Le blog de notre année sabbatique en famille sur un voilier en Polynésie

Marquises

Enfin les Marquises!

Enfin, on y va! C’était toujours notre prochaine étape, en janvier, en février, en mars, mais entre les problèmes techniques et le confinement, le temps nous a finalement manqué pour rendre visite à ce troisième archipel. Du moins en bateau! Nous avons guetté avec anxiété la réouverture progressive des voyages inter-îles et des liaisons proposées par Air Tahiti, qui ne semblait remettre en route ses lignes qu’au compte-gouttes. Mais ça s’est fait: nous avons pris nos billets d’avion pour les Marquises! Entre deux chantiers et sacs à préparer, Vincent a passé quelques heures à l’agence d’Air Tahiti de Papeete pour acquérir une « carte famille », sésame pour obtenir des tarifs raisonnables, et pour réserver des vols vers Nuku Hiva et Hiva Oa – seules îles marquisiennes pour le moment à recevoir des avions. Je trouve des adresses pour nous accueillir ces vingt prochains jours, recevant des mails sympathiques avec remises exceptionnelles pour la reprise du tourisme et promesses de belles excusions!


C’est donc avec enthousiasme que nous quittons finalement Fakarêver mardi 16 juin: nous partons en vacances! Nous avons vraiment cette impression après cette dernière semaine pas très fun à ranger et récurer, et c’est la première fois depuis plusieurs mois qu’on s’embarque vers une destination sans regarder cinquante fois la force et la direction du vent… Première étape: une nuit à l’hôtel de l’aéroport, dont la réceptionniste est de Nuku Huva et la nièce de nos futurs hôtes… Elle nous raconte son parcours sur différentes îles – Tahaa, Raiatea, puis Tahiti – en nous précisant qu’elle est vraiment « fiu » de Papeete, de son bruit et de ses embouteillages, et qu’elle n’a qu’une hâte, retourner aux Marquises!
L’avion décolle à 8h30 le lendemain, nous nous présentons à l’enregistrement de bonne heure et sommes surpris par la taille de la file, qui n’avance pas bien vite- mais rapidement on appelle les « passagers pour les Marquises! – C’est nous!! », je ne suis pas toute seule à me dire que ça fera juste…
Passage de la sécurité, et retour à la réalité du reste du monde: on met nos masques! Obligatoire dans la zone d’embarquement et dans les avions, nous ressortons ceux que nous avions achetés deux mois plus tôt, plus pour comme souvenir que pensant vraiment nous en servir…

Décollage (avec du retard, mais c’est assez habituel sous ces latitudes), et nous admirons de haut notre mouillage de confinement, avec ses centaines de mètres de coraux qui forment la barrière jusqu’à la pleine mer. C’est aussi joli vu du ciel que sous l’eau!


L’archipel des Marquises est au Nord-Est de l’archipel des îles de la Société, ce qui rend son accessibilité aussi difficile en bateau, le vent étant le plus souvent Est / Sud-Est, mais ce qui nous permet de survoler les Tuamotus! Des formes ovales, encerclant des auréoles turquoises, alternant les taches jaunes et vertes en fonction de la végétation et du sable, là encore on se régale autant en les survolant qu’en y naviguant – sans avoir à guetter les patates de corail, c’est quand même bien pratique l’avion…

L’arrivée à Hiva Oa, première île de notre séjour marquisien, est fantastique: l’île se dresse soudain de chaque côté de nous, et notre appareil semble s’enfoncer au milieu des montagnes sauvages. La piste d’atterrissage est à 420m, nous avons vraiment l’impression de nous poser au coeur de l’île! Un minuscule et coquet aéroport nous attend, ainsi que Tematai, notre guide, avec de jolis colliers en graines pour nous accueillir, spécialité des Marquises!

Le trajet jusqu’à Atuona, la ville principale, ne dure que 20mn, nous avons le temps d’admirer la magnifique route goudronnée, qui ne semble pas être la norme sur le reste de l’île d’après notre chauffeur. Il nous dépose une petite heure à notre chalet, d’où nous avons une vue splendide sur la baie et les pics environnants, puis revient nous chercher pour que nous puissions passer la fin de journée à Atuona: c’est mercredi, la petite médiathèque du village, située juste à côté du centre artisanal, bourdonne d’activités! Nous y faisons un tour, et les filles s’insèrent rapidement dans un atelier qui prépare des jolies cartes pour la fête des pères; je prends une inscription qui nous permet d’emprunter quelques livres pour la semaine – Agathe est devenue fan de la série « la cabane magique », Cécilie a trouvé une histoire de Maui, et un petit livre propose une entrée dans la peinture de Gauguin, ce qui va nous permettre de préparer la visite au centre culturel dédié au peintre qui a terminé sa vie sur l’île!

Pendant que les filles créent et colorient, Vincent et moi découvrons l’artisanat marquisien: tikis et tortues en bois, coco sculptées, noix de Tamanus peintes et colliers de graines, nous craquons pour de magnifiques tapas: des peintures sur écorces, spécialité de Fatu Hiva, un île un peu au sud de Hiva Oa. L’artisane, qui en est originaire, nous parle de son art, qu’elle a appris de sa mère, des terres qu’elles entretiennent avec les différentes essences d’arbres, qui donnent des teintes de papier différentes. On nous a beaucoup parlé de l’artisanat marquisien durant cette année en Polynésie, et le petit aperçu que nous en avons cet après-midi nous promet de belles découvertes!

Les filles ressortent de la médiathèque avec de jolies cartes une barbe à papa, nous nous promenons sur la place principale du village, appelée tohua, entourée de beaux tikis en bois, cadeaux des différentes îles qui ont participé au Festival des Marquises de 2015. Tous les quatre ans a lieu une grande fête qui réunit tous les Marquisiens pour célébrer leur culture et leurs arts: danses, chants, tatouages, cuisines, l’idée est de faire revivre ce qui a bien failli disparaître dans les années 1980, étouffé par les messages des missionnaires et de l’Eglise.

Heureusement, un retour aux sources s’est opéré, avec la bénédiction de l’évêque d’alors, libérant la parole des anciens, permettant aux plus jeunes de se réapproprier leur culture, de réapprendre les chants, les danses, en cherchant dans les archives des premiers explorateurs, des premiers observateurs. Les tatouages ont fait leur réapparition, chaque île, chaque famille retrouvant les marques ancestrales et leurs significations. Ce Festival a permis aux Marquisiens de retrouver une fierté dans leurs origines et leurs traditions, effaçant l’étiquette « sauvages cannibales » qui les a très longtemps maintenus hors de leur histoire.
On trouve sur chaque île une place aménagée spécialement pour ce festival, inspirée des sites archéologiques, avec des plateformes en pierres protégées par des avancées en palmes, et entourées de Tikis sculptés spécialement pour l’occasion, et représentant chacun une île marquisienne.
Nous faisons quelques courses pour les prochains repas – notre chalet a une kitchenette bien pratique, puis nous préparons pour notre première excursion qui aura lieu le lendemain: l’île de Tahuata!

Notre guide s’appelle Pifa, et il nous emmène à Tahuata avec le petit bateau de copains pêcheurs (un poti marara), dans lequel deux bancs en bois ont été posés pour accueillir les touristes. La mer est belle et calme, et en sortant de la baie nous avons la joie d’observer des raies mantas qui tournent près de la surface! C’est une nurserie, des toutes petites raies passent et repassent sous la coque, elles sont une dizaines à folâtrer dans les vagues autour de nous.
Il faut ensuite une bonne heure pour rejoindre l’île, et les paysages qui s’offrent à nous sont une nouvelle fois tout à fait surprenants: de grandes collines rocheuses et dénudées, des grandes étendues de landes désertiques, on pourrait se croire en Ecosse! Quelques chèvres paissent sur les pans escarpés qui se jettent à pic dans la mer agitée; les vagues frappent violemment les rochers, ressortant parfois sous forme de brume sous pression lorsqu’elles ont trouvé leur chemin dans des grottes souterraines… On est bien loin de nos lagons familiers!

Nous descendons jusqu’au village de Hapatoni, petit village de pêcheurs, chasseurs, cultivateurs et artisans: les habitants ont tous une double casquette, et vivent quasiment en autonomie dans leur vallée. Leurs sculptures sur bois sont superbes, depuis la petite tortue jusqu’au casse-tête (arme au nom assez explicite), en passant par la conque finement ciselée et le bateau à deux coques sorti tout droit du film « Vaiana ». Pifa ne tarit d’ailleurs pas d’éloge sur cette oeuvre de Disney, l’ayant vu de nombreuses fois à l’affût des moindres détails dans les costumes et les histoires revisitées…


La grande spécialité du village est cependant la sculpture sur os (chèvre ou boeuf, pas de fémur humain en vue…); un sculpteur est venu de Tahiti sur l’île il y a une vingtaine d’année pour raviver cet art et former les artisans qui le souhaitaient, et qui forment désormais les nouvelles générations.
Nous suivons la route royale, qui joint les deux villages de l’île, avec un arrêt sur un site archéologique, qui prend vie sous les récits de notre guide: les plates formes en pierre sont cette fois des pae pae, des terrasses sur lesquelles étaient construites les habitations, permettant d’être surélevées par rapport au sol. Des familles entières étaient réunies sous le même toit- sachant que celui du chef devait être plus haut que les autres- on peut ainsi estimer le nombre d’habitants aux Marquises à l’époque de l’arrivée des Européens – certains parlent d’une centaine de milliers, en tout cas bien plus nombreux que les quelques 2000 habitants au début du XXème siècle, quand les îles étaient ravagées par les épidémies de rougeoles… Grâce au docteur Louis Rollin, qui a réussi dans les années 1920 par différentes campagnes de vaccinations et des mesures sanitaires à endiguer les maladies, les Marquises se sont lentement repeuplées, même si ses infrastructures ont été jusqu’à récemment très peu développées par rapport au reste des archipels.
Nous continuons notre découverte de Tahuata en nous rendant en bateau au deuxième village, Vaitahu. Le débarquement est épique: il n’y a pas port protégé, le débarcadère est livré aux vagues qui viennent s’y briser, certaines capables de soulever un bateau et le déposer à terre… C’est donc toute une technique: il faut approcher l’embarcation assez prêt du rivage, compter 7 vagues, puis quand l’énorme vague est passée on a une vingtaine de seconde pour débarquer, puis il faut recommencer… Beaucoup de dextérité de de la part du capitaine, et un peu d’agilité de la part des passagers…
Nous déjeunons chez Jimmy, qui nous a préparé de succulents plats polynésiens: poisson cru au lait de coco, poulpe au curry, poe de bananes… Nous nous régalons! Pifa emprunte un ukulele et nous ravit de quelques chants, et accompagne Agathe dans une jolie représentation de la danse apprise avec Diana à Fakarava! Elle épate tout le monde, et profite d’une petite leçon avec la maman de Jimmy qui lui apprend la danse de l’oiseau…

Nous terminons notre escale par la visite de l’église construite dans les années 1980 et financée par le Vatican: elle peut contenir trois fois la population de l’île, et mélange la liturgie chrétienne avec la symbolique marquisienne: une tortue s’est glissée dans le vitrail au dessus de Marie et Jésus – qui tient un uru dans sa main, la croix marquisienne à côté la croix du Christ, c’est une belle oeuvre syncrétique, réalisée par de nombreux sculpteurs marquisiens.

Enfin, après-midi plage: nous nous arrêtons dans la magnifique baie de Iva Iva, plongeons depuis le bateau avec une frite en mousse ( Cécilie lorgnait sur la frite rose depuis le début de la journée, se demandant à quel moment nous allions enfin les utiliser) pour rejoindre une très belle plage de sable blond. Les vagues s’enroulent et se déroulent sur le rivage, emportant nos deux crevettes hilares et les rejetant loin sur la plage, au milieu de leurs éclats de rire. «  Je me suis bien amusée! » a conclu Cécilie après une heure de yoyo dans l’eau, on s’en serait douté ^^…

Le retour en bateau est bien remuant au moment de passer le canal du Bordelais, qui sépare Tahuata de Hiva Oa: l’impression d’être dans une machine à laver, avec les vagues qui heurtent la terre d’un côté et de l’autre, notre pauvre petit bateau au milieu de leurs retrouvailles… Nous accostons trempés, mais ravis de cette belle journée!

Pas d’excursion le lendemain, nous sommes tous bien fatigués; nous profitons de notre beau chalet et des livres empruntés à la médiathèque.

Nous louons une voiture les deux jours suivant pour explorer Hiva Oa: Tout d’abord la côte sud, avec le village de Taaoa, qui abrite une jolie petite église. Très différentes des églises des Tuamotus, décorées de nacres et de coquillages, les églises marquisiennes sont toutes en pierre et bois, avec des chaires magnifiques sculptées et des chemins de croix en bas-relief. Le mur derrière l’autel est composé de gros blocs de pierre, certaines en grès rouge, vestiges recyclés des autels à sacrifice marquisiens…

Un grand site archéologique a été restauré à proximité du village, mais comme il n’y a plus de touristes depuis plusieurs mois, les herbes en ont profité pour pousser, et nous progressons dans un site sauvage au milieu des magnifiques banians (arbres sacrés aux racines impressionnantes), à la recherche d’un tiki caché sur les terrasses un peu en hauteur… Les moustiques ont l’air de s’y plaire, et nous décident à acheter du monoï anti-moustiques à la superette en rentrant au chalet… La vie en bateau nous avait épargné jusqu’à présent ces petits prédateurs, mais nous n’allons pas tarder à faire également connaissance avec les nonos, insectes minuscules habitants des plages qui piquent sans se faire voir mais dont le souvenir peut être tenace, jusqu’à trois jours après leur rencontre….

Première partie, à Hiva Oa (et pas Nuku Hiva comme le dit le titre…)


Nous sommes donc bien équipés dimanche pour nous lancer dans notre première grande randonnée, sur la côté nord de l’île: nous partons du petit village de Hanaiapa pour rejoindre « la plus belle plage des Marquises » (nous allons en croiser quatre répondant à cette description durant notre séjour…) à 2h30 de marche. La balade est splendide, elle suit deux vallons qui encadrent des bras de mer, faisant alterner des chemins au milieu d’une forêt de pandanus (arbres aux racines qui surgissent du sol, formant des petits tipis) et des cols désertiques, à la végétation rare et mâchonnée par des troupeaux de chèvres à moitié sauvages – et qui nous narguent dans les passages difficiles en descendant droit vers la mer, ne s’encombrant pas de lacets ou de sentiers… L’arrivée sur la plage est vertigineuse mais splendide, l’eau est turquoise, la baie est encadrée par des collines à la terre rouge, encore un paysage surprenant et magique. Des vaches paisibles nous accueillent dans la cocoteraie qui longe la plage, et nous nous tartinons de monoï en sortant de notre bain de mer bien mérité. Nous pique-niquons à l’ombre d’un tamanu, en observant les nonos qui s’enlisent dans l’huile qui nous couvre des pieds à la tête, et un requin tout noir qui passent à quelques mètres du bord… Pas sûre que cette plage soit si accueillante finalement… Le chemin du retour est rendu un peu plus rude par la chaleur, même si une brise fraîche souffle de temps en temps, et c’est fourbu mais très fiers que nous croisons Pifa, notre guide Tahuata, à côté de notre voiture à Hanaiapa: il est venu rendre visite à sa famille, et le groupe qui déjeunait à côté de nous sur la plage étaient ses cousins…

Lundi nouvelle excursion, cette fois à Tematai, notre guide du premier jour: direction le Nord-Est de l’île, sur le site archéologique de Puamau. Il faut deux bonnes heures de route pour l’atteindre, car la route bétonnée (déjà bien moins confortable que l’asphalte) fait place à une piste cahotique à souhait, mais splendide: elle longe en surplomb de baies grandioses, au milieu de falaises cramoisies, chaque virage nous offre une nouvelle vue à couper le souffle! Tematai nous parle de la vie quotidienne à Hiva Oa, des travaux de la nouvelle route, nous fait cueillir des goyaves sauvages et des pamplemousses succulents. A Puamau nous rencontrons les plus grands tikis en pierre des Marquises – du moins, les plus grands découverts et mis en valeur; d’après Tematai, il y en a d’autres dans la forêt, que les chasseurs découvrent de temps à autre, mais les propriétaires des terrains (toutes les terres appartiennent à quelqu’un, il n’y a pas de domaines publics) refusent le plus souvent que l’on aille « déranger » les tikis, par crainte d’un mauvais sort. Tematai oeuvre beaucoup pour la valorisation du patrimoine archéologique de l’île, mais il est d’après lui difficile de revenir sur le statut « tabou » de ces sites, donnés par les missionnaires lors de leur arrivée sur l’île. Les tikis, qui sont pour beaucoup des statues d’anciens chefs mis sur les places des villages, sont aujourd’hui craints encore par beaucoup de Marquisiens, et restent seuls au milieu de la végétation. Une nouvelle équipe d’archéologues doit venir à Hiva Oa dans les prochains mois, Tematai est en pleine discussion avec les propriétaires terriens pour permettre le bon déroulement des fouilles, et leur montrer l’intérêt de ces recherches pour la mémoire collective.
Nous avons donc la chance d’admirer notamment le tiki couché, une femme en position « tortue », symbole de fertilité, et d’un immense tiki en pierre, grand chef de la vallée. Hiva Oa a postulé pour être classé comme site protégé par l’UNESCO, les habitants attendent beaucoup de cette nomination, qui devrait leur permettre de développer le tourisme culturel sur leur île.


Pique nique à la plage, avec bain de mer pour les chevaux voisins – de nombreux équidés paissent le long des routes, parfois accompagnés par leur poulain « trop chouchous!! » d’après les filles, puis retour en s’arrêtant au petit village d’Anahi. Nous discutons avec des mamies qui regardent les hommes s’entraîner à la danse du cochon, dont elles nous racontent la légende: le sorcier d’Hiva Oa rendait visite au sorcier de Ua Pou, réputé pour sa puissance; ce dernier rate complètement sa démonstration, et le sorcier d’Hiva Oa fait alors étalage de sa propre puissance: il appelle son cochon, resté sur son île, le plus gros que personne n’ait jamais vu. Le cochon entend son maître, et plonge dans la mer pour le rejoindre; des thons s’accrochent à ses poils en passant, et quand le cochon met le pied sur Ua Pou, il est mis à mort par les habitants qui ont alors de quoi manger pour plusieurs mois… La danse du cochon de Hiva Oa est celle du sorcier qui appelle son cochon, à base de grands cris gutturaux et tapes sur les cuisses…
Toute l’île est en ébullition depuis quelques jours, car jeudi, le président de la Polynésie et plusieurs ministres sont de passage! Tous les villages préparent donc une représentation, et des festivités auront lieu tout le week-end. Nous ne pourrons pas y assister, nous repartons le mercredi, mais nous avons droit aux répétitions!
Le lendemain, nous visitons le centre culturel Gauguin et l’exposition consacrée à Brel, et nous entendons au loin les cris de centaines d’enfants. Cela nous distrait un peu de la contemplation des oeuvres du peintre maudit (toutes des reproductions), même si les filles sont contentes de retrouver les toiles détaillées dans le livre de la médiathèque; l’exposition sur Brel est succincte, le clou étant son avion Jojo au milieu du hangar, mais nous ne sommes pas très familiers de l’univers de Brel, et les chants à l’extérieur se font de plus en plus insistants.


Renseignements pris, ce sont les enfants de toutes les écoles de l’île qui répètent dans le gymnase juste à côté; nous finissons par en trouver l’entrée, et en prenons plein les oreilles: ça chante, ça danse, les hauts tambours résonnent, c’est chouette! Les pauvres instits doivent être bien fatigués, mais les enfants sont très enthousiastes! Nous les retrouvons en début d’après-midi au tohua, la place aux tikis, pour la répétition générale en situation, et nous en avons la chair de poule… ce sera une belle cérémonie!


Petite promenade jusqu’au tiki souriant, lui aussi la statue d’un chef d’une autre vallée, puis nous quittons Hiva Oa pour Nuku Hiva. Cette première semaine marquisienne a tenu toutes ses promesses: paysages sublimes et étonnants, découvertes culturelles et artisanales, Marquisiens adorables et accueillants, nous avons hâte de découvrir la suite!

2ème partie du séjour
Tahiti

Adieu Fakarêver

Fa-karénage

Après avoir profité d’une dernière boucle autour de la presqu’île de Tahiti, il est temps de préparer Fakarêver pour la vente. Nous avions prévu initialement de refaire l’anti-fooling à Apataki, un chantier sur un superbe atoll que nous aurions rejoint sur la route du retour des Marquises. Comme nous sommes restés à Tahiti pour cause de Covid, ce sera finalement au chantier Technimarine de Papeete, capable de faire les thoniers, et même certains bateaux de 300T de la marine française. Une autre dimension!
C’est là que l’on se présente mercredi 27 mai, un peu stressés: le chantier était en retard sur le précédent cata, il n’a pas pu nous sortir la veille comme prévu. Son service commercial étant détestable, il nous demande tout de même de payer l’ensemble du weekend de 3 jours de la Pentecôte si nous n’avons pas terminé vendredi ! Bref, chantier en 48h au lieu de 72? Défi relevé ! C’est avec l’aide d’Alexandre, le futur heureux propriétaire, et de deux équipiers d’un bateau voisin, que l’on a poncé les coques, passé deux couches d’anti-fooling mercredi et jeudi afin de pouvoir remettre Fakarêver sur sangles dès vendredi matin. Troisième couche rapide, retouches aux endroit où le navire était posé sur cales, et après quelques heures de séchage, nous voici prêts à repartir. Leslie, Agathe et Cécilie de leur côté ont pu se poser pendant ces trois jours dans un appartement au centre de Papeete, faire un peu de shopping, de piscine… la prochaine fois j’échange ;o)

La remise à l’eau est assez sportive: 30 noeuds de vent de travers (soit 60km/h), retenu dans la darse seulement par les ouvriers du chantier, il s’agit de ne pas aller râper ce cata tout beau tout propre sur le bord! La grue nous repose dans l’eau, on fait toutes les vérifications: les 2 passes-coques que l’on a aussi fait changer, pas de fuite ailleurs non plus, les moteurs se sont bien réamorcés, ça parait pas mal! Premier Go de la part du chef de l’équipe qui dirige la manoeuvre, et je manque d’emporter un ouvrier qui avait le pied emmêlé dans l’amarre… Heureusement j’ai pu freiner à temps! Le deuxième essai est le bon. Nous retournons nous remettre de nos courbatures et de nos émotions au mouillage de l’aéroport.
Nous le retrouvons bien vide: la moitié des bateaux ont disparu. Au plus fort du confinement il y avait une quarantaine de bateaux ancrés à ce mouillage, certains sont repartis naviguer, mais nous apprenons que d’autres ont été chassés par la capitainerie du port; visiblement il y a eu des quiproquos entre le gouvernement et des autorités locales sur les autorisations de mouillage.
-coup de gueule sur l’absence d’organisation de la Polynésie-
Un nouvel arrêté a été publié la semaine précédente restreignant les zones de mouillage autour de Papeete: des bouées doivent être posées dans le futur (d’ici 1 an ?) pour accueillir les voiliers, mais d’ici là rien n’est prévu pour les plaisanciers (officiellement tout mouillage à l’ancre est interdit dans la zone).. Pourtant les marinas sont pleines et de nombreux bateaux ont été directement redirigés à Papeete comme seule porte d’entrée pendant le covid. Les nouveaux arrivants reçoivent des informations contradictoires de la gendarmerie, des autorités du port, des pêcheurs qui viennent manifester pour récupérer « leur » lagon… La situation est assez tendue en ce moment. Nous décidons malgré tout de rester une nuit avant de repartir pour Raiatea… et de « profiter » de la musique des différents « bateaux boum-boum », plateformes flottantes qui viennent passer la journée sur le lagon avec leurs fêtards…
– fin du coup de gueule 🙂 –

Faukonsolider le mât

On a parlé de Raiatea ? C’est reparti pour les grandes aventures, les belles navigations à travers la Polynésie ? Un petit peu: après différents devis suite aux deux fissures découvertes au niveau des cadènes du mât, nous décidons de faire un A/R express à Raiatea afin de bénéficier à la fois des compétences du chantier local et d’un tarif très raisonnable. On laisse passer la grosse houle dimanche et c’est lundi à la première heure que nous partons au grand largue, génois seul (je mettrais bien le spi, mais avec un mât fissuré, ce n’est pas raisonnable…). Voyage sans encombre, nous avons rapidement la traditionnelle houle croisée polynésienne qui vient tester notre résistance au mal de mer… 75% de réussite, mais je ne dénoncerai pas :o)!
Arrivée mardi 2 juin à midi au mouillage près du Pearl Beach de Tahaa, face à Bora-Bora et près de la rivière de corail. Cela nous rappelle des souvenirs ! Nous allons bien sûr rendre visite aux magnifiques poissons de la rivière de corail, qui s’inquiétaient franchement de ne voir plus personne – le tourisme est au point mort. Nous n’avons pas de friandises prévues pour eux, mais ça ne les empêche de nous accompagner tout le long de cette gentille dérivante.

Bora Bora


Nous y retournons mercredi matin, avant de partir pour un nouveau chantier: celui de Raiatea ! Fred – le gréeur en charge de l’ensemble des opérations – monte à bord nous préparer le navire pour le démâtage, prévu au quai de Marinalu le lendemain.
C’est ainsi que l’on se retrouve avec un motor-boat jeudi matin… ça fait bizarre ! Pendant ce temps, le mât est consolidé et quand on voit la tête des soudures, on se dit que c’est la dernière chose qui restera du mât, c’est du solide !

Remâtage vendredi, recâblage, tests… Tout est bon ? Presque! Une irréductible radio refuse de s’allumer dans le cockpit. Un coup de fil à un ami de Fred nous donne la solution, que tout bon informaticien devrait connaître (oups, je suis rouillé !): arrêter et redémarrer le système! En effet, si la radio n’est pas branchée à l’allumage, elle n’est ensuite pas reconnue. Elémentaire mon cher Watson…
C’est avec soulagement que l’on quitte le chantier vendredi 5 midi: tout s’est bien passé et a été parfaitement exécuté par Fred Hermelin, que l’on recommande vivement !
Réappro en carburant à Uturoa, et à 14h, et nous voilà sortis par la passe de Raiatea: nous visons la petite fenêtre de vent de nord-est qui nous permet de faire plus de la moitié du chemin à la voile: sous la pleine lune et avec une belle moyenne de 8 noeuds, que demander de plus ? Le vent tombe vers 1h et nous finissons au moteur, pour arriver au petit matin à Papeete dans le calme plat. Une belle traversée ! Pas mal de nostalgie de mon côté: c’était la dernière navigation à regarder la lune et les étoiles sous la voile, écouter de la musique, vivre l’instant présent au milieu de nulle part, sans rien avoir à faire, à penser.. juste profiter du moment…
La chance nous a souri une fois de plus: nous avons réussi à éviter le maramu – vent fort du SE de juin à juillet – contre lequel nous aurions dû lutter au moteur (autant dire que ce n’était l’idéal de prévoir un retour depuis Raiatea à cette période là). A la place, un retour à la voile avec un bateau dans lequel on a de nouveau confiance, ça me manquait!

les chantiers en images

Prêts pour la vente ?

Après ce retour et un peu de repos, nous nous préparons à quitter le bateau: tri, vidage de chaque placard, bagages, nettoyage…
Mardi 9 juin, Alexandre me rejoint pour une journée maintenance des moteurs: une bonne aide pour moi et un bon moyen de s’initier à ces moteurs pour lui. Au programme sur chacun des deux moteurs: vidange, changement du filtre à huile, changement du filtre et du pré-filtre à essence, check et changement de l’impeller. De quoi bien s’amuser une journée ! Comme je n’en ai pas eu assez, j’ai terminé par la vidange de la pompe du dessalinisateur à la nuit tombante… Leslie, pendant ce temps là, a assuré en nettoyant toute la coque tribord et préparant le cockpit.

Nous voilà prêts mardi soir pour la vente prévue le lendemain. Vraiment ? C’était sans compter la lenteur administrative de la banque propriétaire de la LOA qui, malgré nos différents emails/coups de fil jusqu’à 1 heure du matin, n’a pas réussi en 10 jours à éditer le contrat de transfert pour les nouveaux propriétaires… Pourtant prévenue début mai, elle nous avait alors dit qu’en 48h tout serait prêt… Le covid les a visiblement complètement désorganisés…

Nous sommes donc coincés, obligés de ré-ouvrir les bagages en attendant ce fameux avenant. Nous trouvons une place au port de Papeete; Leslie et les filles en profitent pour passer à la librairie et aller chez le coiffeur; nous dégustons des croissants le matin, des glaces l’après-midi… il faut bien se consoler !

(Leslie prend le clavier)

Dimanche, nous en profitons pour faire une sortie typiquement tahitienne: une journée à Moorea! Nous prenons un des trois ferrys qui fait l’aller-retour en 20mn – et qui nous font des vagues dans le port et dans la baie de Vaiare :o) -, louons une voiture et rejoignons Anne (une cousine de Vincent) et ses enfants, qui a loué un fare pour le week-end. Activité prévue: accrobranche! Les filles sont ravies. Nous redevenons petit à petit terriens, la transition se fait en douceur… Nous déjeunons dans notre spot préféré, la snack des Tipaniers, et comble du bonheur, la serveuse m’apporte… deux desserts! J’ hésitais entre la tarte au citron meringuée et le fondant au chocolat, la patronne me conseille le fondant, mais c’est la tarte au citron qui m’est présentée:« il n’y a plus de fondant, mais je suis en train de t’en préparer un, donc pour te faire patienter tu peux manger la moitié de la tarte au citron, je la finirai! ». C’est vraiment le paradis terrestre ce restaurant…

Pour le goûter – enfin, pour ceux qui ont encore de la place… – nous rejoignons Yann et Maud sur leur cata « C’est si bon », qui avaient hébergé Vincent il y a pile un an, lors de sa recherche de bateau. Installés à la marina de Moorea, nous échangeons les nouvelles, nous de nos expériences nautiques, eux de la vie sur un voilier à Moorea, des nouveaux vélos retapés et testés sur les belles pistes de terre rouge au milieu des ananas… On a du mal à croire que 12 mois se sont déjà écoulés depuis la première visite de Fakarêver! Mais il y a quelques signes qui ne trompent pas: nous reconnaissons désormais la plupart des noms des îles polynésiennes en les situant dans leurs archipels, Vincent est capable de tenir toute une conversation autour de problèmes de moteurs, les filles se déplacent sans hésiter sur le pont, le quai, dans les cabines… On a tous grandi!

un dimanche à Moorea

Il faut rentrer pour nos deux dernières journées à bord, qui s’annoncent palpitantes: brossage du pont (à genoux avec la brosse à main, seul moyen de nettoyer l’anti-dérapant), remplissage des sacs de voyage (il faut aller en acheter un 7ème, malgré les affaire déjà rapportées par les parents de Leslie, bizarrement tout ne rentre pas…), nettoyage de toutes les cabines, de toutes les salles de bain, du carré, du cockpit, des plafonds…. La vente est enfin signée lundi soir, Alexandre vient à bord mardi après-midi pour la passation, et toutes les explications techniques: fonctionnement de la connectivité Bluetooth qui surveille l’électricité (il paraît que c’est plus simple que ce que ça en a l’air…), du dessalinisateur, du traceur… Je finalise les bagages pendant les quelques heures que dure la formation, et puis ça y est, on quitte le navire! Quelques aller-retours avec la brouette de la marina chargée de nos sacs, qui vont passer le prochain mois dans le bungalow d’Alexandre et Mathilde, un dernier tour du bateau, un dernier au-revoir, et le taxi nous amène au Motel de l’aéroport sous une pluie fine mais persistante…

La fin ?

L’aéroport? Pour aller où? Aux Marquises bien sûr! Depuis le temps qu’on en parle…. ça y est, on y va! Donc en avion (4h de voyage au lieu de 9 jours en mer), dans des pensions (plutôt que dans des mouillages réputés assez chahutés par la houle), ce ne sera pas la même découverte que par la mer, on fera moins d’îles aussi, surtout que les liaisons aériennes n’ont pas repris partout, mais on a tellement cru qu’on ne les verrait jamais, nous avons là un magnifique lot de consolation!
Mercredi 8h, bagages enregistrés, famille masquée, c’est parti pour un nouvel archipel!

Et c’est terminé pour notre aventure maritime… Pour le moment pas encore de nostalgie, nous sommes contents de retrouver le confort de la vie terrestre. Le mois qui vient de s’écouler a été bien rempli, et pas seulement de couchers de soleil et de navigations idylliques, nous avons eu le temps de nous préparer à partir, d’emmagasiner de derniers souvenirs, de sortir petit à petit de notre coquille confortable (le décrochage des dessins et des peintures a participé à notre propre détachement). Malgré les aléas techniques et Covidaux, nous avons relevé notre défi: vivre et naviguer toute une année à la découverte de paysages, de cultures, d’expériences incroyables, tellement loin de notre quotidien bonimontain (de Montbonnot ^^).
Et surtout… on ne s’est pas échoué sur les récifs, on n’a pas démâté, on n’a pas touché de patate de corail, personne n’est tombé à l’eau pendant une navigation, on ne s’est pas fait attaqué par un requin/une méduse/ un corail de feu, on n’a pas eu la ciguatera ni la dengue!! Nous avions à bord une énorme trousse à pharmacie, Leslie avait fait un stage de premiers secours en milieu isolé, et c’est avec un grand soulagement qu’elle a donné les kits de sutures, agrafes, piqûres d’adrénaline, et autres matériels réjouissants et intacts aux nouveaux propriétaires! Même si nous nous étions préparés à toutes les éventualités ci-dessus, car des accidents sont vite arrivés en mer, nous sommes bien contents de les avoir évités…

Les filles nous auront complètement épatés pendant cette aventure, et c’est peut-être là notre plus grand émerveillement: leur capacité d’adaptation à leurs nouvelles conditions de vie et aux différentes navigations, leur facilité d’appréhension de toutes les nouvelles contraintes (restrictions de déplacement, isolement, complexités de ravitaillement), leur grand enthousiasme à chaque arrivée dans une nouvelle île, pour une nouvelle activité (bon, pas forcément toujours pour faire l’école… on ne demande pas non plus la perfection…). Elles ont grandi pendant cette année (en témoignent les robes qui n’ont cessé de raccourcir), elles ont pris en aisance dans leur rapport aux autres, elles n’hésitent plus à se mêler à des groupes d’enfants, à leurs jeux, nous sommes vraiment fiers d’elles – même si, en même temps, en tant que parents, on n’est pas vraiment objectifs… Mais on le dit quand même ^^!

Nous sommes arrivés depuis mercredi à Hiva Oa, notre première île marquisienne, qui tient pour le moment toutes ses promesses… Mais ce sera dans le prochain article!

Tahiti

Tahiti Iti, nous voici!

Nous continuons notre tour de la grande-île, prochain arrêt: Taravao. Située sur l’isthme, entre Tahiti Nui et Tahiti Iti, son mouillage est réputé pour être un trou à cyclone – le vent entre, mais pas les vagues; ça tombe bien, une énorme houle est annoncée pour les prochains jours, entre 3 et 4,5m, les surfeurs vont se régaler!

Tahiti Iti

Nous découvrons pour notre part un nouveau type de mouillage: nous sommes en fond de baie, cernés par les terres, au milieu d’une eau profonde et un peu boueuse. Heureusement qu’on a fait le plein de snorkling les jours d’avant! Nous avions pris contact avant d’arriver avec un autre bateau ancré là, pour avoir quelques infos sur le nombre de bateaux et les places disponibles; nous guettons donc Lungta, et c’est le premier que nous rencontrons: un beau deux mâts en bois, ancré à la sortie de la baie! Nous nous installons un peu à l’avant de lui, et prenons rendez-vous pour le goûter en fin d’après-midi. Les filles sont ravies de découvrir un nouveau navire, très différent de tous ceux qu’elles ont visités! Il s’avère que sous le bois, sa coque est en béton, c’est du costaud… Les propriétaires actuels, des Américains partis de l’Oregon il y a 5 ans, mais à bord depuis 20, le modernisent petit à petit, en installant des panneaux solaires, une cabine de pilotage, des moustiquaires… Ils sont à Taravao depuis plus de 6 mois, explorant les randos environnantes et goûtant le calme de la presqu’île (leur blog pour découvrir leurs précédentes navigations: http://www.lungtalife.com, ils ont notamment passé beaucoup de temps sur la côte ouest du Mexique!). Nous les invitons le lendemain sur Fakarêver pour l’apéro, ils sont très contents de monter à bord de ce navire en compagnie duquel ils ont traversé le Pacifique! Les bateaux qui partent de Panama pour la Polynésie partent généralement en flottille, en gardant régulièrement le contact les uns avec les autres, et Lungta s’était trouvé dans la même flottille que Fakarêver il y a deux ans…

en route chez nos nouveaux voisins (juste derrière!)

Mercredi, nous retrouvons Anne, une cousine de Vincent, et ses deux enfants, pour déjeuner dans le très bon restaurant « Terre et Mer », que j’avais repéré il y a quelques jours, et qui avait motivé en partie notre arrêt à Taravao… Les saveurs sont au rendez-vous, nous profitons de la jolie vue sur la baie et d’excellents poissons, accompagnés d’un gratin dauphinois – pas vraiment local, mais ça fait tellement plaisir ^^…. Les enfants sont contents de se retrouver, ça papote, ça joue, c’est chouette! Anne nous emmène ensuite au Belvédère, qui offre un panorama magnifique sur l’isthme; on passe entre les gouttes – oui, c’est humide la presqu’île – puis rentrons au bateau goûter un magnifique gâteau acheté à LA pâtisserie incontournable de la presqu’île, Couleur Cacao… Une journée de haut niveau gustatif… qui avait d’ailleurs bien commencé par des crêpes préparées par Vincent, et un beau cadeau des pêcheurs de la baie: une vingtaine de Komene, ou Ature en tahitien – échangés contre quelques crêpes toutes chaudes…

Vers la Presqu’île


Nous reprenons la mer jeudi, et suivons la côte vers le sud en passant d’un lagon à l’autre. C’est tout tranquille, les habitations se font de plus en plus rares; nous retrouvons la pleine mer à Teahupoo, lieu de la vague mythique, mais la houle a baissé et il n’y a pas de surfeurs ce jour-là. Enfin, nous arrivons à la baie de Vaiau, sur la pointe sud de Tahiti Iti! Il n’y a plus de route depuis un moment, mais quelques maisons sont éparpillées sur le côte, et il y a même un beau ponton éclairé pour emmener les enfants à l’école la plus proche.

Nous sommes tout seuls au mouillage, devant un panorama splendide: cascades, forêt vierge, sommets vertigineux, arc-en-ciels en série… Les oiseaux s’égosillent dès 5h du matin, nous apercevons des petits hérons cendrés à l’embouchure de la rivière Vaipori, la terre nous appelle!
Nous débarquons sur le quai municipal, croisant tous les enfants qui s’en servent comme de plongeoir et d’accès à leur gigantesque piscine lagunaire. A l’entrée de la forêt, surprise: un panneau explicatif pour une petite balade botanique et ornithologique! Nous explorons avec enthousiasme la magnifique canopée, découvrant les nombreuses variétés de fougères, d’arbres, de fleurs rouges et roses qui peuplent les forêts de la presqu’île. Nous aboutissons à la rivière Vaipori, bordée de gigantesques Mapes, les châtaigniers Polynésiens aux troncs moussus tout en angles. Nous rentrons au bateau boueux mais ravis!


Le lendemain, nous passons à la maison la plus proche du bateau: le propriétaire est passé rapidement la veille au soir pour nous parler de la zone préservée de la baie, à la limite de laquelle nous avons ancré. Nous rencontrons Marianne, à qui nous offrons un gâteau au chocolat pour la remercier de son hospitalité, elle nous fait visiter son fare, qu’elle loue les week-ends aux gens de Papeete. Elle nous offre des taro et des patates douces de son jardin, une coco que nous râpons avec enthousiasme, et les filles repartent avec plein de nouveaux amis: des petits Bernard l’hermite qu’elles s’empressent de baptiser, dessiner, dresser durant tout l’après-midi, un peu pluvieux…


Le lendemain, Fred, le mari de Marianne, nous propose de nous emmener avec ses touristes du fare sur son bateau jusqu’à une cascade, accessible uniquement par la mer. Nous embarquons avec un groupe de jeunes sympathiques et enthousiastes, mais qui hésite un peu au moment où Fred nous donne les instructions pour accéder à la cascade: il faut sauter à l’eau en pleine mer, nager jusqu’aux platiers de corail, puis replonger pour passer sous une petite arche de pierre jusqu’à la piscine naturelle sous la cascade. On s’accroche, les vagues nous déséquilibrent lorsque nous marchons sur les coraux, puis nous poussent pour passer dans le petit goulet sous les rochers, mais nous arrivons victorieusement à la cascade! C’est beau, c’est bruyant, ça remue: la mer s’engouffre dans l’énorme vasque, va frapper les rochers sous la cascade, amenant de l’eau chaude salée qui se mêle à l’eau glacée des montagnes. Les filles ne sont pas du tout intimidées, elles se laissent porter par les vagues, puis escaladent avec leur papa les rochers en surplomb pour atteindre le premier palier: même pas peur! Un peu froid peut-être, nous nous laissons pousser vers la sortie, et regagnons le bateau de Fred, bien secoués et mouillés, mais une nouvelle fois ravis!


Notre guide nous montre le début d’une jolie rando qui mène à une autre cascade, mais ce sera pour les jours suivants… C’est un vrai coin de paradis pour explorateurs: nous remontons la lendemain la petite rivière en annexe, puis cherchons la grotte de Vaipori, lieu de légendes polynésiennes… Au retour, nous trouvons une corde qui permet de s’élancer au-dessus de la rivière, et y atterrir au milieu de l’eau claire et fraîche! En plongeant au fond de la rivière, nous trouvons l’eau chaude et salée de la mer qui remonte jusque là. Le passage de l’un à l’autre avec 7-8° d’écart est surprenant: en se plaçant bien, on a les pieds au chaud et le buste au frais..


Ressourcés, après avoir retrouvé nos chaussettes et nos chaussures de marche, nous entamons le chemin côtier qui fait tout le tour de la Presqu’île. Nous croisons un groupe de randonneurs bien équipés (matelas, sacs de couchage, ..) qui terminait leur tour, nous ne sommes pas aussi ambitieux: 45 minutes à crapahuter au-dessus des rochers et des vagues, au milieu des lianes et des fougères, nous amènent à une très jolie cascade et une vasque accueillante qui nous permet de nous rafraîchir.


Nous ne devions passer que deux nuits dans cette baie, puis poursuivre notre tour, mais nous y restons finalement presqu’une semaine: le vent n’est pas dans le bon sens pour continuer vers le nord, les mouillages suivants seront houleux avec ce vent de Nord-Nord-Ouest, et il y a tellement de lieux à découvrir ici.. Nous attendons la bascule du vent, qui passe Sud/ Sud-Est, pour retourner d’une traite au mouillage de Fa’a mercredi. Le Maramu, coups de vent du SE forcit à partir de jeudi, avec des pointes à 35 nds, nous sommes bien à l’abri en face de Moorea, protégés par Tahiti. La maxime de « Lungta », nos voisins de Taravao, s’applique là-encore: « les projets, quand on est en bateau, sont écrits dans le sable, sans cesse effacés, réécrits, en mouvement ». Nous avons fait des très belles découvertes lors de cette navigation vers le sud, avec des paysage encore très surprenants et majestueux, et des nouvelles expériences!


Et la suite?
La grande nouvelle: toute la Polynésie est déconfinée! Les liaisons aériennes inter-îles ont repris, et les navigations sont à nouveau autorisées entre les archipels.
Ce qui ne change pas grand chose dans l’immédiat pour nous: la semaine prochaine, nous refaisons le carénage de Fakarêver au chantier de Papeete jusqu’à vendredi; la suite est en discussions suite aux deux craquelures découvertes au niveau des cadènes en haut du mât: avec les grands voiles à corne, ce problème devient à priori de plus en plus fréquent sur les navires récents et il faut consolider tout ça… A suivre !

Tahiti

Déconfi-nalement!

Décidément, nous aurons eu de la chance: au bout d’un mois de fermeture complète, avec couvre-feu et interdiction de vente d’alcool, la Polynésie se déconfine, frileusement, mais l’idée est là. Le virus a été confiné suffisamment tôt et semble bouder le climat chaud et humide, éviter les UV, ou ne pas aimer l’huile de coco, en tout cas il ne prolifère pas sous nos tropiques: 60 habitants testés positifs, et trois hospitalisations en tout et pour tout. La vie reprend son cours petit à petit depuis le 29 avril, mais chacun reste sur son île: pas de trajet à l’intérieur des archipels, en avion comme en bateau, tout le monde reste prudent. Même si on a parfois l’impression que cela vire à la psychose: certains maires veulent conserver un couvre-feu, des parents d’élèves s’affolent à l’idée de retourner l’école, alors qu’il n’y a eu aucun malade sur leur atoll au milieu du Pacifique. Les sports nautiques reprennent, les va’a sillonnent à nouveau le chenal, nous sommes rejoints le week-end par les terriens sur leurs petits bateaux. Le mouillage prend vie, les plaisanciers confinés sur leurs quelques pieds de coques blanches se rendent visite, se retrouvent pour des apéros en annexe, regardent ensemble le lever de la pleine lune…

notre confinement au mouillage… on n’était pas mal!

Nos voisins nous gâtent: les filles reçoivent de magnifiques souris avec leur garde-robe assortie de la part d’Annick, sur un catamaran en alu ancré à quelques encablures, avec lequel nous avions un peu communiqué au début du confinement; nos nouveaux voisins arrivés il y a quelques jours de Panama leur prêtent une belle plateforme gonflable, de laquelle elles sautent et se font tomber en s’égosillant à cœur joie: on lâche tout!

Nous recevons à bord l’équipage de Suricat, une famille avec deux (grandes) filles qui habitent sur Papeete, mais qui a effectué il y a quelques années un beau voyage en cata, et le retrouve le temps des week-end et des vacances. Ils ont vécu le confinement à portée de voix de Fakarêver, c’était un peu frustrant pour les filles de voir des copines se baigner sans pouvoir les rejoindre, mais ça y est, elles peuvent jouer!

Nous accueillons également des cousins! Anne, la cousine germaine de Vincent, est arrivée pour le confinement à Tahiti avec ses deux enfants: ils découvrent Fakarêver le temps d’un goûter, le jeune Alec très content de tourner la barre, Vivianne très vite engagée dans des histoires de dragons…

La vente du bateau se poursuit, et dès le 30 avril l’expert vient à bord pour vérifier le bon état du gréement et du bateau en général, afin de finaliser avec l’acheteur les éventuels travaux à entreprendre avant la passation définitive (nous sommes dans la dernière ligne droite par rapport à des craquelures trouvées dans le mât..). Vincent organise le chantier pour refaire l’anti-fouling du bateau, qui aura lieu à Papeete fin mai, et après lequel nous dirons adieu à Fakarêver! Nous prévoyons de continuer ensuite à pied, en espérant pouvoir rejoindre les Marquises en avion, si les liaisons inter-îles sont autorisées d’ici-là… La nouvelle est un peu rude pour les filles, qui ne s’attendaient pas non plus à finir notre voyage ainsi; nous décidons alors de profiter des toutes dernières semaines pour entreprendre notre dernière navigation: le tour de Tahiti!

On nous a dit que Tahiti Iti, la presqu’île, est splendide et très sauvage, et que naviguer sous ses falaises qui tombent à pic dans le Pacifique vaut – presque – les Marquises… Nous prenons donc le lot de consolation; nous n’avons cependant que peu de renseignements concernant les différents mouillages possibles, peu de gens l’ayant fait. Vincent écume les documents glanés à droite à gauche, un peu Internet, puis munis de quelques coordonnées GPS, nous partons!
Il fait beau, la mer est calme, peu de vent mais suffisamment pour mettre les deux voiles, ça fait du bien de bouger! La côte verdoyante tahitienne défile, nous présentant ses découpes acérées et sa végétation luxuriante, on en prend plein les yeux.

Le passage de la pointe sud-ouest de Tahiti Nui est plus mouvementée le temps de passer un bouillon et le vent passant de face; nous affalons les voiles et mettons les deux moteurs…
Notre premier arrêt: la mouillage d’Atimaono, au sud de Tahiti Nui. La passe n’est pas très large, mais les vagues sont calmes, nous entrons dans le lagon accompagnés par de beaux rouleaux et quelques pêcheurs. Un joli motu tout hirsute nous salue sur tribord, et des Kite-surfs zig-zaguent sur notre route. En approchant du mouillage prévu, nous nous rendons compte qu’il donne sur un grand parc où se retrouvent de nombreux Polynésiens en ce week-end prolongé; nous cherchons un endroit plus écarté des côtes pour jeter l’ancre. En nous aidant des vues satellites, nous nous rapprochons de la barrière de corail, et trouvons un beau plateau de sable avec deux mètres d’eau, idéal pour Fakarêver! Après avoir plongé pour vérifier la profondeur, la taille et la distance des premières patates de corail, je donne le feu vert à Vincent qui avance le bateau vers ce mouillage improvisé et idyllique. Je croise plusieurs raies léopard, qui me paraissent de bon augure -nous aimons les mêmes endroits, avec de l’eau claire et du sable fin!
La vue est splendide, nous sommes seuls au milieu du lagon et de toutes ses nuances de bleus; les massifs de corail sont violets, jaunes, roses, et proposent quelques magnifiques anémones, très rarement croisées en Polynésie! Elles sont peuplées de beaux poissons clown qui ne se laissent pas intimidés par les plongeurs bien curieux… Cécilie aperçoit une magnifique petite méduse, et Agathe la queue d’un requin dormeur, caché sous une grosse patate…

Nous décidons de rester quelques jours sur ce plateau, avant de reprendre notre route vers la presqu’île!

Première étape du tour de Tahiti

En bonus: le jeu du dessinateur Boulet, proposé par Stéphane: dans un tableau à double entrée, dessinez des personnages, des animaux, des objets. Puis, à l’aide de dés, hybridez-les!

Et le bonus du bonus: la chanson de Fakarêver: musique d’Aldebert, paroles des matelots! En version karaoke, pour d’avoir aucune excuse de ne pas l’apprendre par coeur ^^!

Sur Fakarêver!
Tahiti

Faka confiné

Ça fait déjà un mois… qu’on est au même endroit, comme beaucoup d’entre vous! Le confinement est annoncé jusqu’au 29 avril pour Tahiti et Moorea, il se relâche dans le reste de la Polynésie Française, où aucun cas ne s’est manifesté ces dernières semaines, au grand soulagement de tous! Une cinquantaine de cas en revanche autour de Papeete, mais rien de nouveau depuis quelques jours, on a l’impression d’avoir échappé au pire…
Le confinement a été mis en place très tôt ici, avec un couvre-feu et l’interdiction de vente d’alcool – il y a eu quelques « bringues » le premier week-end confiné. Pas de sport nautique, ni de natation même pour les voiliers ancrés, la gendarmerie passant voir chacun d’entre nous pour vérifier nos identités et nous tenir informer des nouvelles règles. Dans certaines îles, comme aux Marquises ou aux Tuamotus, la situation est assez tendue, les marins n’ont pas le droit de débarquer à terre, ou seulement pour récupérer une commande au quai. Les mouillages sont pleins, les Marquisiens redoutent l’arrivée des voiliers en train de traverser le Pacifique, partis avant l’annonce du confinement: même s’ils ne sont pas forcément porteurs de la maladie, ils ont besoin d’approvisionner leur navire, et les réserves et les mouillages sont limités… Ils sont alors envoyés sur Tahiti, où des places leur sont trouvées à Papeete. Les vols internationaux et inter-îles sont suspendus, les derniers Américains ont été rapatriés la semaine dernière par un avion affrété par des particuliers; une liaison hebdomadaire est maintenue avec la France pour livrer du matériel médical, et assurer les éventuelles évacuations sanitaires, ainsi que celle des derniers touristes. Les Polynésiens encore en France ou à l’étranger n’ont pas le droit en revanche de revenir de ce côté du monde, et les habitants des autres îles coincés à Tahiti ne peuvent pas rentrer chez eux… Plein de situations compliquées…

Nous avons trouvé une belle place au mouillage de l’aéroport de Tahiti, très calme une fois toutes les liaisons coupées, et splendide: nous sommes au-dessus d’un beau plateau de sable – on voit l’ancre à moins de 3 mètres de fond – traversé par des raies pastenagues, des raies léopard, et même quelques tortues.

Nous sommes très proches d’une énorme massif de corail, dans lequel nous prenons parfois la liberté de nous baigner pour évacuer le trop plein d’énergie… On y croise même quelques requins pointe-noire! Et en face de nous, Moorea, qui nous offre des couchers de soleil splendides tous les soirs…

Il y a une quarantaine de bateau autour de nous, un peu plus d’un tiers sont des bateaux de charters vides, entreposés là en attendant la reprise des activités touristiques; nous y trouvons également le groupe de bateaux américains qui a passé les mois d’été à Fakarava, et qui organise tous les matins à 9h un bulletin radio sur la VHF des dernières nouvelles du monde et du mouillage: besoins de pièces détachées, proposition de dépôt des poubelles à terre… et à 17h, un mini trivial pursuit (à la radio toujours)!
La vie est plutôt douce, une fois le stress et l’angoisse liés au virus digérés: on a cessé petit à petit de lire le Live du monde.fr, on arrête de construire plein de scénarios de déconfinement… On profite de chaque journée pour faire tout ce qu’on avait pensé entreprendre pendant cette année sabbatique sans en avoir le temps: des aquarelles pour moi, apprendre à jouer du Ukulele pour Vincent, faire des puzzle, des cookies…

On fait des vidéos thématiques, pour des anniversaire, le 1er avril, sur lesquelles on enregistre la bande-son: les filles développent de nouvelles compétences, et se remettent à la musique!

Le lapin de Pâques a même réussi à passer sur Fakarêver… en semant quelques œufs dans l’eau…

Comme il n’y a plus rien à réparer, Vincent reprend donc sa casquette de professeur, et les sessions d’école deviennent plus régulières et plus approfondies – au grand bonheur des filles ^^… Elles se mettent à la programmation avec le logiciel Scratch, et se débrouillent bien! On lance des séances de natation pour perfectionner le dos crawlé et le plongeon; on essaie de garder le déhanché en reprenant les exercices d’ori tahiti, mais sans Diana c’est plus difficile de se motiver!

Nous allons chercher des produits frais à terre une fois par semaine, munis de la fameuse autorisation de circuler, de gel hydro-alcoolique trouvé au fond de l’énorme trousse à pharmacie de bord, et d’un masque bricolé à partir d’un bandeau des filles. Vincent a vu un changement lors des premières semaines, les gens s’équipent petit à petit, et avant-hier, lors de ma première sortie à terre depuis 3 semaines, la grande majorité des clients étaient masqués. Heureusement, les Polynésiens sourient aussi avec les yeux, et le contact humain n’est pas complètement perdu!
Les filles vivent plutôt bien ce confinement, ayant déjà toutes leurs marques et habituées à vivre dans un espace restreint. Elles ne réclament pas de descendre à terre, se défoulent dans l’eau et sur le pont! Le retour en France les inquiète un peu plus: quand, comment, après le confinement? Nous n’en savons pas beaucoup plus pour le moment: nous aimerions encore visiter, voire même naviguer, mais les bateaux risquent d’être déconfinés en dernier; aller aux Marquises en avion et y passer un mois, si les liaisons inter-îles sont rouvertes; se promener sur Tahiti et sa presqu’île, magnifique et que l’on n’a pas vraiment explorée; rentrer juste après le confinement, si celui-ci se poursuit encore plusieurs semaines… Cela nous laisserait un goût d’inachevé, mais facilement surmontable si c’est la seule conséquence dans nos vies de cette crise mondiale…
Nous rassurons les filles, on finira par rentrer à la maison, et retrouver toutes leurs petites affaires, qui manquent particulièrement à Cécilie! Elle fait régulièrement la liste de toutes les peluches laissées là-bas, le tour virtuel des différentes chambres, se rappelle les rythmes et rituels de son école… De mon côté c’est le temps des mutations intra-académiques, il me faut postuler pour un nouvel établissement, le retour ne nous a jamais paru aussi près, alors qu’il nous reste trois bons mois!
Deux petites vidéos: Une journée confinée sur Fakarêver, en compagnie évidemment des dragons, nos passagers clandestins montés à bord à Huahine, et dont la famille n’a cessé de s’agrandir… Les filles en sont folles, et passent leurs journées à construire des histoires, des accessoires, des ailes, des cartes, des maisons pour dragons… Après les fées, elles sont dans une nouvelle passion pour des créatures ailées un peu moins élégantes…

Journée confinée sur Fakarêver

Deuxième vidéo: une reprise de la chanson “Bleu lumière” de Vaiana par les filles et mon ukulele, avec des images issues de toutes les étapes de notre voyage:

Bleu lumière en Polynésie