Tahiti

En bateau, rien n’est jamais certain…

Leslie le 4 septembre (article précédent):
«  Nous récupérons le spi (réparé) demain matin, puis retournons avec le bateau à la marina de Taina pour faire quelques grosses lessives, et profiterons des alizées pour notre première « grande » traversée jusqu’à Huahine (15h de navigation), d’ici la fin de la semaine. »

Le plan se déroule à merveille

  • Récupérer le Spi => check
  • Retour à la marina de Taina => check
  • Grosses lessives au port => check
  • Paiement de notre corps mort de Taina pour libération => check
  • Finalisation des dernières courses => et de 2 caddies bien chargés de plus.
  • Rangement dans le cata => check

Tout est prêt ? Vraiment ?

Une p’tite douche après cette journée chargée et… comment ça il n’y a pas d’eau ?

  • Le réservoir est plein ? => oui
  • L’alimentation électrique fonctionne ? => oui
  • Si on passe sur la pompe de secours ? => ça marche

Bon, on va pas partir avec déjà une pompe en panne. Je démonte, mais il faut arrêter la pompe de secours et du coup la machine à laver qui tourne pour le sac qu’on a oublié d’emmener à la laverie…
Au final c’est le contacteur de pression qui était mort (il indiquait en permanence que le circuit était sous pression et que la pompe n’avait pas besoin de se mettre en route) . Heureusement les anciens propriétaires en avait laissé un d’avance (hum… cela veut dire que c’est une panne courante ?)

Cécilie quelques dizaines de minutes plus tard: « elle a fait un drôle de bruit la machine ». Tiens c’est vrai que ça tourne plus très bien. Et ça sent le chaud aussi!
Il est tard, on verra demain.

Raah pourquoi tout est si compliqué !

Un résumé ultra-rapide des 3 jours suivants:

  • Premier diagnostique après démontage complet: problème entre le tambour et la cuve. Le tambour frotte sur la cuve et le moteur ne peut donc plus le lancer. Difficilement réparable.
  • Tahiti est en 60 hz, notre cata en 50Hz, et on a un format de machine inhabituel. Le Carrefour d’à coté – et les sites web d’électroménager de Tahiti – n’ont pas notre taille ni de machine compatible 50Hz.
  • on ne peut pas trouver de machine ici, faut l’importer.
  • Oui, mais ça coûte cher (premiers devis à 1000€ de transport par avion, puis 600€ par voie maritime, on n’a pas essayé les importateurs), ça prend du temps par bateau, qui la récupère en attendant si on repasse la chercher plus tard ?
  • A-t-on besoin d’une machine ? Peut-on partir et continuer éventuellement nos recherches par téléphone ?
  • Je perce la cuve pour voir ce qui est cassé. C’est un bras du tambour! Ça se ressoude ?

  • Y a un bateau soudeur pas loin (merci Julien pour l’info!)
  • Soudeur: « non ça se répare pas, mais je viens d’acheter un machine géniale à Carrefour qui est toute petite. Tu veux jeter un oeil ? » C’est le bon format ! En fait, cette machine n’était plus exposée car le chef de rayon n’était pas là la semaine dernière et il en restait 3 cachées dans le stock du magasin.
  • Peut-on passer notre cata en 60Hz ? A priori, au moins le convertisseur. Appel à un électricien, on teste, c’est possible !
  • Tous nos autres appareils sont compatibles 60hz ? => oui
  • L’électricien qui passe notre système en 60Hz: « savez-vous qu’il n’y a que Tahiti en 60Hz ? Toutes les autres îles de Polynésie sont en 50Hz » => Appel de tous les magasins pour trouver une machine au bon format en 50Hz (puisque ça doit être possible) => rien
  • Achat de la machine 60Hz de Carrefour (je vous laisse imaginer l’acheminement en caddie puis en annexe d’une machine de 50kg jusqu’au cata)
  • Test => KO, le programme ne se finit pas (le soudeur m’avait prévenu, ça veut dire qu’on est toujours en 50Hz au lieu de 60).
  • On passe manuellement le convertisseur en 60hz => ça fonctionne !
  • Reste le générateur qui lui est toujours en 50Hz. (on ne peut juste pas le mettre en même temps que la machine). Ce modèle-là est sensé savoir faire du 60Hz, mais il est marqué «  manufactured with 50Hz » et on a pas l’option « écran digital » qui lui permet de passer de l’un à l’autre. Si jamais quelqu’un peut avoir l’info de comment le passer en 60Hz, on est preneur ! (Générateur Cummins Onan MDKBJ )

Ouf, on est paré, on part demain soir?

NB: Article paru le 12 pour nos activités du 6 au 9

Tahiti

Papeete (révisions)

Nous voici depuis 3 jours à quai à Papeete, où nous renouons avec la civilisation.
La traversée depuis la baie d’Oponohu s’est faite sans encombre, avec une première partie de calme plat qui nous a permis d’admirer les courses de poissons-volants, et une deuxième partie avec un vent un peu plus soutenu, proposant des rafales à 23 noeuds… Nous sommes arrivés à la tombée de la nuit à la marina de Papeete, avec notre première manoeuvre de port, et effectivement, la manoeuvrabilité d’un cata est bien plus confortable que celle d’un monocoque! Nous nous en sommes bien sortis.

Nous (re)découvrons Papeete durant ce petit séjour citadin; la marina est située en plein centre-ville, ce qui nous offre le luxe de viennoiseries fraîches pour le petit-déjeuner, de pâtisseries hautes coutures, de dîners aux roulottes…
(note: les roulottes, c’est le paradis selon Cécilie: chacun choisit ce qu’il veut manger à des roulottes différentes, ce qui offre des choix aussi variés que galette bretonne, hamburger, pizza ou chinois!)

C’est finalement le seul point faible de ce voyage jusqu’à présent: les repas, puisque je dois préparer deux repas par jour pour 4 avec peu d’ingrédients différents à ma disposition, je commençais à manquer d’imagination… mais je viens de trouver à la librairie un petit ouvrage qui devrait nous aider à survivre – et mieux manger- ces prochains mois!
Donc à Papeete nous mangeons, beaucoup et bien, même si bizarrement une très grande partie des plats proposés sont chinois ou d’inspiration chinoise; il n’y a pas (ou très peu, en tout cas pas encore vu) de restaurants Polynésiens. Il semblerait que la cuisine des îles ait été très fortement influencée par la cuisine de la diaspora chinoise, et l’ait mêlée à ses produits locaux. Mais c’est pas grave, on adore les nouilles et la sauce aigre-douce.
Nous mangeons, et nous faisons des courses! Vincent surtout, qui sillonne la ville et sa banlieue à bord d’une voiture de location à la recherche de nombreuses pièces détachées pour le moteur, le désalinisateur, des bouts, des filtres, outils, lampes… On devrait être parés pour une année de navigation! Vincent pourra ensuite se reconvertir en coursier, il devient spécialiste de toutes les boutiques d’accastillage, de mécanique et de quincaillerie de l’île…
Nous approvisionnons également le bateau: 20 kg de sucre, de farine, des litres de jus de fruits, des tablettes de chocolat, des fruits, des légumes, des conserves… Les superettes se feront de plus en plus rares sur les îles que nous rencontrerons, nous emmagasinons donc au maximum.


J’ai fait également quelques achats complètement indispensables: j’ai visité les boutiques de perles et de bijoux avec Agathe, pour acquérir de quoi fabriquer divers petits bijoux durant notre navigation à partir des coquillages et des graines que nous trouverons! Nous avons déjà fait quelques essais plutôt concluants depuis le début du voyage, et Elodie, de Lotus, m’avait montré au mois d’août toutes les petites boutiques, parfois confidentielles, dans lesquelles je pouvais m’approvisionner en fermoirs, chaînes, cordons…

La grosse révision (des 4 ans/1000h) des moteurs (but premier de notre séjour) touche à son terme: Dominique a démonté, dessalé, nettoyé, réparé et repeint même certaines pièces. Il vient de les redémarrer et a l’air satisfait: à nous les grands espaces, la solitude et le silence! C’est bruyant la ville, on avait oublié. Surtout quand des jeunes, qui ne semblent pas avoir cours le mercredi après-midi, se posent en face de la marina avec quatre énormes baffles: ils parviennent même à couvrir la 2×2 voies qui longe le front de mer, embouteillée de 7h à 17h…
Mais les Tahitiens sont extrêmement courtois au volant: il suffit que nous nous présentions au passage-piéton pour que la circulation s’arrête immédiatement (à moins que ce soit mon charisme légendaire, mais j’ai des doutes…). A tel point qu’aux heures de pointes, des policiers empêchent les gens de traverser (au grand dam d’Agathe, « normalement les policiers ils font l’inverse? ») pour qu’il y ait un minimum de fluidité dans les artères de Papeete…

Nous retrouvons les coqs, poules et poussins toujours en vadrouille, aussi à l’aise en plein centre-ville sous les voitures que dans la forêt vierge en haut des cols. Ce volatile présente des capacités d’adaptation beaucoup trop sous-estimées en Europe, il faudrait peut-être revoir sa place au sein de nos sociétés! Guide de haute-montagne par exemple, ou rédacteur du Routard…

Nos promenades nous font découvrir de très belles fresques murales, colorées et variées; le street art a une place importante sur Tahiti et Mooorea, où nous avons régulièrement croisé des œuvres bien mises en valeur. On pourrait peut-être créer un jumelage avec le Grenoble Street Art festival? Je devrais me renseigner…

Nous avons également profité de deux petites plages en banlieue de Papeete, l’une de sable noire, bordée d’une jolie falaise, l’autre de galet, avec une belle vue sur les longs doigts de végétation, vestiges de coulées volcaniques, qui semblent entrer dans l’eau, et se voient particulièrement bien de Moorea!

Nous récupérons le spi (réparé) demain matin, puis retournons avec le bateau à la marina de Taina pour faire quelques grosses lessives, et profiterons des alizées pour notre première « grande » traversée jusqu’à Huahine (15h de navigation), d’ici la fin de la semaine.

Tahiti

On dormira à Moorea ? (bis)

Samedi 17 août

Suite de la panne moteur

« Je pense que la boue ne datait pas d’hier et que le gasoil dans le réservoir est bon. » – Vincent le 16 août

Le lendemain matin je n’en suis plus si sûr. Surtout avec les commentaires reçus sur le blog (merci Philou!) et celui de l’expert: “ce sont des résidus de bactéries et si c’est le cas, (…) elles se mettent en suspension dès le moindre brassage”. Vous ai-je dit que le moteur s’est arrêté à la sortie de la passe avec les premières vagues ?

Avec mon naturel inquiet et curieux, c’est parti: avant d’aller à Moorea, je vais aller voir au fond de cette cuve ce qui se passe en vrai!

Inspection du réservoir
A quoi ça ressemble à l’intérieur ?

Vous aussi vous remarquez le tas noir un peu en dessous de la prise de gasoil en haut à droite ? Comme par hasard, il s’agit de la prise du moteur bâbord qui est tombé en panne. Ce tas bouge avec les vagues (on a beaucoup de houle sous forme de bouillon ce matin, même en étant derrière la barrière de corail à notre bouée)

Julien arrive à ce moment-là récupérer Violette (suite à une soirée pyjama où elle a rigolé jusqu’à 23h la veille avec Agathe) et me dit qu’il a justement croisé Dominique (l’expert Yanmar passé la veille) sur le ponton.

Je saute dans l’annexe et le retrouve sur un des bateaux mouillés à proximité. Dominique me donne des conseils, puis me propose de passer avec sa pompe à vide pour aspirer ces impuretés. On en retire effectivement pas mal ! Il me confirme aussi que le gasoil est bon à part ces dépôts, qui ne sont pas récents (pas de contamination bactérienne, ouf !). En testant, on en profite aussi pour changer le préfiltre du moteur bâbord qui en avait besoin.

Entièrement rassurés, on se met en ordre de marche pour partir vers Moorea!

En route pour Moorea ?

Agathe monte sur Lotus pour naviguer avec Violette. Mais cette fois-ci c’est un de leur moteur qui crachotera trop peu d’eau..
C’est pas grave, on se retrouve sur le mouillage juste à côté de la marina. C’est l’occasion pour nous de faire notre premier mouillage, de tester l’ancre, vérifier que le fond est suffisant dans le disque autour de l’ancre… En 1 heure, le vent s’inverse et forcit, ce n’était pas juste de l’entrainement ! Pour être sûr j’ajoute un peu de chaîne, Julien me montre d’autres astuces et nous voilà parés pour notre première nuit.

Suite demain avec « On dormira à Moorea (ter ?) » ?

Tahiti

3, 2, 1, moteur !

(Suite de la panne moteur sur la route de Moorea.)
Le 16 aout 2019

Bon, d’après l’expert, c’est un problème d’alimentation de carburant. Du coup un bête problème de filtres et tuyaux ? Challenge accepted !

Comment marche l’alimentation en carburant d’un moteur Yanmar ?

1. Réservoir ou cuve avec les vannes (oui c’est sous notre lit. Heureusement c’est bien isolé, à moins qu’on ait le nez bouché)
2. le tuyau part du réservoir et arrive à un préfiltre équipé d’une pompe manuelle. Ce pré-filtre qui sépare aussi l’eau du gasoil
3.Le tuyau repart du pré-filtre et arrive au filtre (que l’on a essayé de changer hier, sans succès)
4. Suite au filtre, une partie est envoyée au moteur, le reste repart dans le réservoir
Vue d’ensemble

Rien de très compliqué à priori.

Première piste: l’alimentation du pré-filtre

Avec l’expert Yanmar, nous avions vu que le carburant n’arrivait pas au filtre en utilisant la mini pompe du pré-fitre. Première suspicion, un réducteur (inattendu selon l’expert) sur le tuyau d’alimentation avant le préfiltre.

Le réducteur

Effectivement ce réducteur était un peu bouché avec de la boue et à l’aide de ma poire toute neuve acheté ce matin (3000 francs tout de même), je tire encore un peu de de boue du tuyau avant d’arriver à du gasoil « propre » (i.e: bien transparent, pas de « poissons » et pas d’eau).

la “boue” extraite du tuyau à l’aide de la poire
Ma fameuse poire qui va nous sauver

Confiant, je dis à Leslie et mes filles qu’on va se baigner dans 20 minutes le temps de remonter tout ça. Par acquis de conscience, une fois tout remonté, j’essaie avec ma poire de tirer du carburant au niveau du filtre. Et… patatra, mon optimisme s’envole: la poire n’arrive pas à se regonfler; le gasoil n’arrive pas.

Leslie part plonger avec les filles, je démonte le pré-filtre pour en savoir plus et je me fait un aller retour au ship d’à coté pour essayer de trouver un nouveau préfiltre ( a-t-il vraiment été changé lors de la dernière révision de juin ? Est-ce que la boue du tuyau l’a déjà bouché ?). Peine perdu, il faut aller tout au bout de Papeete pour en avoir un.

Le déjeuner porte conseil

Tout ça ne colle pas: lors de l’essai de purge avec Julien hier, le gasoil dans le pré-filtre semblait « beau », en regardant l’intérieur du pré-filtre, je peux voir la membrane et elle semble propre…(mais la date de fabrication du pré-filtre est 2015, a-t-il vraiment été changé (bis) ?)
Leslie allant en ville avec Elodie cet après midi, je lui demande de passer me prendre un pré-filtre. Pendant ce temps-là, ça me gratouille: l’embout en entrée du pré-filtre fait un coude et j’imaginerais bien de la boue coincée dedans.

Le coude qui fait la jonction entre le tuyau et la tête du pré-filtre

Bingo !
Je remonte tout, le gasoil arrive bien cette fois-ci jusqu’au filtre. Je mets le contact. Re-confiant, un coup de démarreur. Non ? Faut insister ? KO, redescente émotionnelle, je n’ai finalement pas de don de mécano, on va devoir attendre que le « vrai » mécano soit disponible la semaine prochaine ou pire..

Un copain, ça aide énormément

(en plus du fait qu’il a gentiment gardé tous les enfants pendant mes opérations)
Je tente d’appeler Julien, qui sèche aussi, mais il a des tuyaux en rab, ça devrait permettre d’installer la poire au milieu du circuit et d’imaginer d’autres essais.
Il passe, je résume le truc. Il me propose de remettre le filtre qu’on avait essayé de changer hier car lui il date de 2 révisions.
Toujours KO, le moteur ne démarre pas.
On se demande si le filtre s’est bien rempli quand on a pompé manuellement. Vérification: ce n’est pas top ! On remet du carburant dedans (*: en fait, ici la bonne méthode est de ne pas le visser à fond, de pomper, et quand ça déborde, de finir de le visser).
Je n’y croyais plus trop, mais l’inattendu nous surprendra toujours: ça ronronne !!!!

Au final, c’était donc juste un tuyau et un coude de bouché, puis un amorçage mal fait. (mais j’y ai passé ma journée)

Et la suite ?

Équipé de pré-filtre et filtres de rechange, on est paré. Je pense que la boue ne datait pas d’hier et que le gasoil dans le réservoir est bon. La suite nous le dira !


Moorea nous revoilà ? (épisode 2)

Tahiti

On dormira à Moorea…?

Mercredi 14 août:

C’est décidé, c’est le jour de la grande traversée, en tout cas notre première navigation digne de ce nom! Direction Moorea, l’île voisine qui nous offre depuis notre arrivée de sublimes couchers de soleil.
Après la classe du matin (la rentrée à Tahiti a eu lieu mardi, on s’est calé aussi sur le calendrier scolaire ^^), nous préparons le bateau, et c’est parti! La météo prévoit cette fois du vent, qui arrive par le nord-est. Idéal pour naviguer vers le nord-ouest, pas trop de houle. Nous prévenons différents copains de notre départ et notre arrivée imminente, et nous prenons la passe qui nous mène vers le large. Passe beaucoup plus tranquille que dimanche, avec moins de risque de heurter un paddle ou un canoé…
Nous hissons la grand voile, et nous préparons à couper les moteurs, quand Vincent remarque que le moteur bâbord s’est déjà coupé pendant la manœuvre… Après plusieurs tentatives, nous nous rendons à l’évidence: il ne redémarra pas comme ça.
Deux choix alors: faire immédiatement demi-tour, ou poursuivre la croisière pour profiter du vent, ce qui permettra à Vincent de jeter un coup d’oeil au moteur. Ce n’est peut-être qu’un faux contact? Nous choisissons la 2ème option, et déroulons le génois, filant à plus de 6 noeuds avec un vent de 12 noeuds de moyenne, ça fait du bien de naviguer!
Les filles apprécient beaucoup le pique-nique, surtout les chips, et supportent très bien la houle et les mouvements du bateau.
Vincent met un harnais (bon finalement c’était de trop) et passe un moment avec le moteur, testant la batterie et divers composants, qui malheureusement fonctionnent tous très bien… Nous arrivons à portée de vue de la magnifique plage de Moorea, bordée de cocotiers qui se dessinent sur l’horizon, rendant la décision encore plus difficile à prendre: il faut faire demi tour… Les spécialistes de moteur et toutes les pièces sont à Tahiti, nous serons plus efficaces sur la grande île. De plus la perspective de faire plusieurs fois des manœuvres avec un seul moteur nous inquiète un peu (avec raison, comme on va le voir plus tard)
Magnifique virement de bord, le retour s’effectue au près, et c’est assez agréable de ne pas giter, l’allure est plaisante et les filles profitent à fond de leur navigation. Nous guettons les baleines, qui sont sensées commencer à arriver dans les eaux tahitiennes, mais elles ne se montrent pas.

Notre 2ème navigation

En arrivant dans la passe qui nous ramène à notre coffre d’amarrage, nous contactons Julien et Elodie, nos nouveaux copains du bateau Lotus! Ils sont arrivés il y a quelques jours à la marina de Taina, connaissaient très bien les anciens propriétaires de Fakarever, et ils ont deux filles, Violette (9 ans) et Lilas (5 ans).

Agathe et Cécilie sont ravies de ces nouvelles copines sur l’eau! Nous avions passé l’après-midi de la veille ensemble, avec une plongée à l’Aquarium, et un goûter sur Lotus!


Mais là ce n’est pas (encore) l’heure de l’apéro, nous avons besoin d’aide pour nous amarrer au coffre, car avec un seul moteur le cata peut avancer mais manœuvre plus difficilement. Il y a beaucoup de bateaux autour de notre bouée et évidemment beaucoup de vent ce soir-là, donc nous ne sommes pas de trop de 4 adultes + l’annexe qui pousse à bâbord pour réussir à passer un bout dans le corps-mort… Beaucoup d’émotions pour cette fin de navigation!
Nous prenons le goûter avec l’équipage de Lotus, pendant que Vincent et Julien tentent un premier diagnostic sur le moteur – malheureusement sans succès – puis les filles sont invitées à une soirée pyjama-bateau!

Elles préparent leur sac avec enthousiasme, et c’est bien chargée que l’annexe de Lotus repart, nous abandonnant tous les deux un peu seuls à bord… Nous en profitons pour nous changer les idées: douche, vêtements propres, et nous nous offrons un resto sur la marina!

Nous récupérons les filles le lendemain, et repartons avec Violette dans notre annexe pour aller plonger sur le récif non loin du bateau. Et là, ça y est! Un beau requin pointe noire passe nonchalamment à portée d’objectif, et la photo est assez bonne pour qu’on me croie cette fois ^^…

Repas avec les Lotus à bord de Fakarêver, et l’expert moteur Yanmar arrive en milieu d’après-midi: ce serait un problème d’arrivée du diesel au moteur. Il nous faudrait une poire pour aller plus loin, mais évidemment le 15 août tout est fermé. Ce sera pour demain.
Moorea va nous narguer quelques jours encore…

les miss!