (sans croiser de sardines) pendant 45 minutes: elle me fait longer la plage, le ponton où sont nichées de magnifiques anémones, me montre de belles patates de corail, même si l’eau est assez trouble dès qu’elle devient plus profonde.
La raie est tout aussi curieuse que moi, remonte régulièrement vers la surface pour nager à mes côtés, se positionne parfois un peu en-dessous de moi, me donnant l’impression de chevaucher une créature volante, c’est une expérience fantastique!
Au bout d’un moment, elle semble se mettre en pause, retournant au fond de l’eau sans trop bouger, comme pour une sieste. J’en profite pour traverser la baie et rejoindre le bateau, car cela fait un moment que j’ai très froid (l’eau n’est qu’à 27°C, c’est un peu limite, vivement les Tuamotu et leurs eaux à 30°C…).

Au milieu de la baie, j’aperçois une annexe pleine de touristes qui fait des ronds, je m’en approche, des fois qu’il y ait une baleine, et là… j’ai le souffle coupé, le coeur qui s’arrête, des feux d’artifice qui explosent dans ma tête: il y a trois énormes raies mantas qui s’avancent majestueusement… Toute notion de froid oubliée, je palme le plus vite possible pour les rattraper, et assiste bouche bée (c’est l’avantage du masque intégral par rapport au tuba…) à leur nage tellement belle et élégante… Complètement fascinée, je ne panique même pas lorsque la plus grosse remonte vers moi, la gueule béante à la recherche de plancton. Complètement submergée par l’émotion, je les suis une bonne vingtaine de minutes, ayant même la surprise de revoir apparaître la petite raie léopard, qui se lance à la poursuite de ses très grandes cousines, me permettant de mieux admirer l’échelle de ces bêtes gigantesques.

De retour parmi les humains, les filles terminent leurs devoirs et nous rejoignons Lotus sur la plage, à qui je montre béatement les photos et les films de la matinée… Les filles profitent des poissons et du sable clair et doux, puis nous nous installons au petit restaurant tout à fait charmant de l’hôtel de la baie, qui propose de très beaux plats à base de poissons crus. C’est beau, c’est bon, il y a des raies mantas pas loin, que demander de plus?

L’après-midi, petite plongée dans la baie, qui m’offre à nouveau un beau cadeau: je croise enfin des tortues! Jusqu’à présent seulement aperçues s’enfuyant à toute allure, j’ai tout le loisir cette fois de les admirer nager calmement d’un rocher à un autre, m’observant tranquillement du coin de l’oeil tout en m’acceptant sur leur territoire. Ma raie revient me faire un signe, elle est accompagnée cette fois d’un poisson nettoyeur « comme les grandes »…

Cette journée complètement folle se termine sur Lotus, je perds à la partie de tarot mexicain, mais je pense que j’ai largement épuisé mon quota de chance de ces douze dernières heures, je suis bonne perdante…

A minuit, j’ai terminé de monter toutes les vidéos de raies et de tortues pendant que Vincent rédigeait l’article sur notre traversée jusqu’à Huahine, quand ce matin, je suis retournée à l’eau… et après quelques heures, il a fallu que je me rende à l’évidence: il va falloir rééditer le film.

Pourtant, en maillot de bain dès 7h, je n’avais guère croisé que trois tortues (voyez comme je suis déjà complètement blasée de ce magnifique reptile que je rêvais de rencontrer depuis des semaines), quand, me rebaignant à 10h, je vois partir l’équipage de Lotus et Agathe (qui continue ses soirées pyjamas) en kayak en direction de la passe. Je les suis, et les ayant enfin rattrapés, ils m’expliquent qu’en filmant avec leur drone ils ont aperçu une raie manta près de la passe, mais qu’elle venait de repartir. Je traîne un moment dans le coin (je n’ai rien d’autre à faire, ma copine raie dort encore), et là… qui voilà? Une petite raie manta toute guillerette, qui longe les tombants de la baie. Je la suis en direction du bateau, tentant par tous les moyens de communiquer aux occupants de Fakarever et de Lotus de revenir. Ils finissent par avoir le message, et nous partageons une magnifique baignade en compagnie de cette jeune raie pas du tout farouche, qui nous gratifie de saltos arrière et de nages sur le dos, sous nos yeux ébahis et admiratifs. Elle sait qu’elle est belle, et montre toute l’étendue de son talent à un public complètement conquis. Elle nous laisse la rattraper, et je vis ce moment merveilleux de nager à la hauteur de ses yeux, côte à côte, puis légèrement au-dessus d’elle, de ses ailes, me sentant acceptée par ce magnifique animal sauvage.

Déjeuner chez nous avec Lotus pour partager nos émotions et nos films, je récupère notamment les magnifiques vues le la raie depuis le drone, et je termine le film, obligée avec un pincement de coeur de supprimer les vues des tortues pour qu’il ne soit pas trop long… Pour me faire pardonner, quelques photos de ces vénérables, et promis, je leur consacrerai une prochaine vidéo!

p.s: attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité, et vous donner envie de vous désabonner de ce blog, la vue de ces gros poissons suscitant une jalousie incontrôlable. Je comprendrai, j’aurais fait pareil ^^…

Vidéo un peu plus longue, mais j’ai eu du mal à couper…
Huahine

Hue, Huahine

Plan de Nav

Après toute cette attente à Papeete et Taina, on est impatient de partir ! Le vent indiqué est de 10-15 Noeuds en grand largue une fois que l’on aura quitté la protection de l’île de Tahiti. On espère donc faire du 7 noeuds de moyenne (héhé, on est encore des jeunes Padawan) et mettre une quinzaine d’heures pour faire les 90 miles de navigation.

Pour arriver de jour, nous prévoyons de partir en fin d’après midi et de naviguer essentiellement de nuit. C’est notre première nav de nuit tout seuls ! (la seule qu’on ait faite était avec Skipper à Bandol en Méditerranée )

C’est parti!

Après des derniers achats sur place (chaine inox pour l’annexe afin de ne plus se mettre plein de rouille sur les mains à chaque fois qu’on l’attache, colle pour remettre le rail de led sous la nouvelle machine, et plein d’autres petites choses), on largue les amarres vers 16h.

2 rameurs profitent de notre sillage le temps que l’on rejoigne la passe, la lumière est magnifique et cela fait un petit pincement de quitter Tahiti, où on a déjà passé de si bons moments !

La passe est agitée (gros bouillons, houle de travers), mais avec les 2 moteurs et de la vitesse, on traverse aisément. Le vent se fait trop timide à la sortie, donc on continue au moteur direction plein nord pour quitter le cône protégé par l’île.

Petit à petit le vent augmente, la nuit commence à tomber, et comme on ne se voit pas faire notre première nav de nuit sous spi, on met juste le génois. Le temps est magnifique, la lune presque pleine nous éclaire, la houle avec ses longues ondulations nous pousse gentiment dans la bonne direction. Il est 19h30, Leslie fera le premier quart, je vais me reposer ( magie: je m’endors très rapidement)

1er quart

(c’est Leslie qui raconte) Évidemment qu’il dort comme un bébé, avec un telle navigatrice à la barre, il peut dormir sur ses deux oreilles!
La nuit est effectivement magnifique, et avec la houle qui nous fait un peu surfer, l’allure est vraiment agréable. Je me détends petit à petit (oui, bizarrement, un peu stressée au départ…), je profite du bruit de l’eau sur la coque et des doux mouvements de balancier du navire. Avec le pilote automatique enclenché, il n’y a finalement pas grand chose à faire pendant le quart, j’en profite pour éditer quelques images sous-marines prises à Taina (nous avions trouvé un nouveau spot de plongée bien sympa avec une petite épave), lire tranquillement (en mettant un réveil toutes les 10 minutes, le bercement continu commence à faire son effet), et même sortir le ukulele. Quelle classe de travailler ses accords sur le siège de barre, face aux étoiles! J’arrive même à la fin de mon quart à maîtriser le Sib mineur…
Vers 1h le vent a beaucoup baissé, notre vitesse de pointe est autour des 2,8 – 3 noeuds, je vais réveiller Vincent pour tenter l’option Grand-Voile (bien mal m’en a pris, je spoile un peu le paragraphe suivant, mais elle a fait un bruit d’enfer tout le reste de la nuit et j’ai dormi à peine 1h30…)

2ème quart

1h30, Leslie me réveille, et je me prépare pour mon quart. Le vent est seulement de 7-9 noeuds, et nous avançons à ce moment là à 3 noeuds (après une moyenne de 4). Ça va être juste pour arriver avant le lendemain soir! On décide d’ajouter la grand voile. Allez, hue ! En pratique, cela ne nous a pas fait gagner grand chose à cette allure, à part des battements de baume en fonction de la houle (même celle-ci attachée). Leslie part se coucher vers 2h30. C’est donc à 4 noeuds de moyenne que nous continuons.
Je profite de la lune, des nuages et des grains qui passent au loin, un porte container et un ferry nous croisent sur l’horizon.
La lune disparait et c’est 30 minutes de noir profond avant que le soleil se lève…. magique!

Spi

6h, la luminosité est bonne, il est temps de mettre le spi pour accélérer ! (l’ordinateur de bord indique une arrivée à la passe vers 21h à notre vitesse de tortue…de terre, car dans l’eau, elles filent !)
On a bien tout préparé, selon le manuel qui dit (au contraire du livre des Glénans), de garder la grand voile et rouler le génois.
Cela se déroule pas trop mal, mais avec la houle qui lui imprime de grand mouvements et la grand voile qui le dévente, le tout avec peu de vent, le spi ne tient pas bien et se replie régulièrement sur lui même.
On le remet dans sa chaussette, pose 3 ris à la grand voile pour limiter la dévente et c’est reparti ! Mais le temps de faire ça, le spi a visiblement eu le temps de tourner sur lui même et ne se déploie pas.

On est fatigués, il est temps de prendre un petit déjeuner, c’est donc avec un moteur qu’on avance (et une voile au 3ème ris). 5,5 noeuds, l’heure d’arrivée prévue est de nouveau raisonnable.

Une fois les forces reprises, on sort le spi entièrement de sa chaussette sur le pont en l’attachant régulièrement pour qu’il ne se gonfle pas; on lui trouve 2 tours entre lui et sa chaussette (bizarre). Ça n’a pas dû aider sa mise en place le matin…

10h, on est tout bon ? On y va ? Euh… le vent est tombé à 5 noeuds, on laisse tomber, on range complètement la grand voile et profitons de la navigation (au moteur donc 🙁 )

13h45, le vent forcit de nouveau à 9-11 noeuds.
Je suis toujours à fond: « on met le spi » ? Bizarrement Leslie n’était plus super motivée.. j’utilise mon joker: « on essaie 15 minutes, si ça fonctionne pas, on met le génois et on continue appuyé au moteur »
Et là, le miracle opère: sans grand voile, les tours enlevés, ça se déploie tout seul, il est magnifique !
Par contre, nous n’avançons qu’à 4,5 noeuds, nous gardons donc un petit appui moteur pour rester à 6 noeuds et arriver avec assez de marge tout au fond du chenal (1H30 de chenal), où nous attend Lotus, avant la nuit.

Huahine !

Huahine se découpe à l’horizon, une baleine vient nous accueillir et repart. Nous approchons suffisamment pour faire des échanges radio avec Lotus.

Notre bateau pris depuis le mouillage par Lotus! Mais quel beau spi!!

Avec l’effet venturi près de l’île, le vent forcit assez pour que l’on coupe le moteur (12noeuds !). Nous longeons ainsi le récif sans autre bruit que la houle qui roule et s’écrase avec fracas sur celui ci (en quelque centaines de mètre la profondeur passe de 1000 mètres à 0!), c’est vraiment impressionnant.

Le Spi quand à lui opère sagement le passage de large tribord, au vent arrière puis au large bâbord à l’aide de nos réglages…

16h30, nous sommes à la passe. C’est un trajet magique qui nous attend pour rejoindre le mouillage tout au sud, avec le soleil couchant sur l’eau transparente, la végétation luxuriante, les paysages qui se découpent et défilent sous nos yeux..

On mouille ?

17h50, le soleil est tout juste couché, on fait (vraiment) confiance à Julien pour le rejoindre sur un plateau de sable. Le sondeur bippe et indique 1,1m pour un cata d’1,16m de tirant d’eau: Julien tu es vraiment vraiment sûr ? Il y aura en effet encore 20cm d’eau sous la quille et on est marée basse (on surveillera la houle tout de même)
C’est bon, on est positionné ? Leslie envoie l’ancre ! Comment ça, ça fait juste « clic clic ? ». Rhaaaaaa !
J’essaie aussi, Julien vient nous aider, desserre le frein, mais rien à faire ça ne descend pas. Le tout avec suffisamment de courant pour qu’il faille en permanence quelqu’un à la barre pour compenser.

on aperçoit la mine déconfite de Leslie devant le guindeau en panne…

On jette l’ancre de secours. C’était au final juste le disjoncteur qui avait été coupé par inadvertance lors des travaux moteurs de Papeete, et moi qui au lieu d’enlever le frein avait mis la sécurité qui empêche le guindeau de se dérouler. On a encore beaucoup à apprendre !

On est tous ravis de retrouver Lotus et c’est autour d’un bon apéro (et de rhum) que l’on se raconte toutes nos aventures!

Le film!

Voici quelques images admirablement filmées et montées par Leslie :