Le blog de notre année sabbatique en famille sur un voilier en Polynésie

Non classé

La grande traversée: Tahaa-Tikehau

« Maman, tu feras pas une vidéo de rêve sur cette navigation, après Violette elle va dire que c’était trop génial, alors qu’en fait c’était pas très sympa… » Me voilà prévenue. Et un bon point pour la sensibilisation à la manipulation des images…
Commençons par le bon bout: nous avons quitté le mouillage près du chantier de Raiatea avec nos deux voiles, raccrochées, regréées, rangées, et rejoint la passe Est de Tahaa, pour mouiller sur le magnifique banc de sable qui nous avait accueillis lors de notre arrivée sur l’île Vanille. Nous profitons de cette courte navigation face au vent pour régler et ajuster les bosses de ris, et le bateau est fin prêt pour un départ le lendemain, lundi 11 novembre, vers Tikehau, dans l’archipel des Tuamotus, à 210 milles nautiques! C’est en tout cas notre plan pour le moment. Le vent se maintient en SE, un bon angle pour aller au NE. Nous profitons de nos dernières heures en 3G pour appeler les amis en France, qui nous parlent de phénomènes météorologiques et vestimentaires étranges – neige, froid, pulls et bonnets – c’est chouette de revoir toutes ces têtes familières!
Nous checkons la météo toutes les heures, et suivons son évolution avec un peu d’appréhension, car le vent forcit de plus en plus, prenant de l’avance sur ce qui était prévu: il semblerait que nous devrions affronter des rafales à plus de 30 noeuds lors de la 2ème nuit de navigation, avec une mer bien formée… Le vent est déjà de plus de 25nds au mouillage pour 20 de prévus, et cela nous ajoute pas mal d’incertitudes, en plus de celles concernant nos capacités à remonter au vent, car tout le monde nous l’a bien dit: un cata ça remonte mal… Difficile de prévoir notre temps de navigation: 40h, 50h, 60h? Si l’angle du vent est bon, on va vite, si on fait des bords, ça peut doubler ou tripler le temps! Et nous ne voulons pas arriver à la passe de nuit: mouiller de nuit dans une baie inconnue ou faire des ronds au large de l’île en attendant que le jour se lève, ça ne nous tente pas.

Nous prenons la décision lundi midi lors d’un pic de vent de ne pas partir ce jour là: nous allons attendre la nouvelle fenêtre météo de jeudi avec un vent moins fort (et malheureusement moins bien orienté aussi ). Gros soulagement finalement, 3 jours au calme nous feront du bien. Nous renouons avec les plongées à partir du bateau, rencontrons des raies léopards et pastenagues, flânons au milieu des coraux, même si le vent reste soutenu et le courant assez fort…

Jeudi matin, 195ème visite sur les sites météorologiques: le vent se maintient Est le premier jour (bof pour une direction Est-Nord-Est), tourne au Sud Est le deuxième(ça c’est cool), par contre pétole (plus de vent) à partir de samedi matin: il faut partir! A 10h l’ancre est levée, la grand’voile est hissée, nous abordons la passe assez sereinement: il fait beau, le vent est stable et pas trop fort (entre 15 et 20 noeuds), nous avons posé un ris aux deux voiles (réduit un peu la grand voile et le génois) pour être tranquilles, vogue le navire!

La mer est bien formée, un peu trop même: à la houle forte d’Est se superposent des vagues qui ne semblent pas être d’accord sur la direction générale à prendre…Nous sommes bien ballottés, le pilote automatique peine à garder son cap au près serré, sans cesse désarçonné par les vagues brutales de notre houle « carrée ». Pour éviter de se retrouver trop souvent nez au vent, nous prenons la barre à tour de rôle, histoire d’aider le bateau à chevaucher cet océan pas très pacifique et réduire les coups parfois assez violents lorsque les coques redescendent des crêtes des vagues.

Les filles restent dans le cockpit ou au poste de barre avec nous, écoutent Matilda, l’Apprenti Sorcier, lisent un peu, discutent, dorment, pas trop perturbées par ces mouvements de montagnes russes. Mon estomac n’est pas aussi serein, et en milieu d’après-midi m’informe qu’il n’acceptera plus de nourriture jusqu’à nouvel ordre, n’étant plus apte à digérer quoique ce soit… Et il reste 48h de navigation…


Nous sommes forcés de tirer régulièrement des bords, ce qui est assez dur pour le moral, l’impression de s’éloigner de la trace plutôt que de s’en approcher, mais Vincent est confiant, il veut prendre une route qui nous permettra ensuite d’être bien placé pour garder le même bord jusqu’à Tikehau au moment où le vent basculera au SE. La première nuit est mouvementée, la bateau tape, vibre, cogne, rendant le sommeil difficile – pour nous, les filles dorment à poings fermés- entre les virements de bords programmés et ceux décidés par le bateau qui ne tient pas toujours son cap, surpris de temps à autre par une vague haute et inhabituelle de la houle croisée. Une lune quasi-pleine nous apporte son soutien, on profite des étoiles, sans pour autant chercher à y lire notre route, on se fie au GPS…
Au matin la mer s’est un peu calmée, mais rien de sensationnel non plus; le vent a tourné, nous faisant filer à une moyenne de 6 noeuds vers notre objectif; le pilote automatique est plus à l’aise, il y a moins besoin de le garder constamment à l’oeil. Suite au bords tirés lors des premières 24h, l’arrivée n’est pas estimée avant le lendemain 17h, voire 18h, il ne faut donc rien lâcher si nous ne voulons pas arriver avec la nuit! La journée se passe en siestes de récupération, quarts à la barre, histoires et musiques; des grains se profilent à l’horizon à la tombée du jour, le vent forcit et Vincent propose de poser un 2ème ris pour être tranquilles cette nuit (ah oui, car on a découvert aussi à ce moment là que le fond de coque tribord avait pris une vingtaine de litres d’eau d’on ne sait où…même si ça n’avait pas l’air de se remplir très vite c’est toujours un stress en plus…)
Nous évitons la pluie, profitons des vents pour continuer notre moyenne à 6 noeuds au près serré; la houle s’est calmée et nous surfons davantage que nous ne nous plantons dans les vagues. Lors du changement de quart vers 3h, le vent a baissé, comme ce que prévoyait la météo, nous enlevons le 2ème ris pour ne pas perdre trop de temps, et je vais me coucher. Au matin, tout devient (presque) calme (la météo avait vraiment raison sur ce coup là!), les rafales sont désormais autour des 10 noeuds et sont repassées plein est voire nord-est: nous mettons les moteurs en milieu de matinée pour éviter d’avoir à tirer à nouveau des bords et arriver avant la nuit. La mer s’aplatit au cours de la journée, le vent disparait, remplacé par la pluie.

C’est donc tout à fait tranquillement que nous abordons la passe de Tikehau vers 16h: plus de pluie, des poissons volants, quelques mini remous, et un calme plat. Et ça fait du bien…


Nous nous dirigeons vers le mouillage qui se situe juste après la passe, car nous ne nous sentons pas le courage de descendre le lagon intérieur jusqu’au village, et comme le vent va venir du nord ces prochains jours, le mouillage du village risque de secouer – et j’ai eu ma dose de secousses… Un magnifique monocoque à deux mâts est déjà stationné, et le propriétaire vient nous accueillir à bord de son annexe, en nous confirmant la bonne protection de ce mouillage pour les prochains jours, et nous indiquant l’emplacement des patates les plus grosses. Pas évident de jeter l’ancre, le fond est dur et elle a du mal à se planter, mais au deuxième essai c’est bon, on peut couper les moteurs… et quasiment tout le reste: extinction des feux (sauf celui de mouillage) à 19h, on dort….

Bilan de cette traversée:

  • Mieux vaut un vent fort bien orienté qu’un vent un peu moins fort mais mal orienté et obligeant à faire des bords.
  • Prendre des fenêtres météo plus larges et ne pas hésiter à ralentir au besoin, c’est plus confortable pour les passagers
  • Enorme avantage d’avoir un poste de pilotage complètement à l’abri: de la pluie comme du vent, même pour manoeuvrer, puisque tous les bouts arrivent à poste…
  • Capacité de remonte de 2,5nds de VMG (Velocity made good ou vitesse de gain au vent: projection sur l’axe du vent de la vitesse du bateau) avec houle, 3 noeuds sur mer calme avec un vent apparent optimal à 50° et une vitesse de 5 à 6 noeuds selon les vagues – ça c’est pour les marins qui nous lisent…

Dimanche 18 novembre, au réveil: deux requins pointe-noires tournoient sous nos coques, pendant que des sternes squattent le pont, des cocotiers à perte de vue: pas de doute, on est aux Tuamotus! Depuis le temps qu’on nous parle de ce paradis… et nous ne sommes pas déçus: pluie battante toute la journée, le vent pousse des pointes à 25 nds -pas du tout depuis le nord, mais du Sud, du SE- notre mouillage est bien secoué.

De toute façon on n’avait rien prévu aujourd’hui, à part dormir, remettre en marche mon système digestif – Vincent n’a donc ni le mal de mer ni le vertige, la vie est injuste – jouer aux playmobils, et regarder des épisodes de Dragons -j’en ai loupé 5 pendant la navigation…
La nuit s’annonçant ventée, et peu confiants en notre ancrage sur ce sol un peu trop dur (l’ancre ne s’était pas bien enfoncée), nous mettons deux alarmes; elles nous réveillent à deux reprises: le bateau avait à chaque fois fait un quart de tour suite à l’évolution du vent, nous nous avions mis l’alarme trop serrée… En vérifiant le lendemain, l’ancre n’a pas bougée d’un pouce… Je finis par veiller en finissant Eugénie Grandet, et marmonnant (un peu) dans ma barbe…

Lundi la pluie ne revient plus que par intermittence, j’en profite pour nettoyer à fond le cockpit – ce qui est top dans un bateau c’est qu’il faut aussi nettoyer les plafonds- Vincent trouve la fuite de la coque tribord* et la répare – comme d’hab -, fait de même avec la fuite de la serrure du hublot de la pointe avant bâbord, les filles font un peu d’école, bref nous reprenons nos activités. Nous n’avons pas pu encore rendre visite à nos voisins, l’état de la mer ne s’y prête pas (le nôtre non plus); il devrait faire meilleur ces prochains jours, à nous enfin les apéros et les plages au sable doré!

Petite vidéo de notre traversée – pas encore téléchargée en raison de la faible connexion internet de notre mouillage – à laquelle manquent certains moments de notre voyage, mais j’étais occupée par des besoins plus pressants… elle paraîtra donc “de rêve”, mais le texte préliminaire permet de tendre vers une certaine honnêteté ^^…

*quelques précisions: nous avions de temps en temps un peu d’eau dans cette coque (déjà pendant le gardiennage avant que nous arrivions au bateau) et au final, c’était « simplement » le tuyau d’évacuation des eaux noires qui n’avait pas été serré (lors de l’installation de la cuve à eau noire ?) autour du passe-coque, qui est juste au dessus de la ligne de flottaison: ça fuyait un peu à chaque vague remontant assez dans le tuyau via le passe coque ! Sur mer plate pas d’entrée d’eau, mais dans les vagues (et je suppose aussi à chaque grande chasse d’eau), de joli petits jets d’eau!

Raiatea

Re-aiatea (rebonjour Raiatea)

Tout a commencé…

…lors de notre arrivée à Maupiti:

  • « Tu as vu ? La bande anti-UV sur la bordure du génois -bord inférieur de la voile avant- a l’air un peu détendue ». Avant de partir, regardons tout ça. Boah, la couture s’est défaite sur quelques dizaines de centimètres, on met quelques points et ça va le faire, non ?
  • Yann de Quasar: «  vous savez, en général, c’est rare qu’il n’y ait qu’un endroit qui soit fatigué… »
  • Ah oui ? Déroulons ce génois pour regarder de plus près! Hum… le fil a l’air cramé tout du long, et ça se défait aussi sur la chute -partie arrière- de la voile ! Tant qu’à faire, il y a aussi le point d’écoute -anneau pour border/tirer la voile- qui n’est pas très beau et les penons -fil de laine sur la voile qui montre l’écoulement du vent afin de faire de bons réglages- qu’il faudrait remplacer.
    Ok, ce n’est pas aux Tuamotu, ni aux Marquises et encore moins aux Gambier que l’on pourra faire quelque chose et ça n’attendra pas notre retour! Un stop entre Maupiti et les Tuamotus s’impose.
  • Voyons à tout hasard la Grand voile ? Là, c’est moins urgent, mais le galon du nerf de chute – bon je fais le malin avec mes termes techniques, mais à ce moment là je ne savais pas ce qu’était un galon. C’est le nom pour la bande de tissus que l’on met autour du bord extérieur de la voile pour la protéger. Il y a aussi une ficelle (nerf de chute) qui passe dedans et qui doit être tendue pour éviter que le bord de la voile faseye/flappe- . Ce galon donc, est à refaire sur toute la hauteur de la voile ! Pour finir, la couture de la bosse du 1er ris donne aussi des vrais signes de fatigue -là aussi c’est technique: pour réduire la taille de la voile par grand vent, on la replie par le bas. Pour la maintenir repliée, on utilise un bout (corde) qui passe dans un anneau sanglé en hauteur à l’arrière de la voile ou “bosse de ris”. Il y a de même en face sur l’avant de la voile un “point d’amure de ris” et on tendra la bosse et le point d’amure de ris pour “prendre un ris”/réduire la voile. Mais je m’égare…
  • C’est décidé, on se fait une révision d’ensemble des voiles afin d’être tranquille pour la suite! (comme c’est bientôt Black Friday, on en profitera aussi pour faire réviser le lazy-bag -l’enveloppe qui protège la GV des UV au mouillage-, recoudre un coussin de dossier fatigué et réviser le bimini du poste de barre -toit en toile au dessus)
  • On contacte le voilier qui nous avait réparé le Spi, mais il n’a pas de disponibilités avant 10 jours et il est…sur Tahiti, ce qui n’est pas exactement sur notre route ! On trouve O’Rion sur Raiatea qui a de la dispo, go!
  • Je vous laisse vous replonger dans le post sur Maupiti à propos de notre retour principalement au spi et nous voilà en face du chantier de Raiatea!

Désarmer (ou dégréer le génois et la GV) ?

Dégréage du génois

Ça n’a pas l’air très compliqué: on défait tout, on plie, on met dans l’annexe, et on livre au voilier. Ça sera plus facile tout de même à plusieurs. « Quasar, dispo pour un coup de main ?» Nous sommes bien contents que Yann et Laura puissent nous aider. Ils ont une expérience qui nous permet de faire ça simplement, rapidement, le tout avec un beau pliage.

Mise de la grand voile dans l'annexe
La grand voile dans l'annexe

Le génois ça va encore, mais la GV, il y a le point d’écoute, les ris et les chariots à défaire, puis les lattes à enlever car la voile est 2 fois plus longue que l’annexe et surtout ça pèse lourd ! Encore un grand merci, car avec votre aide en 3 heures c’était plié (c’est le cas de le dire :’)

O’Rion

Mardi, Nicolas (O’Rion) prend bien le temps pour regarder les voiles avec nous. Nous y passons largement plus d’une heure, on sent qu’il connait bien son métier et nous donne de bons conseils.

Il nous permet de bien comprendre ce qui est important ou non et où on en est en terme d’usure: en gros le cœur des voiles est en bon état et on est sur des points d’usure habituels pour des voiles de cet âge (4 ans, comme Fakarêver). Il nous a aussi aidé à analyser des habitudes et des points sur le bateau à modifier pour ménager les voiles (réglage du 1er ris, faire attention aux haubans en grand largue, des vis à limer/protéger pour éviter de râper le génois).

Pendant ce temps là, les filles s’amusent comme des folles avec les chats et chiens de la voilerie, eux aussi très accueillants !

Re-armement:

Vendredi midi, le lazy-bag et la GV sont prêts: récupération chez le voilier; sieste (on a notre petit rythme à respecter); mise place et regréement (jusqu’à la nuit !)


Samedi c’est le génois! On a passé un peu de temps à attendre des accalmies, car pour le génois ce n’est pas facile au mouillage quand il y a du vent ! (mais bizarrement on n’était pas très chaud pour le remonter en route non plus!)


Le ré-armeement s’est finalement fait plus facilement que ce que l’on craignait (d’autant plus qu’on était plus que tous les deux!)

Il nous reste encore les bosses de ris à remettre et régler, mais ça sera pour demain: on annonce un vent calme… et départ lundi jeudi le vent a forci pour les Tuamotus!!

Maupiti

Nana Maupiti! (* au revoir Maupiti)

Voiliers à Maupiti

C’était chouette Maupiti! Ces deux semaines n’ont pas été de trop, même si le temps s’est un peu gâté -entendre: il a plu de temps en temps – nous nous sommes imprégnés jusqu’au bout de la beauté du lieu et de la gentillesse des habitants. Ce n’est pas toujours évident de briser la glace avec les Polynésiens, qui paraissent au premier abord cordiaux mais distants: ils ne viennent pas spontanément nous parler, et on peut très vite se sentir exclus au milieu de la place du marché. Mais il faut revenir, s’assoir, attendre; puis on est accepté et les échanges commencent: on passe du statut de « touriste de passage » à celui de « touriste qui va rester un peu plus longtemps ». Être sur un bateau, ça permet d’être indépendant, mais parfois un peu trop, et on a finalement peu de contacts avec la population locale, habituée aux bateaux de charters qui traversent les lagons en coup de vent.

Nous avons vécu de beaux échanges notamment la veille de notre départ, samedi 2 novembre, sur le motu devant lequel nous étions mouillés. Toutes les semaines, les pensions qui hébergent les touristes – il n’y a pas d’hôtel à Maupiti – organisent des repas partagés sur les motus:

Four polynésien

un four tahitien est creusé, des plats traditionnels préparés dans des paniers en palmes, des grandes tables sont alignées sur le sable, c’est très sympa!

Tressage de paniers à partir de feuilles de cocotier

J’ai négocié avec l’organisatrice pour que nous puissions y participer, et nous n’avons pas été déçus de l’accueil: nous découvrons de nouvelles saveurs -gelées de citrouille pour Halloween -, participons à un atelier de tressage de paniers, à un autre d’ouverture de noix de coco, les filles passent l’après-midi à jouer avec les enfants de nos hôtes dans le lagon, et j’ai même le plaisir de jouer du ukulele avec le groupe, composé sur frère, du beau-frère, des cousines et de la grand-mère de Nini, l’organisatrice!

Si au début tout ce beau monde joue pour les touristes, ça se transforme vite en « boeuf » où le plaisir de jouer et chanter ensemble prend le dessus: je suis assise à côté d’un guitariste qui me souffle les accords que je frappe sur l’instrument prêté (oui, ici on frappe le ukulele…), mais finalement on tourne sur les 4 mêmes accords, et c’est une vraie joie pour moi de participer à cette musique festive et généreuse. Mon voisin n’est ni touriste, ni de la famille de Nini; il est de Raiatea et a traversé jusqu’à Maupiti sur le petit bateau à moteur d’un ami pour suivre l’Hawaiki Nui; il connaît les musiciens, et il s’est joint avec ses amis à cet après-midi convivial. Ah oui, et sa fille est aiguilleuse du ciel à l’aéroport du Versoud. En face de chez nous, où Vincent va faire du planneur. It’s a small world after all…

Nous regagnons le bateau vers 17h après avoir recueilli quelques recettes de Mamie et de Nini, fourbus ( et un peu éraflée pour Cécilie qui a sauté trop près d’une patate de corail) mais bien contents de ces échanges!


L’Hawaiki Nui a donc eu lieu, la fameuse dont tout le monde nous parle depuis notre arrivée: LA course de va’a à 6 rameurs des îles sous le vent, qui s’étale sur trois jours et relie Huahine à Bora Bora. Nous avons suivi la dernière journée à la télévision, et apprécié le départ en trombe dans le lagon de Tahaa: surtout sous des trombes d’eau… Même les caméras étaient mouillées, et le commentateur n’osait pas sortir son Iphone pour chronométrer le temps qui séparait le leader des autres concurrents… D’ailleurs c’est le bateau Shell qui a gagné, mais tout le monde le savait avant le départ: « c’est quoi votre plan de course? – on va suivre le leader, c’est plus sûr », qui a effectivement tous les renseignements nécessaires: des pêcheurs sont éparpillés sur les différentes routes possibles et donnent des informations en temps réel sur les courants et la houle aux différents endroits au staff, qui suit le va’a en bateau à moteur et lui communique la route à prendre. C’est une performance physique assez folle, et qui est suivie par tous les archipels, chacun envoyant au moins un bateau de représentants – il y en a même un de Marseille, et un autre de Vaux-en-Velin!

Maupiti

Nous nous décidons enfin à quitter notre île paradisiaque dimanche 3 novembre, non pas pour les Tuamotus, mais pour Raiatea: il y a besoin de refaire des coutures sur le génois et la Grand Voile (plus d’explications dans un prochain article), nous prenons contact avec un voilier, qui peut s’en occuper cette semaine. Nous appareillons à 5h30, admirons une dernière fois des couleurs magnifiques du lever de soleil sur les arêtes de l’île, prenons la passe sans courant ni vague, et … hissons le spi! Il y a eu une belle bascule dans les alizées, et nous profitons d’un très rare vent d’ouest pour partir vent arrière! Quel luxe de voyager au rythme des vents… Navigation calme, avec une houle très faible, nous doublons Bora vers 11h, puis le vent tourne petit à petit, devenant sud; nous affalons le spi pour sortir le génois et la grand’voile. Nous naviguons entre les grains, ce qui nous permet d’en prendre le vent et de pousser une pointe de vitesse à 8 noeuds, du jamais vu encore pour nous avec Fakarêver (on n’a eu que des fenêtres avec peu de vent pour l’instant!). L’arrivée à Raiatea se fait sans encombre, accueillis par un bel arc-en-ciel, et nous retrouvons avec joie ces belles falaises et ces sommets verdoyants à 1000 mètres!

Fakarêver de retour à Raiatea

Nous retrouvons également Quasar, un joli monocoque à l’intérieur tout en bois, rencontré à Maupiti: Laura et Yann, jeune couple d’aventuriers, sont partis il y a trois ans de La Rochelle, et traversent tranquillement le monde. Ils vont rester jusqu’en juin en Polynésie, puis repartir en avion en métropole, leur expérience maritime s’arrêtera – pour le moment- là.
Programme de cette semaine: démontage des voiles, ravitaillement à Uturoa, école, jeux, avec pour objectif un départ pour les Tuamotus dimanche prochain: une belle fenêtre météo avec un vent du NO nous permettrait une navigation confortable. Mais j’ai l’impression que nous serons vraiment sûrs de partir dans cet archipel que quand on y sera arrivés…

Maupiti

Maupiti, montagne et majestés

Nous continuons notre séjour idyllique sur cette petit île retirée (la vidéo du post précédent a été chargée, vous pouvez la voir ici). Nous avons changé de mouillage, et sommes maintenant en face du village Vaeia: une seule rue, qui fait le tour de l’île; la mairie est à côté de la poste, en face de la petite halle, sous laquelle des mamies vendent des petits plats et quelques fruits et légumes. On achète notre première pastèque du voyage, et des concombres en tas (500frs, pas chers!); pas de superette, mais des épiceries situées dans les annexes de maison de particuliers: pratiques, elles sont ouvertes quasiment toute la journée, et quand il n’y pas de client l’épicier se met sur sa terrasse ou dans son hamac. Terrible la vie à Maupiti… Les gens circulent beaucoup à vélo, ou en scooter – véhicule familial comme chacun le sait – nous ne sommes donc pas gênés par les embouteillages lors de nos déambulations…
Nous entreprenons (enfin) LA randonnée de Maupiti, un chemin qui mène jusqu’au sommet de l’île: le mont Teurafaatiu, culminant à 380m. « Peuh, c’est tout? » me direz-vous. Oui mais: déjà, on part de 0m; ensuite il y a 30°C (au moins); et surtout, ils n’ont pas l’air de connaître le principe des sentiers en lacets: c’est tout droit! Le Lonely Planet met d’ailleurs en garde: « certains passages relèvent plus de la varappe que de la randonnée (…) en fin de parcours il faut progresser sur des rochers escarpés pour accéder à la crête puis au sommet (…) soyez vigilant ».

Donc: les points de vue sont superbes, effectivement à couper le souffle (en même temps il est déjà bien court pendant la montée…), et plus on monte et plus on est ébahi par les couleurs du lagon et des motus. Ça grimpe sec, mais on croise une maman avec ses deux ados qui nous confie qu’elle n’est venue à Maupiti que pour cette balade, on serre les dents, ça va être beau! Plusieurs passages vraiment raides ont été équipés de cordes, que Cécilie essaie vainement d’utiliser, mais en vrais petits cabris les filles escaladent tranquillement les rochers sans aide, à la grande fierté de leur papa!


Le panorama au sommet est merveilleux. Le lagon que nous découvrons de l’autre côté fourmille de coraux, et propose un patchwork de verts, de jaunes et de turquoises que l’on ne peut que deviner depuis la mer. Notre émerveillement vaut bien tous les vertiges dépassés…


A peine fatigués, nous cherchons le chemin qui redescend par l’autre versant, en trouvons un extrêmement bien balisé (une marque tous les 5 mètres, ça change de celui de l’aller…), que nous empruntons de bon cœur. Il suit la crête, mais ne redescend pas exactement comme prévu, puisqu’il reste finalement sur le même versant; Vincent a confiance qu’il nous mènera jusqu’en bas. Si ce n’est pas le cas, je me promets de traquer le petit plaisantin qui trouverait bon de leurrer les touristes sans méfiance…
Le sentier est magnifique, mais très vertigineux: nous sommes sans cesse sur la crête, qui parfois ne propose que 2 mètres de largeur: Vincent franchit ces passages devant, en tenant les deux filles fermement… Mais elles ont hérité du pied montagnard de leur papa, qui jamais ne tremble ni ne glisse! Contrairement à mes mains quand je regarde le reste du chemin à parcourir, qui semble descendre là encore d’une traite (les virages, c’est cool quand même, vraiment!), donc les images de la vidéo ont toutes été prises à des moments où j’arrivais à respirer calmement …
Lors d’une pause sous un manguier, en plus de nous proposer toute la palette des bleus, le panorama nous offre un fabuleux cadeau: des baleines s’ébattent juste de l’autre côté de la barrière de corail… Elles sautent et font des éclaboussures visibles depuis nos hauteurs, nous crions de joie à chaque sortie de ces mastodontes marins!
Rien de tel pour retrouver de l’énergie, et nous finissons sans problème la dernière partie du chemin, assez difficile car pas très stabilisée, de nombreuses pierres roulent sous nos pas. Nous arrivons sains et saufs à 500 mètres du chemin de départ, bien contents de nous!
Nous nous arrêtons prendre une glace chez l’épicier qui nous avait renseigné sur le départ de la randonnée la veille: il ne connait pas l’existence du 2ème sentier (très récent donc), et est épaté par la blondeur d’Agathe et la vaillance des filles, les qualifiant de « vikings intrépides »! Ça tombe bien, elles sont toujours en plein dans les films « Dragons », rien ne peut leur faire plus plaisir…


Nous avons fait la connaissance de notre nouveau voisin: Alaia, avec à son bord Alain et Myriam, qui sont en Polynésie depuis 18 mois, et rentrent en France début décembre (leur blog). Ils nous donnent quelques tuyaux pour les Tuamotus, et nous redisent bien la chance que nous avons d’avoir pu accéder à Maupiti aussi facilement!
Myriam nous conseille vivement de nous rendre au « palais de la mer »: nous avions effectivement aperçu depuis le lagon un petit édifice qui nous avait fait penser au palais du facteur Cheval, version polynésienne: en corail et en coquillage.


Nous nous y rendons pour la visite de l’après-midi, et ne sommes pas déçus: l’artiste, Ahky Firuu, propose un show de presque 3 heures à ses visiteurs sous le charme: histoires, légendes, chansons, jeux de mots, il nous présente sa maison qu’il embellit depuis 25 ans à l’aide de coquilles de bénitiers et de sept doigts (c’est le nom d’un coquillage, par ceux de ses mains, il en a bien 10…), qu’il enserre dans du béton et transforme en créatures marines et fantastiques. Il se nomme Prince de la mer, et propose à travers son œuvre une fusion entre la nature et l’artiste, entre la mer et le ciel, la lumière et les étoiles. Il nous confectionne des chapeaux de palme, exhibe un crabe des cocotiers très impressionnant, nous offre un alcool de coco qu’il a distillé lui-même, puis des bières Hinano bien fraîches. Nous découvrons le « cerveau » de la noix de coco, une sorte de mousse qui apparaît plusieurs semaines après que la noix de coco est tombée de son arbre, au goût amer mais à la texture intéressante. Ahky a un petit vivier devant sa maison, duquel il sort plusieurs coquillages vivants: un 7 doigts à qui il chante une ballade pour le faire sortir de sa coquille, et une porcelaine qui fait ventouse dans les mains des touristes. Enfin, le clou du spectacle: le poisson-pierre! Notre hôte l’a apprivoisé, le manipule depuis 4 ans, et nous montre fièrement que lorsque le poisson-pierre est en confiance, il n’est pas du tout la bête mortelle chassée sans pitié en Polynésie… Même si sa piqure ne laisse que peu de chance de survie, à ne surtout pas approcher dans la vraie vie… Les filles sont épatées, en plus il y avait des chatons gris tout mignons, elles sont reparties avec des bracelets et des colliers de coquillage, un bel après-midi!


L’île de Maupiti nous permet donc de belles excursions à terre, contrebalançant des fonds marins un peu décevants car très argileux, avec toujours une visibilité réduite. Nous devrions en repartir en fin de semaine, une fenêtre avec un vent d’ouest est annoncée, assez rare pour ne pas la louper! A l’est donc, soit directement les Tuamotus, soit une étape par Huahine… On verra où le vent nous porte!

La visite du Palais de la mer
Maupiti

A l’ouest!

Que faire, que voir, que raconter après cette baleine… J’avoue avoir été K.O quelques jours après cette rencontre merveilleuse… Plus envie de plonger, comme rassasiée, trop pleine d’images et d’émotions trop fortes… Alors on a fait d’autres choses: un petit tour à Vaitape, la ville de Bora, pour faire le plein de fruits; un peu d’école; un peu de lecture; Vincent et les filles sont sortis du lagon pour rencontrer un requin-citron, mais j’ai décliné l’invitation, pas encore complètement remise…
Puis nous partons: le vent continue de baisser, et si ça continue nous irons à Maupiti au moteur, un comble après les semaines de vent que nous avons essuyées! Maupiti est la dernière grande île habitée de la Polynésie Française, la plus à l’ouest, la plus sauvage, la plus belle nous a-t-on dit… Et elle se mérite: on y accède par une unique passe, inhospitalière voire très dangereuse selon les conditions… Lotus nous a raconté l’histoire d’un monocoque obligé de renoncer après 1h de lutte contre le courant; celle d’amis qui étaient partis de nuit de Bora pour être certains d’être aux aurores à la passe… Tout cela nous faisait froid dans le dos. Un couple qui tient une pension sur le bord de cette Charybde ( ou c’est Scylla, je ne sais jamais…), anciens marins, donne des conseils par téléphone aux nouveaux arrivants. Je les appelle vendredi, la voix chevrotante: « la passe va-t-elle bien? »; Camille me répond en riant qu’elle ne peut pas prédire son état de demain, mais que vu le vent (entre 8 et 10 noeuds) et la houle (moins d’un mètre), ça devrait passer. Ça devrait. Ça ne nous fait pas rire.
Nous choisissons finalement d’appareiller dimanche; mais la veille au soir, en re-re-re-re-regardant la météo, nous voyons la carte couverte de grains et d’orage… Malheur, Maupiti est-elle maudite?
Nous partons tout de même aux aurores, comptant sur une traversée de 6h, l’arrivée prévue à midi avec peu de houle annoncée devrait permettre un passage assez tranquille – surtout, le vent chute considérablement en début d’après-midi.
Nous quittons Bora sur des images magnifiques, le pic à moitié voilé par les nuages du premier grain de la journée, le soleil levant filtrant à travers les nuées… Maupiti est droit devant, encore endormie dans le lointain, un peu masquée par les brumes matinales, les oiseaux survolent une mer d’huile, des baleines soufflent au loin, on pense à mettre les voiles – BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPP!!!!!!!!!! Ou plutôt: un bruit strident nous tire de nos rêveries: quoi quoi qu’est-ce qui se passe???
C’est le moteur tribord de Fakarever qui nous dit qu’il y a de l’eau dans le Saildrive (là je laisse Vincent expliquer ce que c’est que le saildrive: « c’est la partie qui transmet les efforts du moteur à l’hélice: principalement immergée donc. Les roulements et pignons doivent baigner dans l’huile et toute eau salée source de corrosion de frottements n’est pas du tout la bienvenue! »). Bien bien. C’est grave docteur? Vincent coupe tout, sort le manuel, ouvre les capots, vérifie l’huile, check sur internet , « y’a pas de mayonnaise » (??? si tu le dis, on a de la moutarde si tu veux), « c’est sûrement une fausse alerte. » Oui, mais si c’en n’est pas une? On va vers Raiatea plutôt, pour faire vérifier ? Oui, non? Sûr sûr??
Nous repartons, le BIIIIIPPP tente encore deux fois de communiquer le temps que l’on lance le spi, puis se tait définitivement: on est à la voile direction Maupiti !

Interlude technique: une fois arrivé, Dominique ( spécialiste Yanmar qui nous avait fait la maintenance des 1000h) nous a guidé pour vérifier tout ça: c’était bien une fausse alerte. Il y a en réalité une double membrane, le capteur est entre les deux afin de prévenir en amont dès le passage de l’eau à travers la première membrane et avant que l’huile se transforme en mayonnaise (eau + huile => viscosité de mayonnaise). Pas d’eau entre ces 2 membranes. Un nettoyage de l’ensemble paraît avoir eu raison de cette fausse alerte.

Un grain devant, un derrière, un sur le côté: l’intérêt, c’est qu’on a du vent! On avance bien, Vincent fait ses réglages au poil. Il y a même un poisson qui mord à l’hameçon de sa canne à pêche, mais, tellement on va vite, il en casse le fil (il était vieux, il avait cuit au soleil… (le fil, pas le poisson)).
Malheureusement les grains s’éclipsent (sans même nous avoir mouillés), et le vent avec lui: c’est rapidement le calme plat. Le spi ne se gonfle plus, on tente le génois sans plus de succès, on lance le moteur pour la dernière heure…
Nous déjeunons, puis nous préparons à affronter la passe… Tout est rangé à l’intérieur du bateau, les placards sont fermés, les assiettes sanglées, les filles briefées – ça va secouer, on vous aime!!-, et nous y voilà: Vincent me montre les grosses vagues sur lesquelles il va falloir surfer… ah non, ça c’est la barrière de corail, la passe est à côté… ah, c’est tout plat… oui mais le courant c’est traitre, on fait ronronner les deux moteurs… ah tiens, ça avance tout seul… oh dis donc, ça y est on est dans le lagon… « Papa, c’est quand que ça secoue?? il se passe rien là!! », euh, oui effectivement on a eu au maximum 1 noeud de courant à contresens et aucune vague…
Pas si terrible cette passe finalement… Much ado about nothing?

la fameuse passe

Le lagon par contre est magnifique: aussi beau que celui de Bora, mais plus confidentiel, avec quelques pensions sur les motus, des fonds superbes, des bleus incroyables; on devrait être bien!
Nous mouillons sur un immense plateau de sable, avec 30 cm d’eau sous les coques, mais on est large!

Quelques bateaux de charter viennent mouiller pas loin de nous, mais ils ne restent pas: ils profitent que la passe soit praticable pour profiter une journée, voire 24h de Maupiti, puis s’en repartent à Bora et Tahaa. Nous faisons connaissance avec un magnifique Leopard 48, Léo, propriété de Pierre et Caroline, qui connaissent bien la Polynésie y ayant séjourné à plusieurs reprises. Nous goûtons ensemble le rhum arrangé Passion acquis à la rhumerie de Tahaa, et Pierre me raconte sa prochaine pièce de théâtre qui sera mise en scène au théâtre du Rond-Point… On se reverra en métropole!
Pas loin du mouillage se trouve une aire de nettoyage pour raies manta; nous y faisons un saut dès le premier matin, et ne sommes pas déçus: cinq magnifiques mantas se prélassent au fond de l’eau, en faisant des ronds et des spirales élégantes. La visibilité n’est pas terrible, mais c’est la première rencontre pour les filles, qui sont ravies!


Nous nous promenons sur le motu Pitihahei, pour nous approcher de la barrière de corail – un chien nous accompagne durant toute la balade; nous nous rendons à la pointe Tereia pour profiter de la plage et ramasser des coquillages; nous nageons dans l’énorme piscine qui entoure le bateau; les filles ont leur première leçon de conduite d’annexe; nous admirons les couchers de soleil fabuleux; nous guettons les raies pastenagues et léopards qui tournent autour de notre mouillage; nous devons d’ailleurs en changer – de mouillage – depuis deux jours, pour nous rapprocher du village, mais bizarrement, je suis bien moi là….

On bouge demain, il paraît qu’il y a une magnifique randonnée à faire, il va falloir partir à la recherche de nos chaussettes…