Maupiti

Nana Maupiti! (* au revoir Maupiti)

Voiliers à Maupiti

C’était chouette Maupiti! Ces deux semaines n’ont pas été de trop, même si le temps s’est un peu gâté -entendre: il a plu de temps en temps – nous nous sommes imprégnés jusqu’au bout de la beauté du lieu et de la gentillesse des habitants. Ce n’est pas toujours évident de briser la glace avec les Polynésiens, qui paraissent au premier abord cordiaux mais distants: ils ne viennent pas spontanément nous parler, et on peut très vite se sentir exclus au milieu de la place du marché. Mais il faut revenir, s’assoir, attendre; puis on est accepté et les échanges commencent: on passe du statut de « touriste de passage » à celui de « touriste qui va rester un peu plus longtemps ». Être sur un bateau, ça permet d’être indépendant, mais parfois un peu trop, et on a finalement peu de contacts avec la population locale, habituée aux bateaux de charters qui traversent les lagons en coup de vent.

Nous avons vécu de beaux échanges notamment la veille de notre départ, samedi 2 novembre, sur le motu devant lequel nous étions mouillés. Toutes les semaines, les pensions qui hébergent les touristes – il n’y a pas d’hôtel à Maupiti – organisent des repas partagés sur les motus:

Four polynésien

un four tahitien est creusé, des plats traditionnels préparés dans des paniers en palmes, des grandes tables sont alignées sur le sable, c’est très sympa!

Tressage de paniers à partir de feuilles de cocotier

J’ai négocié avec l’organisatrice pour que nous puissions y participer, et nous n’avons pas été déçus de l’accueil: nous découvrons de nouvelles saveurs -gelées de citrouille pour Halloween -, participons à un atelier de tressage de paniers, à un autre d’ouverture de noix de coco, les filles passent l’après-midi à jouer avec les enfants de nos hôtes dans le lagon, et j’ai même le plaisir de jouer du ukulele avec le groupe, composé sur frère, du beau-frère, des cousines et de la grand-mère de Nini, l’organisatrice!

Si au début tout ce beau monde joue pour les touristes, ça se transforme vite en « boeuf » où le plaisir de jouer et chanter ensemble prend le dessus: je suis assise à côté d’un guitariste qui me souffle les accords que je frappe sur l’instrument prêté (oui, ici on frappe le ukulele…), mais finalement on tourne sur les 4 mêmes accords, et c’est une vraie joie pour moi de participer à cette musique festive et généreuse. Mon voisin n’est ni touriste, ni de la famille de Nini; il est de Raiatea et a traversé jusqu’à Maupiti sur le petit bateau à moteur d’un ami pour suivre l’Hawaiki Nui; il connaît les musiciens, et il s’est joint avec ses amis à cet après-midi convivial. Ah oui, et sa fille est aiguilleuse du ciel à l’aéroport du Versoud. En face de chez nous, où Vincent va faire du planneur. It’s a small world after all…

Nous regagnons le bateau vers 17h après avoir recueilli quelques recettes de Mamie et de Nini, fourbus ( et un peu éraflée pour Cécilie qui a sauté trop près d’une patate de corail) mais bien contents de ces échanges!


L’Hawaiki Nui a donc eu lieu, la fameuse dont tout le monde nous parle depuis notre arrivée: LA course de va’a à 6 rameurs des îles sous le vent, qui s’étale sur trois jours et relie Huahine à Bora Bora. Nous avons suivi la dernière journée à la télévision, et apprécié le départ en trombe dans le lagon de Tahaa: surtout sous des trombes d’eau… Même les caméras étaient mouillées, et le commentateur n’osait pas sortir son Iphone pour chronométrer le temps qui séparait le leader des autres concurrents… D’ailleurs c’est le bateau Shell qui a gagné, mais tout le monde le savait avant le départ: « c’est quoi votre plan de course? – on va suivre le leader, c’est plus sûr », qui a effectivement tous les renseignements nécessaires: des pêcheurs sont éparpillés sur les différentes routes possibles et donnent des informations en temps réel sur les courants et la houle aux différents endroits au staff, qui suit le va’a en bateau à moteur et lui communique la route à prendre. C’est une performance physique assez folle, et qui est suivie par tous les archipels, chacun envoyant au moins un bateau de représentants – il y en a même un de Marseille, et un autre de Vaux-en-Velin!

Maupiti

Nous nous décidons enfin à quitter notre île paradisiaque dimanche 3 novembre, non pas pour les Tuamotus, mais pour Raiatea: il y a besoin de refaire des coutures sur le génois et la Grand Voile (plus d’explications dans un prochain article), nous prenons contact avec un voilier, qui peut s’en occuper cette semaine. Nous appareillons à 5h30, admirons une dernière fois des couleurs magnifiques du lever de soleil sur les arêtes de l’île, prenons la passe sans courant ni vague, et … hissons le spi! Il y a eu une belle bascule dans les alizées, et nous profitons d’un très rare vent d’ouest pour partir vent arrière! Quel luxe de voyager au rythme des vents… Navigation calme, avec une houle très faible, nous doublons Bora vers 11h, puis le vent tourne petit à petit, devenant sud; nous affalons le spi pour sortir le génois et la grand’voile. Nous naviguons entre les grains, ce qui nous permet d’en prendre le vent et de pousser une pointe de vitesse à 8 noeuds, du jamais vu encore pour nous avec Fakarêver (on n’a eu que des fenêtres avec peu de vent pour l’instant!). L’arrivée à Raiatea se fait sans encombre, accueillis par un bel arc-en-ciel, et nous retrouvons avec joie ces belles falaises et ces sommets verdoyants à 1000 mètres!

Fakarêver de retour à Raiatea

Nous retrouvons également Quasar, un joli monocoque à l’intérieur tout en bois, rencontré à Maupiti: Laura et Yann, jeune couple d’aventuriers, sont partis il y a trois ans de La Rochelle, et traversent tranquillement le monde. Ils vont rester jusqu’en juin en Polynésie, puis repartir en avion en métropole, leur expérience maritime s’arrêtera – pour le moment- là.
Programme de cette semaine: démontage des voiles, ravitaillement à Uturoa, école, jeux, avec pour objectif un départ pour les Tuamotus dimanche prochain: une belle fenêtre météo avec un vent du NO nous permettrait une navigation confortable. Mais j’ai l’impression que nous serons vraiment sûrs de partir dans cet archipel que quand on y sera arrivés…

Maupiti

A l’ouest!

Que faire, que voir, que raconter après cette baleine… J’avoue avoir été K.O quelques jours après cette rencontre merveilleuse… Plus envie de plonger, comme rassasiée, trop pleine d’images et d’émotions trop fortes… Alors on a fait d’autres choses: un petit tour à Vaitape, la ville de Bora, pour faire le plein de fruits; un peu d’école; un peu de lecture; Vincent et les filles sont sortis du lagon pour rencontrer un requin-citron, mais j’ai décliné l’invitation, pas encore complètement remise…
Puis nous partons: le vent continue de baisser, et si ça continue nous irons à Maupiti au moteur, un comble après les semaines de vent que nous avons essuyées! Maupiti est la dernière grande île habitée de la Polynésie Française, la plus à l’ouest, la plus sauvage, la plus belle nous a-t-on dit… Et elle se mérite: on y accède par une unique passe, inhospitalière voire très dangereuse selon les conditions… Lotus nous a raconté l’histoire d’un monocoque obligé de renoncer après 1h de lutte contre le courant; celle d’amis qui étaient partis de nuit de Bora pour être certains d’être aux aurores à la passe… Tout cela nous faisait froid dans le dos. Un couple qui tient une pension sur le bord de cette Charybde ( ou c’est Scylla, je ne sais jamais…), anciens marins, donne des conseils par téléphone aux nouveaux arrivants. Je les appelle vendredi, la voix chevrotante: « la passe va-t-elle bien? »; Camille me répond en riant qu’elle ne peut pas prédire son état de demain, mais que vu le vent (entre 8 et 10 noeuds) et la houle (moins d’un mètre), ça devrait passer. Ça devrait. Ça ne nous fait pas rire.
Nous choisissons finalement d’appareiller dimanche; mais la veille au soir, en re-re-re-re-regardant la météo, nous voyons la carte couverte de grains et d’orage… Malheur, Maupiti est-elle maudite?
Nous partons tout de même aux aurores, comptant sur une traversée de 6h, l’arrivée prévue à midi avec peu de houle annoncée devrait permettre un passage assez tranquille – surtout, le vent chute considérablement en début d’après-midi.
Nous quittons Bora sur des images magnifiques, le pic à moitié voilé par les nuages du premier grain de la journée, le soleil levant filtrant à travers les nuées… Maupiti est droit devant, encore endormie dans le lointain, un peu masquée par les brumes matinales, les oiseaux survolent une mer d’huile, des baleines soufflent au loin, on pense à mettre les voiles – BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPP!!!!!!!!!! Ou plutôt: un bruit strident nous tire de nos rêveries: quoi quoi qu’est-ce qui se passe???
C’est le moteur tribord de Fakarever qui nous dit qu’il y a de l’eau dans le Saildrive (là je laisse Vincent expliquer ce que c’est que le saildrive: « c’est la partie qui transmet les efforts du moteur à l’hélice: principalement immergée donc. Les roulements et pignons doivent baigner dans l’huile et toute eau salée source de corrosion de frottements n’est pas du tout la bienvenue! »). Bien bien. C’est grave docteur? Vincent coupe tout, sort le manuel, ouvre les capots, vérifie l’huile, check sur internet , « y’a pas de mayonnaise » (??? si tu le dis, on a de la moutarde si tu veux), « c’est sûrement une fausse alerte. » Oui, mais si c’en n’est pas une? On va vers Raiatea plutôt, pour faire vérifier ? Oui, non? Sûr sûr??
Nous repartons, le BIIIIIPPP tente encore deux fois de communiquer le temps que l’on lance le spi, puis se tait définitivement: on est à la voile direction Maupiti !

Interlude technique: une fois arrivé, Dominique ( spécialiste Yanmar qui nous avait fait la maintenance des 1000h) nous a guidé pour vérifier tout ça: c’était bien une fausse alerte. Il y a en réalité une double membrane, le capteur est entre les deux afin de prévenir en amont dès le passage de l’eau à travers la première membrane et avant que l’huile se transforme en mayonnaise (eau + huile => viscosité de mayonnaise). Pas d’eau entre ces 2 membranes. Un nettoyage de l’ensemble paraît avoir eu raison de cette fausse alerte.

Un grain devant, un derrière, un sur le côté: l’intérêt, c’est qu’on a du vent! On avance bien, Vincent fait ses réglages au poil. Il y a même un poisson qui mord à l’hameçon de sa canne à pêche, mais, tellement on va vite, il en casse le fil (il était vieux, il avait cuit au soleil… (le fil, pas le poisson)).
Malheureusement les grains s’éclipsent (sans même nous avoir mouillés), et le vent avec lui: c’est rapidement le calme plat. Le spi ne se gonfle plus, on tente le génois sans plus de succès, on lance le moteur pour la dernière heure…
Nous déjeunons, puis nous préparons à affronter la passe… Tout est rangé à l’intérieur du bateau, les placards sont fermés, les assiettes sanglées, les filles briefées – ça va secouer, on vous aime!!-, et nous y voilà: Vincent me montre les grosses vagues sur lesquelles il va falloir surfer… ah non, ça c’est la barrière de corail, la passe est à côté… ah, c’est tout plat… oui mais le courant c’est traitre, on fait ronronner les deux moteurs… ah tiens, ça avance tout seul… oh dis donc, ça y est on est dans le lagon… « Papa, c’est quand que ça secoue?? il se passe rien là!! », euh, oui effectivement on a eu au maximum 1 noeud de courant à contresens et aucune vague…
Pas si terrible cette passe finalement… Much ado about nothing?

la fameuse passe

Le lagon par contre est magnifique: aussi beau que celui de Bora, mais plus confidentiel, avec quelques pensions sur les motus, des fonds superbes, des bleus incroyables; on devrait être bien!
Nous mouillons sur un immense plateau de sable, avec 30 cm d’eau sous les coques, mais on est large!

Quelques bateaux de charter viennent mouiller pas loin de nous, mais ils ne restent pas: ils profitent que la passe soit praticable pour profiter une journée, voire 24h de Maupiti, puis s’en repartent à Bora et Tahaa. Nous faisons connaissance avec un magnifique Leopard 48, Léo, propriété de Pierre et Caroline, qui connaissent bien la Polynésie y ayant séjourné à plusieurs reprises. Nous goûtons ensemble le rhum arrangé Passion acquis à la rhumerie de Tahaa, et Pierre me raconte sa prochaine pièce de théâtre qui sera mise en scène au théâtre du Rond-Point… On se reverra en métropole!
Pas loin du mouillage se trouve une aire de nettoyage pour raies manta; nous y faisons un saut dès le premier matin, et ne sommes pas déçus: cinq magnifiques mantas se prélassent au fond de l’eau, en faisant des ronds et des spirales élégantes. La visibilité n’est pas terrible, mais c’est la première rencontre pour les filles, qui sont ravies!


Nous nous promenons sur le motu Pitihahei, pour nous approcher de la barrière de corail – un chien nous accompagne durant toute la balade; nous nous rendons à la pointe Tereia pour profiter de la plage et ramasser des coquillages; nous nageons dans l’énorme piscine qui entoure le bateau; les filles ont leur première leçon de conduite d’annexe; nous admirons les couchers de soleil fabuleux; nous guettons les raies pastenagues et léopards qui tournent autour de notre mouillage; nous devons d’ailleurs en changer – de mouillage – depuis deux jours, pour nous rapprocher du village, mais bizarrement, je suis bien moi là….

On bouge demain, il paraît qu’il y a une magnifique randonnée à faire, il va falloir partir à la recherche de nos chaussettes…

Raiatea

De Raiatea à Bora

Non seulement nous avons mieux dormi dans notre nouveau mouillage, dans la baie de Vaiaeho, mais nous nous y sommes sentis tellement bien que nous sommes restés une bonne semaine ancrés là, sous le point culminant de Raiatea, le mont Tefatua (1017 m d’altitude)… Une gigantesque falaise percée de cascades, pas besoin de chercher bien loin: on a retrouvé notre Chartreuse protectrice…


Les fonds coralliens sont magnifiques, avec quelques tortues et raies léopards, une eau bien chaude, la mer est calme malgré le vent qui s’enfile par une trouée du massif montagneux, que demander de plus?
Une course de va’a! Nous sommes aux premières loges (ils passent à 30 cm du bateau) pour admirer et encourager les rameurs de V6, des va’a 6 places, qui se préparent lors de cette épreuve à la fameuse course Hawaiki Nui, qui aura lieu début novembre, entre Huahine et Bora Bora!
Le temps se gâte ensuite, avec beaucoup de pluie, transformant notre lagon bleu turquoise en eaux troubles et boueuses. Ces intempéries nous permettent d’avancer dans le programme scolaire, en faisant de longues sessions d’école le matin, de lire, de jouer aux Playmobils, de nous reposer et de décompresser! Ces deux premiers mois en Polynésie ont été riches en émotions et en expériences variées, cela nous fait un bien fou de ne rien faire!

Vincent (n’ayant rien à réparer edit: ayant fini de réparer l’impeller des toilettes électriques ) se métamorphose en boulanger, et fait ses premières expériences de pain maison: c’est testé et approuvé par les filles! (recette adaptée de Lotus en fin d’article)

J’en profite pour faire des essais de transformation de nacres: ça fait plein de bruits et ça met de la poussière partout, mais c’est très satisfaisant ^^!

Nous attendons une météo plus clémente pour nous rendre sur Bora; lorsque le soleil repointe le bout de son nez nous enchaînons les lessives, profitant du vent constant pour tout sécher rapidement (draps secs en 1h, qui dit mieux ?). Nous testons le restaurant de l’hôtel Fare Vai Nui, qui partage notre baie, et sommes très bien reçus par le patron et sa cheffe patissière! Nous nous régalons de poissons et de desserts maisons; les filles jouent sur le ponton avec les enfants d’une famille Polynésienne venue fêter l’anniversaire d’un grand gaillard, et pendant que Cécilie se fait offrir un bout de gâteau au chocolat par le benjamin de la famille, Agathe échange avec la cadette sur la possibilité de faire le tour du monde en bateau en 80 jours…

petit tour en paddle jusqu’au motu


Nous pensons décoller de la baie jeudi, mais finalement restons une journée de plus: les éclairages ne fonctionnent plus dans la chambre d’Agathe, SuperVincent s’insère dans le circuit électrique du bateau et trouve la panne! (cosse mangée par le sel en fond de cale, 4h pour trouver!) Mieux encore, il la répare… Toujours aussi efficace, sa persévérance et son ingéniosité m’épatent à chaque fois…
Enfin, vendredi 11 octobre, nous levons l’ancre: beau temps, belle mer, ça devrait le faire.

Bora droit devant!

Sauf que… on n’avait pas vraiment bien regardé la distance entre Raiatea et Bora, le GPS nous annonce une arrivée au mouillage à 18h30… ça va pas le faire, c’est trop juste, on nous a prévenu qu’il y a des patates de corail à éviter dans le lagon de Bora, on a besoin d’un bonne visibilité. Nous quittons notre vent arrière bien confortable, sous spi, pour nous détourner vers Tahaa: nous visons le mouillage près de la rivière de corail, facile d’accès et pas trop loin de la passe. Le vent s’est entretemps levé, nous arrivons entre Tahaa et Raiatea où le vent s’engouffre assez violemment, nous devons changer d’allure: le spi est rangé, la grand’voile et le génois sortis. La houle est de travers, et une vague un peu plus forte fait tomber quelques assiettes dans le carré: petite panique chez les filles, pas encore habituées à ce type de navigation. Le vent forcit encore, nous posons un ris à la grand’voile, puis rentrons un peu de génois; encore des rafales, nous arrivons à la passe et rentrons le tout… Nous sommes encore bien secoués en remontant vers le mouillage, et nous ne sommes pas fâchés de jeter l’ancre! Le mouillage est assez remuant, la nuit s’annonce agitée…
Vendredi, réveil aux aurores: cette fois, on part tôt! Nous devons auparavant passer à terre pour acheter une nouvelle bouteille de gaz, l’ancienne s’est vidée au milieu de la cuisson du gâteau au chocolat de la veille, et nous réussissons à lever l’ancre à 8h30! Nous préparons le spi, mais finalement la traversée s’effectue uniquement au génois: le vent est établi entre 18 et 23 noeuds, avec des rafales jusqu’à 25 noeuds, nous faisons une moyenne de 5,5 noeuds, toujours en vent arrière. La houle est assez impressionnante, et nous sommes bien contents de l’avoir dans le dos, surtout quand nous croisons des bateaux qui reviennent de Bora Bora, au moteur et avec la houle dans le nez!
Nous atteignons la passe de Bora Bora vers 13h30, et c’est parti pour le tour du lagon! Encore 2h de navigation cette fois bien tranquille, au milieu de l’eau turquoise; à notre droite le mont Otemanu, et à notre gauche de magnifiques motus qui se succèdent. Nous longeons les hôtels sur pilotis qui font partie de la carte postale de Bora Bora, et jetons l’ancre à 15h30 au mouillage au sud-est du lagon: c’est splendide! La baignade qui suit est amplement méritée…
Le programme des jours à venir: plage, snorkeling en dérivante, jardin de corail, et, peut-être, des baleines…

la traversée!

Recette facile de pain rapide

Pain “mou” qui se conserve 2-3 jours

Ingrédients:
– 400gr de farine (de blé blanche T45, ça fonctionne très bien)
– 3 cuillère à café de levure du boulanger (ou un sachet)
– 1 cuillère à café de sucre roux
– 1 cuillère à soupe d’huile d’olive (pour un pain moins friable)
– 320ml d’eau: 250ml d’eau de mer + 70ml d’eau (ou à priori de lait, mais je n’ai pas encore essayé)

Préparation:
1) Dans un bol, ajouter la levure, le sucre et un peu d’eau tiède (idéalement 37°, pas plus de 40° sous peine de tuer les levures) et mélanger. Laisser gonfler pendant 5 à 10 min.
2) Dans un saladier: ajouter la farine, la levure une fois prête, l’huile et l’eau tiède peu à peu tout en battant. La pâte doit être homogène.
3) Verser dans un moule à cake. Mettre le tout dans le four éteint et laisser gonfler 2 heures (Lotus fait 30 min mais peut démarrer le four sans ouvrir la porte -sous peine de voir le pain se dégonfler-)
4) Cuire 40 min à feu doux (on le laisse même dans le four le temps que celui-ci refroidisse)

Huahine

Hue, Huahine

Plan de Nav

Après toute cette attente à Papeete et Taina, on est impatient de partir ! Le vent indiqué est de 10-15 Noeuds en grand largue une fois que l’on aura quitté la protection de l’île de Tahiti. On espère donc faire du 7 noeuds de moyenne (héhé, on est encore des jeunes Padawan) et mettre une quinzaine d’heures pour faire les 90 miles de navigation.

Pour arriver de jour, nous prévoyons de partir en fin d’après midi et de naviguer essentiellement de nuit. C’est notre première nav de nuit tout seuls ! (la seule qu’on ait faite était avec Skipper à Bandol en Méditerranée )

C’est parti!

Après des derniers achats sur place (chaine inox pour l’annexe afin de ne plus se mettre plein de rouille sur les mains à chaque fois qu’on l’attache, colle pour remettre le rail de led sous la nouvelle machine, et plein d’autres petites choses), on largue les amarres vers 16h.

2 rameurs profitent de notre sillage le temps que l’on rejoigne la passe, la lumière est magnifique et cela fait un petit pincement de quitter Tahiti, où on a déjà passé de si bons moments !

La passe est agitée (gros bouillons, houle de travers), mais avec les 2 moteurs et de la vitesse, on traverse aisément. Le vent se fait trop timide à la sortie, donc on continue au moteur direction plein nord pour quitter le cône protégé par l’île.

Petit à petit le vent augmente, la nuit commence à tomber, et comme on ne se voit pas faire notre première nav de nuit sous spi, on met juste le génois. Le temps est magnifique, la lune presque pleine nous éclaire, la houle avec ses longues ondulations nous pousse gentiment dans la bonne direction. Il est 19h30, Leslie fera le premier quart, je vais me reposer ( magie: je m’endors très rapidement)

1er quart

(c’est Leslie qui raconte) Évidemment qu’il dort comme un bébé, avec un telle navigatrice à la barre, il peut dormir sur ses deux oreilles!
La nuit est effectivement magnifique, et avec la houle qui nous fait un peu surfer, l’allure est vraiment agréable. Je me détends petit à petit (oui, bizarrement, un peu stressée au départ…), je profite du bruit de l’eau sur la coque et des doux mouvements de balancier du navire. Avec le pilote automatique enclenché, il n’y a finalement pas grand chose à faire pendant le quart, j’en profite pour éditer quelques images sous-marines prises à Taina (nous avions trouvé un nouveau spot de plongée bien sympa avec une petite épave), lire tranquillement (en mettant un réveil toutes les 10 minutes, le bercement continu commence à faire son effet), et même sortir le ukulele. Quelle classe de travailler ses accords sur le siège de barre, face aux étoiles! J’arrive même à la fin de mon quart à maîtriser le Sib mineur…
Vers 1h le vent a beaucoup baissé, notre vitesse de pointe est autour des 2,8 – 3 noeuds, je vais réveiller Vincent pour tenter l’option Grand-Voile (bien mal m’en a pris, je spoile un peu le paragraphe suivant, mais elle a fait un bruit d’enfer tout le reste de la nuit et j’ai dormi à peine 1h30…)

2ème quart

1h30, Leslie me réveille, et je me prépare pour mon quart. Le vent est seulement de 7-9 noeuds, et nous avançons à ce moment là à 3 noeuds (après une moyenne de 4). Ça va être juste pour arriver avant le lendemain soir! On décide d’ajouter la grand voile. Allez, hue ! En pratique, cela ne nous a pas fait gagner grand chose à cette allure, à part des battements de baume en fonction de la houle (même celle-ci attachée). Leslie part se coucher vers 2h30. C’est donc à 4 noeuds de moyenne que nous continuons.
Je profite de la lune, des nuages et des grains qui passent au loin, un porte container et un ferry nous croisent sur l’horizon.
La lune disparait et c’est 30 minutes de noir profond avant que le soleil se lève…. magique!

Spi

6h, la luminosité est bonne, il est temps de mettre le spi pour accélérer ! (l’ordinateur de bord indique une arrivée à la passe vers 21h à notre vitesse de tortue…de terre, car dans l’eau, elles filent !)
On a bien tout préparé, selon le manuel qui dit (au contraire du livre des Glénans), de garder la grand voile et rouler le génois.
Cela se déroule pas trop mal, mais avec la houle qui lui imprime de grand mouvements et la grand voile qui le dévente, le tout avec peu de vent, le spi ne tient pas bien et se replie régulièrement sur lui même.
On le remet dans sa chaussette, pose 3 ris à la grand voile pour limiter la dévente et c’est reparti ! Mais le temps de faire ça, le spi a visiblement eu le temps de tourner sur lui même et ne se déploie pas.

On est fatigués, il est temps de prendre un petit déjeuner, c’est donc avec un moteur qu’on avance (et une voile au 3ème ris). 5,5 noeuds, l’heure d’arrivée prévue est de nouveau raisonnable.

Une fois les forces reprises, on sort le spi entièrement de sa chaussette sur le pont en l’attachant régulièrement pour qu’il ne se gonfle pas; on lui trouve 2 tours entre lui et sa chaussette (bizarre). Ça n’a pas dû aider sa mise en place le matin…

10h, on est tout bon ? On y va ? Euh… le vent est tombé à 5 noeuds, on laisse tomber, on range complètement la grand voile et profitons de la navigation (au moteur donc 🙁 )

13h45, le vent forcit de nouveau à 9-11 noeuds.
Je suis toujours à fond: « on met le spi » ? Bizarrement Leslie n’était plus super motivée.. j’utilise mon joker: « on essaie 15 minutes, si ça fonctionne pas, on met le génois et on continue appuyé au moteur »
Et là, le miracle opère: sans grand voile, les tours enlevés, ça se déploie tout seul, il est magnifique !
Par contre, nous n’avançons qu’à 4,5 noeuds, nous gardons donc un petit appui moteur pour rester à 6 noeuds et arriver avec assez de marge tout au fond du chenal (1H30 de chenal), où nous attend Lotus, avant la nuit.

Huahine !

Huahine se découpe à l’horizon, une baleine vient nous accueillir et repart. Nous approchons suffisamment pour faire des échanges radio avec Lotus.

Notre bateau pris depuis le mouillage par Lotus! Mais quel beau spi!!

Avec l’effet venturi près de l’île, le vent forcit assez pour que l’on coupe le moteur (12noeuds !). Nous longeons ainsi le récif sans autre bruit que la houle qui roule et s’écrase avec fracas sur celui ci (en quelque centaines de mètre la profondeur passe de 1000 mètres à 0!), c’est vraiment impressionnant.

Le Spi quand à lui opère sagement le passage de large tribord, au vent arrière puis au large bâbord à l’aide de nos réglages…

16h30, nous sommes à la passe. C’est un trajet magique qui nous attend pour rejoindre le mouillage tout au sud, avec le soleil couchant sur l’eau transparente, la végétation luxuriante, les paysages qui se découpent et défilent sous nos yeux..

On mouille ?

17h50, le soleil est tout juste couché, on fait (vraiment) confiance à Julien pour le rejoindre sur un plateau de sable. Le sondeur bippe et indique 1,1m pour un cata d’1,16m de tirant d’eau: Julien tu es vraiment vraiment sûr ? Il y aura en effet encore 20cm d’eau sous la quille et on est marée basse (on surveillera la houle tout de même)
C’est bon, on est positionné ? Leslie envoie l’ancre ! Comment ça, ça fait juste « clic clic ? ». Rhaaaaaa !
J’essaie aussi, Julien vient nous aider, desserre le frein, mais rien à faire ça ne descend pas. Le tout avec suffisamment de courant pour qu’il faille en permanence quelqu’un à la barre pour compenser.

on aperçoit la mine déconfite de Leslie devant le guindeau en panne…

On jette l’ancre de secours. C’était au final juste le disjoncteur qui avait été coupé par inadvertance lors des travaux moteurs de Papeete, et moi qui au lieu d’enlever le frein avait mis la sécurité qui empêche le guindeau de se dérouler. On a encore beaucoup à apprendre !

On est tous ravis de retrouver Lotus et c’est autour d’un bon apéro (et de rhum) que l’on se raconte toutes nos aventures!

Le film!

Voici quelques images admirablement filmées et montées par Leslie :

Tahiti

On dormira à Moorea…?

Mercredi 14 août:

C’est décidé, c’est le jour de la grande traversée, en tout cas notre première navigation digne de ce nom! Direction Moorea, l’île voisine qui nous offre depuis notre arrivée de sublimes couchers de soleil.
Après la classe du matin (la rentrée à Tahiti a eu lieu mardi, on s’est calé aussi sur le calendrier scolaire ^^), nous préparons le bateau, et c’est parti! La météo prévoit cette fois du vent, qui arrive par le nord-est. Idéal pour naviguer vers le nord-ouest, pas trop de houle. Nous prévenons différents copains de notre départ et notre arrivée imminente, et nous prenons la passe qui nous mène vers le large. Passe beaucoup plus tranquille que dimanche, avec moins de risque de heurter un paddle ou un canoé…
Nous hissons la grand voile, et nous préparons à couper les moteurs, quand Vincent remarque que le moteur bâbord s’est déjà coupé pendant la manœuvre… Après plusieurs tentatives, nous nous rendons à l’évidence: il ne redémarra pas comme ça.
Deux choix alors: faire immédiatement demi-tour, ou poursuivre la croisière pour profiter du vent, ce qui permettra à Vincent de jeter un coup d’oeil au moteur. Ce n’est peut-être qu’un faux contact? Nous choisissons la 2ème option, et déroulons le génois, filant à plus de 6 noeuds avec un vent de 12 noeuds de moyenne, ça fait du bien de naviguer!
Les filles apprécient beaucoup le pique-nique, surtout les chips, et supportent très bien la houle et les mouvements du bateau.
Vincent met un harnais (bon finalement c’était de trop) et passe un moment avec le moteur, testant la batterie et divers composants, qui malheureusement fonctionnent tous très bien… Nous arrivons à portée de vue de la magnifique plage de Moorea, bordée de cocotiers qui se dessinent sur l’horizon, rendant la décision encore plus difficile à prendre: il faut faire demi tour… Les spécialistes de moteur et toutes les pièces sont à Tahiti, nous serons plus efficaces sur la grande île. De plus la perspective de faire plusieurs fois des manœuvres avec un seul moteur nous inquiète un peu (avec raison, comme on va le voir plus tard)
Magnifique virement de bord, le retour s’effectue au près, et c’est assez agréable de ne pas giter, l’allure est plaisante et les filles profitent à fond de leur navigation. Nous guettons les baleines, qui sont sensées commencer à arriver dans les eaux tahitiennes, mais elles ne se montrent pas.

Notre 2ème navigation

En arrivant dans la passe qui nous ramène à notre coffre d’amarrage, nous contactons Julien et Elodie, nos nouveaux copains du bateau Lotus! Ils sont arrivés il y a quelques jours à la marina de Taina, connaissaient très bien les anciens propriétaires de Fakarever, et ils ont deux filles, Violette (9 ans) et Lilas (5 ans).

Agathe et Cécilie sont ravies de ces nouvelles copines sur l’eau! Nous avions passé l’après-midi de la veille ensemble, avec une plongée à l’Aquarium, et un goûter sur Lotus!


Mais là ce n’est pas (encore) l’heure de l’apéro, nous avons besoin d’aide pour nous amarrer au coffre, car avec un seul moteur le cata peut avancer mais manœuvre plus difficilement. Il y a beaucoup de bateaux autour de notre bouée et évidemment beaucoup de vent ce soir-là, donc nous ne sommes pas de trop de 4 adultes + l’annexe qui pousse à bâbord pour réussir à passer un bout dans le corps-mort… Beaucoup d’émotions pour cette fin de navigation!
Nous prenons le goûter avec l’équipage de Lotus, pendant que Vincent et Julien tentent un premier diagnostic sur le moteur – malheureusement sans succès – puis les filles sont invitées à une soirée pyjama-bateau!

Elles préparent leur sac avec enthousiasme, et c’est bien chargée que l’annexe de Lotus repart, nous abandonnant tous les deux un peu seuls à bord… Nous en profitons pour nous changer les idées: douche, vêtements propres, et nous nous offrons un resto sur la marina!

Nous récupérons les filles le lendemain, et repartons avec Violette dans notre annexe pour aller plonger sur le récif non loin du bateau. Et là, ça y est! Un beau requin pointe noire passe nonchalamment à portée d’objectif, et la photo est assez bonne pour qu’on me croie cette fois ^^…

Repas avec les Lotus à bord de Fakarêver, et l’expert moteur Yanmar arrive en milieu d’après-midi: ce serait un problème d’arrivée du diesel au moteur. Il nous faudrait une poire pour aller plus loin, mais évidemment le 15 août tout est fermé. Ce sera pour demain.
Moorea va nous narguer quelques jours encore…

les miss!