Tahiti

Déconfi-nalement!

Décidément, nous aurons eu de la chance: au bout d’un mois de fermeture complète, avec couvre-feu et interdiction de vente d’alcool, la Polynésie se déconfine, frileusement, mais l’idée est là. Le virus a été confiné suffisamment tôt et semble bouder le climat chaud et humide, éviter les UV, ou ne pas aimer l’huile de coco, en tout cas il ne prolifère pas sous nos tropiques: 60 habitants testés positifs, et trois hospitalisations en tout et pour tout. La vie reprend son cours petit à petit depuis le 29 avril, mais chacun reste sur son île: pas de trajet à l’intérieur des archipels, en avion comme en bateau, tout le monde reste prudent. Même si on a parfois l’impression que cela vire à la psychose: certains maires veulent conserver un couvre-feu, des parents d’élèves s’affolent à l’idée de retourner l’école, alors qu’il n’y a eu aucun malade sur leur atoll au milieu du Pacifique. Les sports nautiques reprennent, les va’a sillonnent à nouveau le chenal, nous sommes rejoints le week-end par les terriens sur leurs petits bateaux. Le mouillage prend vie, les plaisanciers confinés sur leurs quelques pieds de coques blanches se rendent visite, se retrouvent pour des apéros en annexe, regardent ensemble le lever de la pleine lune…

notre confinement au mouillage… on n’était pas mal!

Nos voisins nous gâtent: les filles reçoivent de magnifiques souris avec leur garde-robe assortie de la part d’Annick, sur un catamaran en alu ancré à quelques encablures, avec lequel nous avions un peu communiqué au début du confinement; nos nouveaux voisins arrivés il y a quelques jours de Panama leur prêtent une belle plateforme gonflable, de laquelle elles sautent et se font tomber en s’égosillant à cœur joie: on lâche tout!

Nous recevons à bord l’équipage de Suricat, une famille avec deux (grandes) filles qui habitent sur Papeete, mais qui a effectué il y a quelques années un beau voyage en cata, et le retrouve le temps des week-end et des vacances. Ils ont vécu le confinement à portée de voix de Fakarêver, c’était un peu frustrant pour les filles de voir des copines se baigner sans pouvoir les rejoindre, mais ça y est, elles peuvent jouer!

Nous accueillons également des cousins! Anne, la cousine germaine de Vincent, est arrivée pour le confinement à Tahiti avec ses deux enfants: ils découvrent Fakarêver le temps d’un goûter, le jeune Alec très content de tourner la barre, Vivianne très vite engagée dans des histoires de dragons…

La vente du bateau se poursuit, et dès le 30 avril l’expert vient à bord pour vérifier le bon état du gréement et du bateau en général, afin de finaliser avec l’acheteur les éventuels travaux à entreprendre avant la passation définitive (nous sommes dans la dernière ligne droite par rapport à des craquelures trouvées dans le mât..). Vincent organise le chantier pour refaire l’anti-fouling du bateau, qui aura lieu à Papeete fin mai, et après lequel nous dirons adieu à Fakarêver! Nous prévoyons de continuer ensuite à pied, en espérant pouvoir rejoindre les Marquises en avion, si les liaisons inter-îles sont autorisées d’ici-là… La nouvelle est un peu rude pour les filles, qui ne s’attendaient pas non plus à finir notre voyage ainsi; nous décidons alors de profiter des toutes dernières semaines pour entreprendre notre dernière navigation: le tour de Tahiti!

On nous a dit que Tahiti Iti, la presqu’île, est splendide et très sauvage, et que naviguer sous ses falaises qui tombent à pic dans le Pacifique vaut – presque – les Marquises… Nous prenons donc le lot de consolation; nous n’avons cependant que peu de renseignements concernant les différents mouillages possibles, peu de gens l’ayant fait. Vincent écume les documents glanés à droite à gauche, un peu Internet, puis munis de quelques coordonnées GPS, nous partons!
Il fait beau, la mer est calme, peu de vent mais suffisamment pour mettre les deux voiles, ça fait du bien de bouger! La côte verdoyante tahitienne défile, nous présentant ses découpes acérées et sa végétation luxuriante, on en prend plein les yeux.

Le passage de la pointe sud-ouest de Tahiti Nui est plus mouvementée le temps de passer un bouillon et le vent passant de face; nous affalons les voiles et mettons les deux moteurs…
Notre premier arrêt: la mouillage d’Atimaono, au sud de Tahiti Nui. La passe n’est pas très large, mais les vagues sont calmes, nous entrons dans le lagon accompagnés par de beaux rouleaux et quelques pêcheurs. Un joli motu tout hirsute nous salue sur tribord, et des Kite-surfs zig-zaguent sur notre route. En approchant du mouillage prévu, nous nous rendons compte qu’il donne sur un grand parc où se retrouvent de nombreux Polynésiens en ce week-end prolongé; nous cherchons un endroit plus écarté des côtes pour jeter l’ancre. En nous aidant des vues satellites, nous nous rapprochons de la barrière de corail, et trouvons un beau plateau de sable avec deux mètres d’eau, idéal pour Fakarêver! Après avoir plongé pour vérifier la profondeur, la taille et la distance des premières patates de corail, je donne le feu vert à Vincent qui avance le bateau vers ce mouillage improvisé et idyllique. Je croise plusieurs raies léopard, qui me paraissent de bon augure -nous aimons les mêmes endroits, avec de l’eau claire et du sable fin!
La vue est splendide, nous sommes seuls au milieu du lagon et de toutes ses nuances de bleus; les massifs de corail sont violets, jaunes, roses, et proposent quelques magnifiques anémones, très rarement croisées en Polynésie! Elles sont peuplées de beaux poissons clown qui ne se laissent pas intimidés par les plongeurs bien curieux… Cécilie aperçoit une magnifique petite méduse, et Agathe la queue d’un requin dormeur, caché sous une grosse patate…

Nous décidons de rester quelques jours sur ce plateau, avant de reprendre notre route vers la presqu’île!

Première étape du tour de Tahiti

En bonus: le jeu du dessinateur Boulet, proposé par Stéphane: dans un tableau à double entrée, dessinez des personnages, des animaux, des objets. Puis, à l’aide de dés, hybridez-les!

Et le bonus du bonus: la chanson de Fakarêver: musique d’Aldebert, paroles des matelots! En version karaoke, pour d’avoir aucune excuse de ne pas l’apprendre par coeur ^^!

Sur Fakarêver!

2 réflexions au sujet de “Déconfi-nalement!”

  1. Sympa de retrouver faune aquatique et paysages sous-marins ou terrestres avec nos acteurs préférés! On envie votre déconfinement (le nôtre est moins sympa) avec une pointe de tristesse à l’idée qu’on aurait pu partager tout cela en mai si le covid n’avait bouleversé tous les projets! Bon tour de Tahiti et bonne continuation d’aventures! Et grosses, grosses bises (aussi aux dragons!)

  2. Quelles belles images – entre les eaux cristallines et le ciel azur – sur un fond musical /mesmerising/ et entraînant à souhait ! Je suis heureux d’apprendre que vous pouvez continuer votre voyage et que la Polynésie a été moins touchée par le fléau de 2020 que l’europe. En Autriche, le déconfinement a commencé ; cela se passe plutôt bien pour le moment. On est optimiste et prudent. Les Italiens commencent la phase 2b ou phase 3. Les frontières allemandes sont, ce que je qualifierais de, mi-ouvertes. Bref, la situation s’améliore progressivement 🙂

    Wow, c’est cool, vous avez déjà testé *Hybrides* ! J’aime beaucoup le soleil-dragon, le poisson-nuage et le dauphin-volant, haha… Je vous envie car je n’ai pas encore eu l’occasion de tester ce jeu avec mes amis qui ont été, jusqu’à ce jour, trop timides pour reprendre nos activités ludiques autour d’une véri-table (une vraie table non virtuelle, quoi).

    Joli refrain : “C’est une maison qui flotte…” qui me fait penser au train qui traverse la mer dans /Le Voyage de Chihiro/. Profitez-bien du soleil, des îles, des vagues, de la nature, des traditions et de la Croix du Sud !

    Liebe Grüße
    Stéphane

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