Le blog de notre année sabbatique en famille sur un voilier en Polynésie

Bora Bora

Bora Bora: un paradis?

Bon, réglons ça tout de suite: oui, la lagune de Bora est magnifique, bleu turquoise, le sommet en plein milieu de l’île est splendide et permet des photos incroyables, l’eau est transparente, il y a des beaux poissons… ça pourrait s’apparenter à une idée du paradis, tant vanté sur les magazines et les affiches dans les agences de voyage.

Mais… L’enfer, c’est les autres? Les autres touristes, sans aucun doute. Serait-ce de l’égoïsme que de vouloir garder tout ça pour nous? Certainement. On prend de mauvaises habitudes dans nos mouillages isolés? Peut-être bien…
Retour un peu brutal à la civilisation: les grands hôtels sur pilotis tout autour du lagon impliquent une valse de petits bateaux à moteur, menant leurs passagers aux différents spots de plongée, à terre, sur les motus; les jet-skis s’en donnent à cœur joie, et il y a même un hélicoptère qui fait des rotations en partant des différentes plages des hôtels. Rien de bien méchant en sorte, si ce n’est du bruit et des vagues… et nous ne sommes pas en pleine saison. Comment ça on est des vieux loups de mer râleurs?
C’est vrai que le touriste est roi à Bora, mais à condition qu’il paie: l’arrêté 2442 régissant les mouillages à Bora Bora interdit de mouiller en dehors de certaines zones prédéfinies (jusque là, pourquoi pas). Mais ces zones sont gérées par une compagnie de bouées “Bora Bora Moorings Services” (sans site web) qui, sous couvert de « meilleure gestion du lagon», impose aux bateaux la location de ces bouées (à tarif Bora Bora-esque: 30$ la nuit, 50$ les 3 et 100$ la semaine), en leur interdisant de jeter l’ancre dans ces zones (« On empiète sur le cercle d’évitement »)… alors que certaines sont peu profondes, sablées, donc sans danger pour les coraux – contrairement à la crème solaire dont se tartinent les touristes en plongée…
Bref. Rien de bien grave dans notre microcosme de privilégiés :o)! Mais on avait perdu l’habitude de ne pas faire ce qu’on veut quand on veut et de ne pas avoir à décider à l’avance le nombre de nuits exactes que l’on va passer à un endroit…

Nous avons tout d’abord mouillé au SE de l’île, près du motu Fanfan: nous sommes presque seuls samedi en fin d’après-midi, mais vite rejoints par quelques catamarans de location en provenance de Raiatea. Nous faisons une plongée en dérivante (nous nous laissons portés par le courant avec l’annexe accrochée autour de Vincent) près de la barrière de corail, où nous croisons de très nombreux requins pointes noires, des raies pastenagues, et des petits poissons à deux selles mêlant leurs couleurs vives aux nuances de gris de leurs grands cousins. Le jardin de corail, près du Motu Piti uu Uta, est très joli, nous y croisons de beaux bancs de poissons, ainsi que deux poissons pierres impressionnants (leur piqûre peut être mortelle et en tout cas très douloureuse; on ne s’est pas trop approché).

La plongée en dérivante et le jardin de corail

Nous profitons également de l’immense plage du motu pour tester les raquettes de Beach Ball offertes par Lotus! Les filles ramassent des coquillages, s’ébattent dans les 50 cm d’eau qui s’étalent sur plusieurs dizaines de mètres, un bel après-midi!


Le gestionnaire du parc des bouées nous ayant dit que l’arrêté n’était en fait pas encore en vigueur (mais ses tarifs tout à fait appliqués), nous changeons de mouillage lundi pour nous mettre du côté du Lagoonarium, entre le Méridien et Le Saint Régis Resort. Pas de bouée ici, donc essentiellement des voisins en monocoques qui ont moins la bougeotte.

Nous testons le spot de plongée Anau, au milieu du lagon, qui accueille régulièrement des raies manta; elles n’y sont pas, mais les coraux en revanche nous éblouissent: les massifs sont gigantesques, et descendent jusque dans le tombant, duquel remontent des nuées de poissons scintillants et colorés. Lors de notre première balade nous apercevons une tortue qui s’enfuit à tire de nageoires, mais le lendemain, la chance nous sourit: nous remontons sur l’annexe après une jolie randonnée au milieu des massifs corallien, quand j’aperçois des mouvements d’eau à une trentaine de mètres de nous, au milieu des algues, là où le corail affleure. Vincent m’encourage à me remettre à l’eau, et je palme sans grande conviction dans 50 cm d’eau, rentrant le ventre et serrant les dents. Lorsque je parviens à une eau un peu plus profonde, je vois le bout d’une queue disparaître derrière une patate. C’était donc une tortue… Je continue jusqu’à l’endroit où elle s’est volatilisée, guettant les collines devant moi, admirant une dernière fois toutes les nuances de jaunes et de bleu, puis je fais demi-tour. Et qui est là, m’observant depuis 5 minutes? La tortue, cachée sous un surplomb de corail. Je m’approche doucement, elle continue de me scruter du coin de l’oeil; je commence ma séance photo, elle ne bronche pas. Je tente des signaux vers l’annexe pour communiquer la trouvaille (comment on fait un R avec les mains déjà…), et retourne dans ma contemplation reptilienne. Sous son regard de sphinx, je finis par m’en aller, rencontre Vincent en chemin, le ramène (en hésitant sur le chemin à suivre, c’était à gauche de cette patate? ou de l’autre?), et elle était toujours là, très zen. Finalement convaincue qu’on ne la transformerait pas en soupe, elle sort de son antre et volète de place en place, tantôt marchant sur les polypes, tantôt planant délicatement, nous gardant toujours à l’oeil. Une danse se met à place doucement, la confiance s’installe, et nous nageons de conserve un bon quart d’heure. Elle finit par reprendre sa respiration, puis plonge plus profondément vers le tombant; nous la laissons, reconnaissants de cette belle rencontre.
J’avais promis que je consacrerai une vidéo aux tortues, la voilà ^^!

Plongée à Anau


Nous nous rendons aujourd’hui dans un nouveau mouillage, au SO de l’île, derrière le motu Toopua; Vincent a la bonne idée de couper les moteurs pour la remontée du lagon, nous profitons donc tranquillement de toutes ses nuances de bleu, des profils du mont Otemanu, et des navettes et voiliers charter qui nous doublent à toute vitesse, zut je recommence à râler :o) …
Nous nous arrêtons près de Vaitape, la grande ville de l’île, pour une pause ravitaillement: en diesel et essence tout d’abord (station Total un peu au nord de Vaitape qui accepte la detaxe gasoil), puis un petit tour au super U (pas loin et avec de quoi s’amarrer juste en face) pour faire le plein de poissons, de farine, d’œufs, de fruits, de légumes… nous n’avons pas mangé toutes les courses de début septembre, mais comme nous envisageons de partir directement aux Tuamotus pour plusieurs mois, nous prenons nos précautions! A quoi nous servirait d’être dans les plus beaux atolls du monde si nous n’avons plus de quoi faire des gâteaux au chocolat ^^?

Nous prenons une bouée dans le nouveau mouillage, derrière le motu Toopua, et là: on est bien…. on retrouve les grands espaces, un seul hôtel à l’horizon… et pas de jet-ski… l’impression de retrouver notre paradis perdu…

Raiatea

De Raiatea à Bora

Non seulement nous avons mieux dormi dans notre nouveau mouillage, dans la baie de Vaiaeho, mais nous nous y sommes sentis tellement bien que nous sommes restés une bonne semaine ancrés là, sous le point culminant de Raiatea, le mont Tefatua (1017 m d’altitude)… Une gigantesque falaise percée de cascades, pas besoin de chercher bien loin: on a retrouvé notre Chartreuse protectrice…


Les fonds coralliens sont magnifiques, avec quelques tortues et raies léopards, une eau bien chaude, la mer est calme malgré le vent qui s’enfile par une trouée du massif montagneux, que demander de plus?
Une course de va’a! Nous sommes aux premières loges (ils passent à 30 cm du bateau) pour admirer et encourager les rameurs de V6, des va’a 6 places, qui se préparent lors de cette épreuve à la fameuse course Hawaiki Nui, qui aura lieu début novembre, entre Huahine et Bora Bora!
Le temps se gâte ensuite, avec beaucoup de pluie, transformant notre lagon bleu turquoise en eaux troubles et boueuses. Ces intempéries nous permettent d’avancer dans le programme scolaire, en faisant de longues sessions d’école le matin, de lire, de jouer aux Playmobils, de nous reposer et de décompresser! Ces deux premiers mois en Polynésie ont été riches en émotions et en expériences variées, cela nous fait un bien fou de ne rien faire!

Vincent (n’ayant rien à réparer edit: ayant fini de réparer l’impeller des toilettes électriques ) se métamorphose en boulanger, et fait ses premières expériences de pain maison: c’est testé et approuvé par les filles! (recette adaptée de Lotus en fin d’article)

J’en profite pour faire des essais de transformation de nacres: ça fait plein de bruits et ça met de la poussière partout, mais c’est très satisfaisant ^^!

Nous attendons une météo plus clémente pour nous rendre sur Bora; lorsque le soleil repointe le bout de son nez nous enchaînons les lessives, profitant du vent constant pour tout sécher rapidement (draps secs en 1h, qui dit mieux ?). Nous testons le restaurant de l’hôtel Fare Vai Nui, qui partage notre baie, et sommes très bien reçus par le patron et sa cheffe patissière! Nous nous régalons de poissons et de desserts maisons; les filles jouent sur le ponton avec les enfants d’une famille Polynésienne venue fêter l’anniversaire d’un grand gaillard, et pendant que Cécilie se fait offrir un bout de gâteau au chocolat par le benjamin de la famille, Agathe échange avec la cadette sur la possibilité de faire le tour du monde en bateau en 80 jours…

petit tour en paddle jusqu’au motu


Nous pensons décoller de la baie jeudi, mais finalement restons une journée de plus: les éclairages ne fonctionnent plus dans la chambre d’Agathe, SuperVincent s’insère dans le circuit électrique du bateau et trouve la panne! (cosse mangée par le sel en fond de cale, 4h pour trouver!) Mieux encore, il la répare… Toujours aussi efficace, sa persévérance et son ingéniosité m’épatent à chaque fois…
Enfin, vendredi 11 octobre, nous levons l’ancre: beau temps, belle mer, ça devrait le faire.

Bora droit devant!

Sauf que… on n’avait pas vraiment bien regardé la distance entre Raiatea et Bora, le GPS nous annonce une arrivée au mouillage à 18h30… ça va pas le faire, c’est trop juste, on nous a prévenu qu’il y a des patates de corail à éviter dans le lagon de Bora, on a besoin d’un bonne visibilité. Nous quittons notre vent arrière bien confortable, sous spi, pour nous détourner vers Tahaa: nous visons le mouillage près de la rivière de corail, facile d’accès et pas trop loin de la passe. Le vent s’est entretemps levé, nous arrivons entre Tahaa et Raiatea où le vent s’engouffre assez violemment, nous devons changer d’allure: le spi est rangé, la grand’voile et le génois sortis. La houle est de travers, et une vague un peu plus forte fait tomber quelques assiettes dans le carré: petite panique chez les filles, pas encore habituées à ce type de navigation. Le vent forcit encore, nous posons un ris à la grand’voile, puis rentrons un peu de génois; encore des rafales, nous arrivons à la passe et rentrons le tout… Nous sommes encore bien secoués en remontant vers le mouillage, et nous ne sommes pas fâchés de jeter l’ancre! Le mouillage est assez remuant, la nuit s’annonce agitée…
Vendredi, réveil aux aurores: cette fois, on part tôt! Nous devons auparavant passer à terre pour acheter une nouvelle bouteille de gaz, l’ancienne s’est vidée au milieu de la cuisson du gâteau au chocolat de la veille, et nous réussissons à lever l’ancre à 8h30! Nous préparons le spi, mais finalement la traversée s’effectue uniquement au génois: le vent est établi entre 18 et 23 noeuds, avec des rafales jusqu’à 25 noeuds, nous faisons une moyenne de 5,5 noeuds, toujours en vent arrière. La houle est assez impressionnante, et nous sommes bien contents de l’avoir dans le dos, surtout quand nous croisons des bateaux qui reviennent de Bora Bora, au moteur et avec la houle dans le nez!
Nous atteignons la passe de Bora Bora vers 13h30, et c’est parti pour le tour du lagon! Encore 2h de navigation cette fois bien tranquille, au milieu de l’eau turquoise; à notre droite le mont Otemanu, et à notre gauche de magnifiques motus qui se succèdent. Nous longeons les hôtels sur pilotis qui font partie de la carte postale de Bora Bora, et jetons l’ancre à 15h30 au mouillage au sud-est du lagon: c’est splendide! La baignade qui suit est amplement méritée…
Le programme des jours à venir: plage, snorkeling en dérivante, jardin de corail, et, peut-être, des baleines…

la traversée!

Recette facile de pain rapide

Pain “mou” qui se conserve 2-3 jours

Ingrédients:
– 400gr de farine (de blé blanche T45, ça fonctionne très bien)
– 3 cuillère à café de levure du boulanger (ou un sachet)
– 1 cuillère à café de sucre roux
– 1 cuillère à soupe d’huile d’olive (pour un pain moins friable)
– 320ml d’eau: 250ml d’eau de mer + 70ml d’eau (ou à priori de lait, mais je n’ai pas encore essayé)

Préparation:
1) Dans un bol, ajouter la levure, le sucre et un peu d’eau tiède (idéalement 37°, pas plus de 40° sous peine de tuer les levures) et mélanger. Laisser gonfler pendant 5 à 10 min.
2) Dans un saladier: ajouter la farine, la levure une fois prête, l’huile et l’eau tiède peu à peu tout en battant. La pâte doit être homogène.
3) Verser dans un moule à cake. Mettre le tout dans le four éteint et laisser gonfler 2 heures (Lotus fait 30 min mais peut démarrer le four sans ouvrir la porte -sous peine de voir le pain se dégonfler-)
4) Cuire 40 min à feu doux (on le laisse même dans le four le temps que celui-ci refroidisse)

Raiatea

Ce ne sont que des au revoir…

samedi 28 septembre 2019, une page se tourne dans notre voyage: Lotus, notre compagnon des premières heures, prend la route pour la Nouvelle Zélande; d’abord huit jours de navigation jusqu’aux Tongas, puis une autre semaine jusqu’à la terre des All Blacks. Son départ nous laisse tous un peu orphelins: Agathe et Cécilie ont profité d’une énième soirée pyjama chez leurs copines Violette et Lilas, et l’ultime soirée jeux s’est étirée jusqu’à 1h30 du matin, chacun intimement persuadé qu’il n’était que 23h30…

Ils nous auront accompagnés lors de nos premières mouillages, immortalisé nos expériences variées avec le spi, partagé nos nages avec les mantas… une bien belle rencontre en ce début de voyage! A nous maintenant de trouver notre indépendance, de grandir en tant que navigateurs, et on espère se recroiser l’été prochain en métropole!


dimanche 29 septembre, le maraamu (un fort vent de S-E) nous chasse de notre mouillage à Tahaa, nous y reviendrons très bientôt promis, et nous descendons sur Raiatea, près de la pointe de Mirimiri: nous y serons à l’abri ces quatre prochains jours.

Nous avons accès depuis notre mouillage au ponton du Raiatea Lodge, qui propose lundi une soirée polynésienne, avec démonstration de pareo, confection de couronnes de fleurs, et danses! C’est l’école de danse locale qui régale, et la plus jeune des danseuses a 5 ans! Il semblerait que ce soit une histoire de familles, beaucoup des musiciens sont des papas ou des frères, voire des cousins, l’ambiance est très sympa! Les filles sont invitées à danser, et on mesure la marge de progression qu’il reste à combler avant d’être au niveau ^^…

Le lendemain nous louons une voiture, pour faire quelques courses à Uturoa, la grande ville, ainsi que le tour de l’île. Uturoa nous fait un peu penser à une ville du Far-West: une ou deux grandes rues principales, bordées de boutiques qui vendent de tout, les trottoirs sont surélevés et protégés par les avancées des toits des magasins. Il ne manque que la terre battue et les abreuvoirs pour les chevaux…

street art!

En roulant dans les faubourgs, on s’aperçoit rapidement que le niveau de vie à Raiatea est plus élevé qu’à Huahine: il y a davantage de belles maisons « en dur » et beaucoup plus de commerces. L’état de la route circulaire est comme d’habitude impeccable , avec des points de vue à couper le souffle sur les baies et des falaises vertigineuses: le Mont Tefatua culmine à 1 017m, et justifie pleinement le nom de ce blog!

Nous visitons une ferme perlière sur la côté est de l’île: c’est justement le jour de la récolte des perles. Nous pouvons donc assister à la délicate opération d’ouverture des coquilles et de l’échange de la perle (seulement si elle est jolie!) avec un nouveau nucleus: il s’agit d’une petite boule de nacre blanche, découpée par les Japonais à partir d’une huître du Mississipi. C’est autour de celui-ci que l’huître, sécrète une couche de nacre qui enveloppe ce nucleus et forme la perle. Lors du premier ajout de nucleus, un greffon – issu du manteau d’une huître choisie pour la qualité de la couleur de sa nacre – est ajouté et c’est ce qui déterminera la couleur de la ou des perles que l’huitre produira.
Une huître est greffée pour la première fois dans sa 3ème année: si elle rejette la greffe, elle ne sera pas remise à l’eau avec les autres; si elle a donné une perle, le greffeur la récupère et met à sa place un nucleus de même taille que la perle sortie: l’huître va continuer à entourer ce nucleus, de la même couleur que la perle précédente (pas besoin d’un nouveau greffon). Lorsqu’elle a donné trois perles, donc au bout de trois ans, elle n’est plus utilisée par les perliers, sachant qu’entre chaque perle le risque de rejet existe. C’est une culture avec un fort pourcentage de risque, le rendement n’est qu’autour de 65-70%, et une grande partie d’entre elles n’est pas parfaitement ronde: elles peuvent être allongées (sous forme de poire), bosselées, rainurées… Il existe des catégories de perles, de A, les parfaites, à D, en fonction donc de leur forme, de leur aspect lisse, de leur brillance… Tout un monde!


Nous continuons notre tour, en prenant LA deuxième route, la traversière, qui coupe à travers l’impressionnant massif montagneux de l’île. Nous parvenons à louper le belvédère indiqué sur la carte, mais nous nous régalons quand même! A ce propos, nous arrivons dans une partie de l’île plus déserte, nous nous arrêtons pour déjeuner à l’hôtel assez confidentiel Opoa Beach, dont le restaurant nous propose de très bons poissons crus! Les filles se régalent de brochettes de poulet à l’ananas, ce dernier particulièrement succulent…


Nous nous rendons ensuite sur le plus grand site archéologique de Polynésie: le Marae Taputapuatea, qui est le seul de ces îles à avoir eu un rayonnement international: lorsque les habitants des îles du Pacifique voulaient implanter un nouveau marae, ils devaient se rendre à celui de Raiatea pour en prendre une pierre qui participera à l’édification du leur. Il fait partie du Patrimoine mondial de l’Unesco, et le site est très bien mis en valeur; des recherches archéologiques ont encore lieu, il reste encore beaucoup d’inconnues sur la civilisation polynésienne pré-européenne. Les filles se sont surtout intéressées à deux employés qui cueillaient des noix de coco avec un tracteur, et aux crabes des cocotiers qui se cachaient dans leur trou à leur approche…


Dernière étape dans notre tour: nous sommes attendus à 15 heures chez Christiane, une collectionneuse de coquillages! Elle accueille chez elles les curieux pour leur faire découvrir une toute petite partie de ses 2500 spécimens, et c’est passionnant: toutes les formes, toutes les couleurs, toutes les tailles, avec chacun leurs particularités (telle espèce dissout sa nourriture avec un acide, telle autre lance un de ses sept mini javelots capables de transpercer les petits poissons…)… Christiane est ravie de partager sa passion, un de ses amis collectionneurs est également présent et ajoute quelques précisions (il publie dans les semaines à venir un livre, en collaboration avec eux autres spécialistes, qui fera date dans le milieu du coquillage, paraît-il). Nous ressortons deux heures plus tard bien plus savants qu’en entrant. Nous retenons surtout qu’il y a très peu de coquillages en Polynésie, on trouve les plus beaux et les plus gros aux Philippines, d’où ils seraient partis coloniser le monde, et peu d’entre eux sont parvenus jusqu’ici… Les filles ont la chance de se voir offrir trois beaux spécimens chacune!


Nous terminons notre tour avec un beau coucher de soleil et quelques courses à Champion, nos provisions pharaoniques commencent à s’amenuiser (surtout celles de chocolat).
Aujourd’hui jeudi 3 octobre nous changeons de mouillage, le vent est repassé à l’est et s’engouffre entre Raiatea et Tahaa, malmenant notre bateau à l’ancre. Nous descendons un peu plus au sud, et notre nouveau mouillage, près de la passe Toamaro est magnifique, entre motu et falaises verdoyantes; même si le vent souffle encore pas mal, il est plus en phase avec le courant, nous devrions mieux dormir cette nuit!

En bonus: la recette du gratin de Uru, aussi appelé fruit de l’arbre à pain!

Prenez un fruit bien mûr (des gouttes de sève doivent s’en échapper)
Laissez-le reposer la nuit
Le lendemain, épluchez-le et retirez le centre

Découpez le en fines tranches, et faites des couches dans le plat à gratin en alternant avec de la crème fraiche.

Une bonne heure au four, et c’est prêt! Le goût est proche de celui de la pomme de terre, mâtiné de celui de la châtaigne… C’est exquis!
Lorsque le uru est très mûr, son goût est encore plus sucré, et c’est excellent en purée!

Des nouvelles du régime de bananes reçu à la vanilleraie: il a bien mûri, et a été dépouillé cet après-midi de toutes ses bananes, qui ont été épluchées, coupées en morceaux et congelées… pour de futurs gâteaux!

Tahaa

Des coraux, des bougies…et du rhum!

Nous changeons de mouillage, et contournons Tahaa par le nord, sous spi encore une fois (on ne s’en sépare plus!), avec la magnifique surprise de découvrir Bora Bora en passant la pointe Nord, c’est splendide! Lotus est parti une heure avant nous, en optant pour le sud, nous n’arrivons pas bien longtemps après eux ( et pas peu fiers), ce qui leur permet de filmer notre arrivée dans ce mouillage (encore une fois) merveilleux!

Lotus et Fakarêver


Nous sommes cette fois complètement à l’ouest de l’île, à côté du motu Tau Tau; entre les îlots de celui-ci passe un petit bras de mer, qui s’est fait colonisé par des milliers de coraux, proposant une magnifique rivière de corail. Dans deux mètres d’eau, poussés par un léger courant, les nageurs sont portés à travers des forêts multicolores et protéiformes, au milieu de bancs de poissons curieux et joueurs, qui les accompagnent dans leurs déambulations aquatiques.


Nous nous rendons tous les jours sur ce lieu magnifique, les filles prennent petit à petit de l’assurance – et moi aussi, mais je préfère lorsqu’il y a un peu plus de fond: nous nous sommes retrouvés plusieurs fois bloqués dans ce dédale corallien, étant sortis du chenal touristique, et obligés d’enjamber les patates très gracieusement, les palmes aux pieds…
Une des ces journées se termine en apothéose lorsque, en train d’étendre les serviettes, j’aperçois des remous à quelques dizaines de mètres du bateau; après quelques minutes d’observation attentive, et corroborée par les yeux des filles, nous sautons dans l’annexe (Vincent était encore dedans), et nous nous approchons de cette grosse chose aquatique: ce n’est pas un dauphin, c’est trop stationnaire; c’est noir, un aileron sort, une baleine?? non trop petit… et un petit bout de blanc émerge: une raie-manta! Évidemment je plonge, mais je n’ai pas eu le temps de prendre mes palmes, je peux juste capturer quelques images avant qu’elle ne me sème très facilement…
Le 27 septembre, nouvel anniversaire à bord: celui du capitaine! Sachant que le soleil se lève à 6h, qu’il se couche à 18h, et qu’il y a trois filles à bord, quel est son âge?? Il a droit à un beau petit déjeuner avec des cadeaux personnalisés de la part des filles, puis d’un gratin de Uru pour le déjeuner avec Lotus, qui lui offre des raquettes de plage pour qu’il puisse continuer à exercer son revers!


Pour oublier les années qui passent, nous allons visiter la rhumerie Pari Pari, qui se situe dans la baie en face du mouillage. Il s’agit d’une distillerie artisanale bio, qui a gagné la médaille d’or au Concours Générale Agricole de Paris, devant le rhum martiniquais et guadeloupéen! La maison n’a qu’une douzaine d’année, et travaille avec une trentaine de familles de l’île qui font pousser des petites parcelles de canne à sucre. De l’huile de tamanu est également produite sur le site, ainsi que de l’huile de coco, et un anti-moustique bio paraît-il infaillible. Nous repartons réapprovisionnés pour nos prochaines navigations…

Pour occuper vos week-end automnaux pluvieux, un petit challenge: saurez-vous retrouver tous les poissons qui apparaissent dans la vidéo ci-dessous? Un séjour sur notre bateau est à gagner ^^!!

Dans la rivière de corail!
Tahaa

Sur l’île Vanille

LA visite que les filles attendaient, l’Ile tant désirée, celle de Vaimiti, des senteurs épicées, des yaourts… L’île Vanille!
La baie où nous mouillons a été stratégiquement pensée pour nous rendre facilement en annexe à la Vallée de la vanille, une vanilleraie connue de Lotus, qui propose une petite visite de leurs plantations et quelques explications sur les utilisations de la vanille. Je me rends compte en y allant que je n’ai aucune idée de ce à quoi ressemble un arbre de vanille, malgré la banalité de ce parfum que l’on retrouve chez tous les glaciers. Comment passe-t-on de la jolie fleur jaune (présente sur les opercules des yaourts de Super U…) à la grande gousse noirâtre? et pourquoi des fois il y a des petits points noirs dans les crèmes à la vanille?


J’ai eu toutes mes réponses, et nous en avons pris plein les narines: déjà, la vanille est une plante grimpante, qui s’enroule autour des feuillus mais sans les étouffer. Elle a été introduite en Polynésie par les Européens, qui l’ont importée du Mexique; malheureusement, seuls quelques insectes sont capables de la polliniser, et ils n’ont pas été apportés avec la fleur. Il faut donc polliniser manuellement chaque fleur de vanille pour qu’elle puisse produire ses fameuses gousses. Son prix sur le cours des épices est assez affolant, c’est la deuxième épice la plus chère après le safran.

La variété qui pousse en Polynésie Française est la vanilla tahetensis, une espèce un peu différente de la vanille Bourbon que l’on connait mieux en France, et elle a la particularité de garder sa gousse fermée même une fois séchée.


De loin on dirait des gros haricots plats, elle prend sa couleur une fois cueillie et séchée au soleil. L’odeur qu’elle dégage laisse dans un premier temps assez dubitatif, entre « hum ça sent bon » et « ça pue un peu non? », mais on finit par reconnaître le doux parfum auquel on est davantage habitué.


La France est le premier consommateur de vanille au monde, et on peut l’utiliser sous différentes formes: directement des morceaux de gousse avec ses graines, de la poudre, de la pâte ou encore de l’essence de vanille, que l’on obtient en la laissant macérer dans du rhum.


Nous rencontrons également les noix de Tamanu! On nous avait conseillé son huile verte le deuxième jour de notre arrivée à Tahiti, pour soigner les petites plaies aux jambes de Cécilie, et c’est vraiment une huile magique: désinfectante, cicatrisante, elle soigne les petite brûlures, les ampoules et les petites plaies, testé et approuvé! Nous en ramènerons plusieurs litres en France sans faute…


Nous discutons avec la patronne de la vanilleraie qui, apprenant que nous sommes sur des bateaux, nous offre deux régimes de banane, un énorme potiron et trois uru de son jardin! Elle nous ramène même aux annexes dans son camion, pour la plus grande joie des filles…


Nous déjeunons tous sur Fakarêver, et testons la vanille fraichement achetée dans une sauce pour accompagner le poisson, avec des chips d’Uru, et un gratin du même fruit pour ce soir… De la grande gastronomie polynésienne!